mai 26, 2024

A Pale Horse Named Death – Infernum in Terra

Avis :

Quitter un groupe pour en former un nouveau dans lequel on s’exprime plus, c’est assez courant dans le monde du Métal. Ce qui l’est moins, c’est quand on passe d’un groupe à l’autre en changeant d’instrument. C’est pourtant le cas de Sal Abruscato, qui jouait de la batterie pour Life of Agony jusqu’en 2017, puis qui décida de partir fonder A Pale Horse Named Death pour chanter et jouer de la gratte. Abordant un Doom/Gothic assez classique, le groupe américain va pourtant se faire un nom et devenir un poids lourd du genre malgré des sorties d’albums assez épisodiques. Infernum in Terra est le quatrième effort studio de la formation, et il accueille en son sein deux petits nouveaux, Oddie McLaughlin à la basse (ex Altered Vision) et Chris Hamilton à la batterie (ex Blade of the Ripper).

Ce quatrième album arrive trois ans après le précédent, qui fut fait dans l’urgence, entre des problèmes de santé pour Sal Abruscato et la naissance d’une petite fille fragile qui a failli mourir à la naissance. Forcément, avec toutes ces épreuves, le frontman avait des choses à dire, et finalement, trois ans, c’est assez peu, mais on attendait le groupe au tournant, en espérant un opus meilleur que celui de 2019. Fort heureusement pour nous, c’est clairement le cas. Infernum in Terra raconte une histoire assez glauque et nihiliste (c’est le crédo du groupe, en même temps), et il va tenir son concept jusqu’au bout, depuis l’introduction (Infernum) qui nous fait traverser le cercle des enfers, jusqu’à la conclusion (Souls in the Abyss) où l’on va entendre des murmures qui deviennent de plus en plus prégnants. Et au milieu de tout ça, on va prendre un plaisir monstre.

Believe in Something (You are Lost) attaque fort, avec un côté Doom totalement assumé, prônant des riffs lourds et une rythmique assez lente. Le refrain est très marqué, et il fonctionne à plein régime, tant et si bien que l’on se surprend à chanter au bout de deux écoutes. Techniquement, c’est irréprochable et on fait face à un titre qui est percutant. Cast Out From the Sky sera du même acabit, avec ses allures de morceau issu d’un album de Black Sabbath sous stéroïdes. C’est lourd, ça frappe fort, et même si ça reste moins mémorable que le titre précédent, on est sur une piste qui marche très fort et donne irrémédiablement envie d’écouter la suite. Shards of Glass sera plus accessible. Malgré sa longueur, il s’agit d’un morceau qui lorgne plus vers le Gothic, avec quelques élans un peu Prog.

La véritable réussite de ce titre provient des paroles qui sont très faciles à retenir et rentrent de suite dans nos crânes. Et il y a une mélancolie folle qui se dégage de l’ensemble, donnant de l’épaisseur à la construction. Lucifer’s Sun renoue avec un Doom aux élans Prog, profitant d’une rythmique très lente pour mieux nous asséner des riffs lourds et puissants. Le titre est lui aussi une belle réussite qui frappe juste, en mettant en plus en avant les talents du guitariste. It is Done sera un interlude assez intelligent, nous plongeant dans des bruits d’église, puis des bruits de cordes, comme s’il on assistait à une pendaison. L’ambiance est folle et est cohérente avec l’atmosphère globale de l’album. Puis Two Headed Snake (Propofol Dreams) va venir remettre un peu d’énergie et de puissance dans tout ça, histoire de nous réveiller.

Mais le groupe le fait tout en gardant en tête son aspect Dark et sombre. Quant à Slave to the Master, il fait office d’ovni dans la playlist. Si on reste sur un Gothic totalement assumé, le morceau se veut plus calme, moins long qu’à l’accoutumée, mais avec des paroles qui font sens et qui restent un long moment en tête. Et le synthé fait amplement le taf pour peaufiner une ambiance délétère. Devil’s Deed aura des relents de Hard Rock gothique avec un gros riff de démarrage qui donne envie de se décrocher la nuque. Le titre est excellent et repart vers quelque chose de plus complexe dans sa structure, et de plus sombre dans ses paroles. Puis Reflections of the Dead viendra donner un dernier coup de rein à l’ensemble avec une efficacité folle et un savoir-faire unique.

Au final, Infernum in Terra, le dernier album en date de A Pale Horse Named Death, est une tuerie. Le groupe américain retrouve une fougue qu’il avait un peu perdu, et surtout, il offre un Doom/Gothic Métal fait avec précision et envie. Complet, tenant son concept jusqu’au bout, ne laissant rien au hasard, on peut aisément dire que le groupe de Sal Abruscato nous sert un petit chef-d’œuvre qui démontre que cette formation a encore des choses à dire et à démontrer.

  • Infernum
  • Believe in Something (You are Lost)
  • Cast Out From the Sky
  • Shards of Glass
  • Lucifer’s Sun
  • It is Done
  • Two Headed Snake (Propofol Dreams)
  • Slave to the Master
  • Devil’s Deed
  • Reflections of the Dead
  • Souls in the Abyss

Note : 18/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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