avril 17, 2024

Gossip – Real Power

Avis :

Fondé à la toute fin des années 90, Gossip est un groupe qui a rapidement connu le succès aux Etats-Unis, mais qui aura mis un petit temps pour venir dans nos contrées. Etant influencée par des groupes qui vont de Siouxsie and the Banshees à Nirvana, la formation va piocher dans toutes ces références pour fournir un son unique, autour de thèmes importants, allant de l’homosexualité au féminisme. Pour percer en Europe, le groupe devra attendre son troisième album, Music for Men, et son hit en puissance, Heavy Cross. Le tube est monstrueux, il sera repris à travers des pubs, et Gossip lance véritablement sa carrière dans le monde entier. Avec A Joyful Noise, on sent déjà les changements qui s’établissent. Le groupe prend un virage plus Pop, mais nerveux, et si on retrouve quelques pépites, force est de constater que l’effort est moins bon que le précédent.

Puis, depuis cet album, ce fut le silence radio. Ce n’est que quatre ans plus tard, en 2016, que Beth Ditto déclare que le groupe se sépare, car l’envie n’y est plus. De son côté, elle sortira un bon album solo, mais hormis une reformation live en 2019 pour fêter les dix ans de Music for Men, le groupe était en hiatus complet. Et surprise, le trio balance, douze ans après leur dernier album, une nouvelle galette, leur sixième, sobrement intitulée Real Power. Avec de telles promesses, nous étions en droit de penser que Gossip allait revenir plus fort, plus puissant, renouant avec un son Pop-Rock, puisant plus dans son aspect Nirvana que son côté Abba. Et on reste le cul entre deux chaises après plusieurs écoutes. Non pas que l’album soit mauvais, mais douze ans d’attente pour avoir ça, ça interroge un peu.

Le skeud s’ouvre sur Act of God, et effectivement, il est assez rock. La guitare est bien présente, la batterie est plutôt enjouée, et Beth possède toujours un très bel organe, qui lui permet de survoler le morceau. Néanmoins, on va vite ressentir les limites du titre, qui ne pioche pas très loin, n’arrivant pas à créer un réel engouement, et jouant plus sur la ligne de basse que sur la gratte. Il faudra alors attendre Real Power pour avoir un côté réellement électrique et plus « puissant ». Tout en étant Rock, on retrouve des influences Funk dans la guitare et la basse, et même un aspect Disco dans la rythmique. C’est avec ce genre de morceau que l’on espère retrouver Gossip, et on se prend à rêver d’un album perclus de hits de la sorte. Ce ne sera pas le cas…

Don’t Be Afraid va marquer un premier arrêt. Allant plus vers la Pop que le Rock, le titre s’amuse avec des sonorités un peu iliennes, mais rien ne viendra nous secouer. Le morceau est sur un rythme assez plat, et il ne prend aucun risque. Si on a des relents de Pop des années 80, le groupe ne propose rien de vraiment nouveau, ni même de prouesse technique. Crazy Again évoque, quant à lui, le Rock anglais des années 80/90. La guitare est un peu plus présente, mais on reste sur quelque chose de trop simple pour vraiment marquer. Et alors que le morceau aurait pu monter crescendo, il reste sur une ligne assez plate, et donc décevante. Il faudra alors attendre Edge of the Sun pour être un peu plus surpris. Le virage Pop est totalement assumé, mais on a droit à un titre solaire et très plaisant.

D’ailleurs, le refrain est ultra catchy et rentre immédiatement en tête. Give it up for Love sera un morceau enjoué et réussi. L’aspect Rock revient un peu, avec une guitare plus présente et une batterie plus appuyée. Et comme pour le titre précédent, on aura droit à un refrain qui rentre immédiatement en tête, montrant l’efficacité du groupe pour faire des chants fédérateurs. Et puis Beth Ditto est vraiment au top avec sa voix. Avec Turn the Card Slowly, Gossip se fait beaucoup plus touchant qu’à l’accoutumée. Le morceau est doux, prenant, et il s’avère être l’un des meilleurs morceaux de l’album. Mais ce qui est dingue, c’est que la guitare se fait voler la vedette par la basse, bien mieux utilisée et utile au morceau. Aussi étonnant que cela puisse paraître, c’est le premier titre qui se fait touchant dans cet album, et il est précieux.

Tell me Something sera du même acabit. Un morceau intéressant et plutôt beau, même s’il utilise un gros son qui dénature un peu le reste. Cependant, la voix de la chanteuse est tellement belle dans cet exercice que l’on va se prendre une jolie petite claque sur la joue. De ce fait, on pourrait croire que l’album est alors très bon, mais c’est oublier les trois derniers morceaux. Trois titres inutiles, plats et sans aucun intérêt. Light it Up est d’un ennui intersidéral. Tough n’apporte strictement rien, si ce n’est un riff qui peut faire écho à un morceau du Bloodhound Gang (mais la comparaison s’arrête là). Puis, Peace and Quiet porte bien son nom, puisqu’il s’agit d’un titre doux, tendre, mais relativement mou et sans aucune variation. Que c’est dur de terminer son album sur trois morceaux très moyens ! Cela ne donne pas envie de s’y relancer.

Au final, Real Power, le dernier album en date de Gossip, est un effort sympathique, avec de bons morceaux à l’intérieur. Mais malheureusement, après douze ans de silence, on espérait un peu plus. Onze morceaux pour même pas quarante minutes d’écoute, des titres parfois clichés et mous du genou, un aspect Rock qui fond comme neige au soleil, on va vite se surprendre à ne pas avoir envie d’y retourner tant le côté Disco Rock manque à l’appel, et le côté dansant n’est plus. Si c’est ça passer la quarantaine, c’est bien triste…

  • Act of God
  • Real Power
  • Don’t be Afraid
  • Crazy Again
  • Edge of the Sun
  • Give it up for Love
  • Turn the Card Slowly
  • Tell me Something
  • Light it Up
  • Tough
  • Peace and Quiet

Note : 12/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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