juillet 15, 2024

Dellamorte Dellamore

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De : Michele Soavi

Avec Rupert Everett, François Hadji-Lazaro, Anna Falchi, Mickey Knox

Année : 1995

Pays : Italie, France, Allemagne

Genre : Comédie, Horreur

Résumé:

Dellamorte Dellamore, mélancolique gardien de cimetière, flanqué de son fidèle compagnon, Gnaghi, a depuis quelque temps du pain sur la planche. Les morts enterrés dans son cimetière reviennent à la vie et cette mysterieuse épidémie se propage de tombe en tombe, de nuit en nuit.

Avis:

Les films de zombie, on en a soupé! Et on en a soupé à toutes les sauces. Je ne parle même pas du genre survival, surement trop représenté dans ce genre-là. Mais maintenant, même les comédies, romantique ou non, sont prises d’assaut par les mangeurs de cervelles. Il y en a des très bonnes, comme Shaun of the Dead ou encore Bienvenue à Zombieland, d’autres moins réussies, comme Fido et il y a des catastrophes comme Zombie Honeymoon pour ne citer que lui. Mais là, je parle de films récents, tout du moins des années 2000, mais pour connaître les origines de la comédie zombiesque, je pense qu’il faut remonter en 1994, où le film Dellamorte Dellamore a vu le jour. Film italien mais avec des acteurs de tout horizon, ce film mélangeant comédie, burlesque, horreur et morts-vivants est une véritable bombe et pose les bases de la comédie horrifique fine et sensuelle, avec une élégance toute italienne. Mais quels sont les talents cachés de ce métrage? Pourquoi l’ai-je découvert sur le tard?

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Le scénario de ce métrage est assez incongru car il est à la fois relativement simple, mais d’autres petites histoires s’imbriquent les unes dans les autres pour proposer un mélange qui se rapproche d’un Braindead tout en y apposant une touche glamour indéniable. En gros, on suit un gardien de cimetière désabusé dans un bled italien. Le problème, c’est que dans son cimetière, les morts se lèvent de temps en temps pour bouffer de la chair fraîche. En bon samaritain, et avec son acolyte un peu simple d’esprit, il déboîte les boîteux à coups de pelle, de revolver ou de croix. Le problème, c’est qu’un beau soir, il enterre un vieux et tombe amoureux de la veuve éplorée. Bon, il faut dire que la veuve éplorée, c’est juste une bombe anatomique. Malheureusement, cette jeune femme va devenir une zombie. Jusque-là, le film est bien simple, mais il faut rajouter des enjeux politiques et des hommes politiques ahurissants, une autre histoire d’amour improbable entre la fille du maire décapitée et le simplet travaillant dans le cimetière et des situations ponctuelles plutôt cocasses. Bref, il n’y a pas à tortiller du cul pour chier droit, le scénario, aussi simple soit-il, propose de belles surprises et parfois des surprises étonnantes.

Mais aussi bizarre que cela puisse paraître, Dellamorte Dellamore ne dégage pas que de l’humour. Il faut dire que le ton du film reste assez dépressif, avec un héros désabusé et relativement fataliste mais aussi un univers gothique magnifique mais relativement triste. Michele Soavi, le réalisateur, ne se contente pas d’aligner des scènes de zombies ou des scènes d’amour. Il privilégie grandement l’image et les symboliques tout au long du métrage. Ainsi, les plans intelligents et beaux se succèdent tant et si bien qu’il est difficile d’appréhender toutes les subtilités au premier visionnage. D’ailleurs, il y a des passages assez obscurs avec la veuve morte qui revient sous d’autres formes comme une prostituée, histoire de mettre une relation impossible entre le héros et cette femme de rêve. Il suffit de regarder les images pour se rendre compte de toutes les symboliques cachés, comme par exemple, lorsqu’il fait l’amour avec la veuve et qu’en arrière-plan, un ange de pierre lui fait des ailes dans le dos, puis qu’à la toute fin, il décide de détruire ces ailes avec son revolver.

Les acteurs sont tous très bons. Rupert Everett en tête, puisqu’il incarne parfaitement le gardien à moitié dépressif donnant un flegme déprimant à son personnage. Il faut dire que les anglais ont le chic pour rendre un personnage flegmatique. Mais il n’est pas le seul à être au summum de son interprétation. François Hadji-Lazaro, le leader des garçons bouchers, joue le rôle de Gnaghi, le simplet de l’histoire, et il faut dire qu’il le joue avec un certain brio. Avec un physique se rapprochant de la boule de Fort Boyard et une attitude de débile profond, il oscille entre sympathie et dégout avec le spectateur. Enfin, l’actrice incarnant la veuve éplorée, Anna Falchi, est vraiment très charmante et donne une interprétation très sexy et sensuelle. Elle incarne d’ailleurs la femme inaccessible et l’amour impossible.

Au niveau des effets spéciaux, Michele Soavi a du faire au plus pressé. Il est vrai que certains effets spéciaux semblent ratés, mais il rajoute cependant une certaine magie et un côté kitsch qui colle parfaitement avec l’univers sombre et poétique et burlesque du métrage. Par contre, le réalisateur n’a pas oublié que les zombies étaient un des atouts du film et ils ont bénéficié de maquillage de qualité et d’effet visuel réussi. Certains effets gores sont plutôt bien sympathiques et prête plus à sourire qu’à écœurer ou effrayer. J’en veux pour preuve la scène où Gnaghi décapite la version zombifiée de la fille du maire et la met dans sa vieille télé bousillée pour la demander en mariage. Si certaines ficelles sont visibles comme pour les feux follets, on passera outre devant tant de maestria dans la réalisation et dans la symbolique.

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Au final, Dellamorte Dellamore est un excellent film, mélangeant habilement tous les genres pour proposer une œuvre unique, sensible, drôle, visuellement époustouflante et aux multiples références. Si vous cherchez un film de zombies classiques, il ne faut pas regarder ce film, par contre, si vous êtes à la recherche d’un film poétique, gothique, sensuel, avec en toile de fond des zombies un peu trop collant, alors ce film est pour vous. Personnellement, j’ai beaucoup aimé, mais il me faudra surement un deuxième visionnage pour bien capter toutes les subtilités du scénario et toutes les symboliques cachées dans un très grand nombre de plans. Je conseille!

Note: 16/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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