mai 16, 2021

Dreamcatcher

affiche

De : Lawrence Kasdan

Avec Morgan Freeman, Thomas Jane, Jason Lee, Damian Lewis

Année: 2003

Pays: Etats-Unis, Australie

Genre: Science-Fiction

Résumé:

Après avoir été longuement séparés, quatre amis d’enfance se retrouvent dans les forêts du Maine, au nord-est des Etats-Unis. Dotés de pouvoirs télépathiques suite à un acte héroïque, ils sont surpris par un blizzard qui cache une mystérieuse force maléfique. Le quatuor doit alors empêcher le massacre de civils innocents et affronter un horrible danger qui menace la Terre.

Avis:

Blockbuster sorti en 2003 dans nos contrées, Dreamcatcher ne raconte pas comment l’Undertaker n’a fait qu’une bouchée d’Evan Bourne ou encore l’art de tisser des petits pendentifs qui peuvent (parait-il) attraper les cauchemars. Il s’agit ici d’un film alliant science-fiction et horreur à l’instar d’un Alien, d’un Event Horizon ou encore d’un Pandorum. Sauf que là tout se passe sur terre, dans un climat qui va fortement rappeler celui de The Thing. Quand on sait que le film est tiré d’un livre de Stephen King, et que les adaptations cinématographiques du maître de l’horreur sont souvent inégales (sauf si l’on s’appelle Frank Darabont (the mist et la ligne verte)), on peut craindre le pire comme le meilleur. Alors que faut-il attendre de ce film qui lorgne de tous les côtés, même dans les propres livres du King? Ce film sera-t-il une nouvelle référence dans le domaine de la SF horrifique? Je vais vous répondre tout de go: non! Et cela à cause de diverses raisons que je vais évoquer maintenant.

Comme bien souvent chez Stephen King, les enfants ont une place très importante dans l’histoire. On sait que bon nombre de livres font appel à l’enfance, au souvenir et à l’amitié. Dans Dreamcatcher, cet aspect est aussi fondamental que dans Ça, mais au niveau du métrage, on ne le retrouve absolument pas. En effet, le réalisateur s’évertue à faire une pâle copie du téléfilm de Tommy Lee Wallace mais n’y arrive pas. Pour faire simple, après un grave accident, quatre potes se retrouvent dans un chalet perdu dans les montagnes et la neige. Sauf qu’une mise en quarantaine va les empêcher de sortir de leur chalet et qu’ils vont devoir affronter des extraterrestres translucides qui ressemblent au croisement improbable d’un ver, d’un serpent et d’une baudroie. Bien évidemment, tout ne va pas bien se passer et un méchant alien va prendre possession du corps et de l’esprit d’un des héros. Et la jeunesse dans tout ça? Et bien pour sauver leur ami, certains personnages vont devoir se souvenir d’un petit handicapé qu’ils ont aidé et qui leur a refilé des pouvoirs magiques. Dis comme cela, ça peut paraitre incongru et bizarre, mais je pense que dans le livre, c’est bien amené. Le seul problème, c’est que dans le métrage, tout va trop vite et on se retrouve devant un fait accompli qui laisse perplexe et qui dévoile de suite un twist final pour le coup anéanti.

L’ambiance neigeuse, froide, glaciale est assez appréciable, mais la venue des militaires et leur bombardement annihile absolument toute la beauté des décors et la chape lourde qui pèse sur la tête des protagonistes. Bien entendu quelques scènes font que le film n’est pas une bouse infâme; je pense notamment à l’exode de tous les animaux de la forêt ou encore à la scène assez trash des toilettes. Mais cela ne fait pas un film et l’ambiance en pâti grandement. Autre chose qui fait que l’ambiance est dégradée, la présence de flatulences et d’éructations de la part des infectés. Cela est plus risible qu’autre chose et plombe encore plus l’ambiance d’isolement. Il faut dire que cela dédramatise mais je pense qu’il aurait été plus judicieux de garder une ambiance lourde et inquiétante.

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J’ai dit: vous n’auriez pas un problème de peau? Désolé, on entend rien avec mon collègue qui chie derrière!

Les acteurs sont assez bons. Pour les amateurs de cuisses et de nichons, ils seront forcément déçus puisqu’il n’y a aucune présence féminine. Le casting est résolument bon, malgré quelques inégalités dans les jeux. Si Damian Lewis s’en sort avec les honneurs pour jouer les schizophrènes, Morgan Freeman n’est que l’ombre de lui-même et s’ennuie ferme dans ce film. On retiendra aussi la prestation très sympathique de Tom Sizemore ou encore de Thomas Jane, déjà habitué aux films de Stephen King puisque c’est le héros du génial « The Mist« . Le principal problème ne vient pas forcément des acteurs, mais aussi de la profondeur de leurs personnages qui restent beaucoup moins travaillés que dans Ça. L’amitié qui les lie reste superficielle, la présence centrale du petit handicapé est juste entrevue, et je ne parle même pas du design des aliens qui reste très risible.

Les amateurs de frissons seront déçus tout comme les amateurs de gore. Les effets effrayants sont assez rares dans le film, il y a bien une scène qui reste assez bien ficelé, il s’agit de celle dans les toilettes avec la rencontre pour la première fois de la larve et de l’alien, mais c’est bien tout ce qu’il y a à se mettre sous la dent. Certaines scènes sont ratées comme l’accident de voiture à cause de la vieille infectée, ou encore lorsque la larve se glisse sous la neige pour attaquer l’un des héros. Pourquoi ces effets sont ratés? Et bien parce qu’à chaque fois, je ne sais pas si c’est volontaire ou pas, le réalisateur arrive à caler un plan drôle ou inutile comme une bouteille de bière qui tombe juste devant la bestiole ou un pet dégueulasse. Pour le gore, s’il on excepte toujours cette scène des toilettes, c’est assez maigre, il y a bien un gars qui se fait bouffer en deux, mais c’est malheureusement tout ce que l’on aura. Certains effets spéciaux sont ratés comme l’attaque d’un vaisseau extraterrestre où les CGI sont assez vulgaires.

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Un zizi alien, même Clara Morgane n’en veut pas!

Au final, Dreamcatcher est plutôt un attrape-nigaud qu’un attrape-rêves tant on sait le potentiel inexploité du métrage. C’est bâclé, c’est superficiel et c’est très énervant. Parfois on se croit dans Independance Day et parfois on se croit dans Blanche-neige, ce qui n’est pas possible dans un film d’horreur même avec de méchants petits extraterrestres pas contents. Malgré des performances d’acteurs assez sympathique notamment Damian Lewis, le reste est très décevant et surtout le pauvre Morgan Freeman qui se demande ce qu’il fait là-dedans. Un film à éviter sauf pour les curieux, les amateurs des transpositions filmiques des œuvres de Stephen King et les amateurs de SF ratée.

Note: 09/20

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Par AqME

HerschellNote de Herschell: 14/20

ServalNote de Serval: 05/20

 

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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