décembre 10, 2022

The Amazing Spider-Man le Destin d’un Héros

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Titre Original : The Amazing Spider-Man 2

De: Marc Webb

Avec Andrew Garfield, Emma Stone, Jamie Foxx, Dane DeHaan

Année: 2014

Pays: Etats-Unis

Genre: Fantastique, Action

Résumé:

Ce n’est un secret pour personne que le combat le plus rude de Spider-Man est celui qu’il mène contre lui-même en tentant de concilier la vie quotidienne de Peter Parker et les lourdes responsabilités de Spider-Man. Mais Peter Parker va se rendre compte qu’il fait face à un conflit de bien plus grande ampleur. Être Spider-Man, quoi de plus grisant ? Peter Parker trouve son bonheur entre sa vie de héros, bondissant d’un gratte-ciel à l’autre, et les doux moments passés aux côté de Gwen. Mais être Spider-Man a un prix : il est le seul à pouvoir protéger ses concitoyens new-yorkais des abominables méchants qui menacent la ville.  Face à Electro, Peter devra affronter un ennemi nettement plus puissant que lui.  Au retour de son vieil ami Harry Osborn, il se rend compte que tous ses ennemis ont un point commun : OsCorp.

Avis:

Apparus dans les années 30, le comics n’a cessé de fasciner et de se renouveler pour toucher un lectorat plus dense et plus ouvert. Après la naïveté des premiers ouvrages, puis le patriotisme par la suite et enfin la pure noirceur contemporaine, les scénaristes se sont succédés pour fournir des histoires dans l’air du temps avec des réflexions parfois intéressantes. D’ailleurs, si le super-héros est si sombre aujourd’hui, c’est qu’il est le reflet d’une société un peu en perdition où la violence prend une place prépondérante. Après avoir enfoncé le clou avec un Batman profondément humain et dans une ambiance très noire, c’est Spider-Man qui fait l’office d’un reboot avec la volonté de le remettre au gout du jour. Si Sam Raimi avait essayé d’entamer la descente aux enfers de l’homme-araignée, le premier reboot était moyen et montrait un héros finalement assez enfantin et en décalage avec ce que les producteurs essayent de nous fournir en ce moment. Plus proche du comics des années 60, ce Spider-Man a déçu un certain nombre de personnes. C’est alors que sa suite, The Amazing Spider-Man le Destin d’un Héros se fait fracasser lui aussi. Punition méritée ou racolage médiatique?

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Les agents EDF du futur, bien plus efficaces!

Après avoir éliminé Le Lézard de la ville de New-York, Peter Parker, alias Spider-Man aide la ville à se débarrasser des malfrats. Il essaye aussi de flirter avec Gwen Stacy, mais il est tiraillé par la mort de son père, dont il se sent responsable. Max Dillon est électricien pour Oscorp. Il est invisible aux yeux des gens et il rêve d’avoir des amis et de pouvoir exister comme tout le monde. Le soir de son anniversaire, il doit réparer une panne et tombe dans une cuve remplie d’anguilles électriques géantes. Il devient alors Electro, et il veut se venger de Spider-Man qui l’a oublié. Harry Osborne, le meilleur ami de Peter, découvre qu’il est malade et qu’il va bientôt mourir. Il demande à Spider-Man de lui donner son sang pour guérir, mais ce dernier refuse. A bout, viré de son royaume par son second, il va s’allier avec Electro pour entrer dans Oscorp et s’injecter du venin d’araignée. Spider-Man va alors faire face à un ennemi terrible et il va devoir tout faire pour protéger sa bien-aimée. Quand on lit le synopsis, on a l’eau à la bouche et on pense que ce film va envoyer sévère. Malheureusement, ce n’est pas l’action qui va primer et certaines scories vont venir perturber le spectateur. Néanmoins, le film n’est pas si pourri que ça.

Commençons par les points faibles. Le film est terriblement bavard et long. En ce sens, on a parfois la sensation de voir un film pour adolescent en manque d’amour. On s’attardera énormément sur les rapports difficiles entre Peter et Gwen et sur les démons du passé qui hantent l’esprit du héros. On apprendra beaucoup de choses sur le passé de Peter et sur les expériences que menait son père. Si cela est une bonne chose, le film passe vraiment trop de temps sur les affres du passé et laisse finalement l’action en retrait. Mais pire que cela, si le ressort dramatique de fin est surprenant (sauf pour le lecteur assidu du comics depuis les années 60), le spectateur ne sera pas touché, la faute à des personnages surement trop lisses, mais aussi et essentiellement à une bande-originale dégueulasse. Il faut dire que c’est Pharrel Williams qui est derrière tout ça et que forcément, quand on met la lie de la musique dans la bande-originale d’un film, rien ne fonctionne.

Ensuite, le scénario est blindé de petites scories, parfois minimes, mais qui contribuent à rendre le film moins crédible et parfois peu pertinent. Très souvent on se demandera pourquoi le héros a réagi comme ça, pourquoi il n’essaye pas de faire plus au lieu de pleurnicher. Cette absence de réaction est franchement pénible. On peut aussi citer un grand méchant peu présent mais franchement pas folichon. Electro n’est pas hyper crédible, il semble surpuissant alors qu’il se fait buter en quelques minutes et on ne voit quasiment pas les autres bad guys, alias Rhino et le Bouffon Vert. On peut aussi pester contre les raisons qui poussent Electro à agir ainsi, tout cela n’étant pas assez travaillé.

Néanmoins, il ne faut pas bouder son plaisir. Si le film est long et s’attarde trop sur la relation entre Peter et Gwen, il comporte aussi son lot de bonnes surprises, rendant le film supportable et divertissant. Les scènes d’action, aussi peu nombreuses soient-elles, sont très efficaces et relativement lisibles. Le sixième sens de l’araignée, mis en avant avec des arrêts sur images, est efficace et dynamise le tout. Les effets spéciaux sont splendides et la réalisation de Marc Webb est très propre. De ce point-là, on ne peut pas attaquer The Amazing Spider-Man le Destin d’un Héros. Autre point positif, la fin est franchement excitante. On a des indices sur les futurs grands méchants avec la forte possibilité de voir les Sinister Six faire leur apparition. Pour les moins rompus au genre, cela signifie la présence de six grands méchants, avec Vautour, Octopus, Mysterio, Kraven et l’Homme-Sable. Les petites touches à cette intention sont plutôt jouissives pour le fan de l’homme-araignée.

Au niveau des acteurs, cela reste assez convaincant. Andrew Garfield signe un personnage très proche du comics qui aime faire des blagues et des réflexions à ses adversaires. Pour ceux qui cherchaient un héros plus sombre, c’est raté, même si le film ne fait pas de pitié envers certains habitants et personnages principaux. Emma Stone est toujours aussi charmante en Gwen Stacy et demeure intéressante même si on a un mal fou à s’attacher à elle car elle paraît trop lisse. Dane DeHaan est intéressant dans le rôle du futur Bouffon Vert et son maquillage sur la fin est franchement bien foutu, dommage que l’on ne le voit que deux minutes en mode méchant. Par contre, Jamie Foxx sera le maillon faible du film, ce qui est surprenant pour un acteur de son envergure. On ne le sent pas vraiment à l’aise dans ce rôle et il est même particulièrement ridicule. Paul Giamatti est risible aussi, mais à contrario de Jamie Foxx, c’est son rôle qui veut ça, jouant un terroriste russe complètement débile et bourrin. Malheureusement, on ne le voit que deux minutes lui-aussi.

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Tu veux un verre, Spidey?

Au final, The Amazing Spider-Man le Destin d’un Héros n’est pas la bouse annoncée. Certes, il est loin d’être parfait et contient son lot d’indigences, mais dans sa globalité, il reste divertissant et assez éloigné des héros sombres que l’on nous sort à tout bout de champs. Car même si Man of Steel et The Dark Knight sont de très bons films, prendre parfois à contre-courant pour proposer un super-héros moins torturé peut être une bonne idée. Reste que la modernité du produit, formaté pour les adolescents, peut décevoir ceux qui attendent une version sombre et plus adulte.

Note: 12/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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