juillet 15, 2024

Le Garçon et le Héron – Miyazaki en Grande Forme

Titre Original : Kimi-tachi wa Do Ikiru Ka

De : Hayao Miyazaki

Avec les Voix Originales de Soma Santoki, Masaki Suda, Kô Shibasaki, Aimyon

Année : 2023

Pays : Japon

Genre : Animation

Résumé :

Après la disparition de sa mère dans un incendie, Mahito, un jeune garçon de 11 ans, doit quitter Tokyo pour partir vivre à la campagne dans le village où elle a grandi. Il s’installe avec son père dans un vieux manoir situé sur un immense domaine où il rencontre un héron cendré qui devient petit à petit son guide et l’aide au fil de ses découvertes et questionnements à comprendre le monde qui l’entoure et percer les mystères de la vie.

Avis :

Après avoir annoncé par moins de sept fois « sa retraite », et dix ans après son dernier film, l’infatigable Hayao Miyazaki est de retour avec « Le garçon et le héron« .

Lorsqu’on évoque le nom de Miyazaki, c’est tout un imaginaire du cinéma qui se met en place. Il faut dire que depuis toujours le réalisateur japonais a su offrir un cinéma comme personne n’en fait. Un cinéma quasi parfait, où créatures, écologie, beauté, et graphiques y font tellement bon ménage. Avec une telle qualité de travail, des films comme « Le voyage de Chihiro« , «  Princesse Mononoké« ,  » Le Château ambulant » ou encore « Mon voisin Totoro » sont entrés dans notre culture à jamais, et encore ça, ce n’était que pour en citer quelques-uns, car finalement, chacun de ses films est une œuvre à part qui marque durablement.

Comme je le disais, il y a dix ans de ça, Hayao Miyazaki livrait ce qui semblait être sa dernière œuvre, le superbe « Le vent se lève« . Depuis, Hayao Miyazaki était en retraite, enfin ça, c’est ce que l’on pensait, car le Maître travaillait en fait à un nouveau film qui lui aurait pris pas moins de sept ans à réaliser. Sept années pour un résultat des plus sublimes. Chef-d’œuvre d’animation, « Le garçon et le héron« , même s’il va mettre beaucoup de temps à démarrer, une fois lancé, une fois au cœur de son histoire, ce nouveau Miyazaki se pose comme une merveille de tous les instants. Magnifique histoire qui aborde le deuil et la reconstruction de soi, « Le garçon et le héron » appelle tout ce que le cinéma de Hayao Miyazaki a de plus beau, et malgré ses longueurs, finalement, on ne voit pas passer ce dernier film.

« Riche, dense, très dense, métaphorique… »

Tokyo, peu après le début de la guerre. Par une nuit calme, les sirènes de la ville se font entendre et bientôt, une immense lumière apparaît. Cette lumière, c’est l’incendie de l’hôpital de la ville et c’est au sein de ce dernier que la mère du Mahito travaille. Cette nuit-là, la mère de Mahito va mourir. Peu de temps après, le jeune garçon doit quitter la ville. Avec son père, ils s’installent chez la tante du petit garçon, qui est alors la nouvelle femme de son père. C’est là, à la campagne, que Mahito va vivre sa plus grande aventure.

Et d’un douzième long-métrage pour le grand Hayao Miyazaki qui revient à l’âge de quatre-vingt-deux ans, en très belle forme. On peut même dire qu’à cet âge-là, le réalisateur donne des leçons d’animation et d’intrigues à beaucoup de jeunes cinéastes qui se sont lancés.

« Le garçon et le héron » est un film qui est loin d’être facile. Riche, dense, très dense, métaphorique, livrant une histoire qui a plusieurs lectures et dont il va falloir plusieurs visionnages pour en comprendre toutes les subtilités, « Le garçon et le héron« , comme je le disais plus haut, réunit tout ce que l’on aime du cinéma de Hayao Miyazaki.

« En plus de parler du deuil, Miyazaki y parle aussi de l’enfance, de l’innocence bien sûr. »

Ici, Hayao Miyazaki nous raconte une histoire de deuil et s’il y a bien mille façons de nous raconter la douleur de la perte d’un être cher, il n’y a qu’une seule façon pour le réalisateur de nous la raconter. Ainsi, cette histoire de deuil est accompagnée d’un héron, d’un vieux manoir abandonné, puis avec ça, d’un autre monde. Un monde fantastique et inquiétant à la fois. Un monde onirique, où beauté, dangers, et même paradoxes temporels font bon ménage. Si le film est très long à démarrer, Hayao Miyazaki suit beaucoup son personnage, seul, en train de marcher, perdu avec lui-même, et finalement, éteint dans ce monde vivant.

Mais une fois que le Maître nous entraîne dans cet autre monde, d’un coup, ce « … garçon et le héron » prend une toute autre tournure et ne cesse de nous tenir en intérêt et en merveille. C’est bien simple, ici, tout est beau, tout est intéressant, tout est touchant, et tous les reliefs de cette histoire, mais aussi de ses personnages, s’intensifient. En plus de parler du deuil, Miyazaki y parle aussi de l’enfance, de l’innocence bien sûr, puis derrière ça, entre les lignes, la guerre est évoquée, et la fragilité du monde. Enfin, comme toujours, la nature a une grande place au sein de cette histoire, qu’elle soit menaçante ou non, Miyazaki rappelle qu’on fait partie d’un tout.

« On ajoute à cela une animation à tomber par terre. »

On ajoute à cela une animation à tomber par terre, avec un trait incroyable. Ici, tout respire Miyazaki, et alors qu’il aurait pu seulement se contenter de faire un beau film, ce « … garçon et le héron » propose des choses qu’on n’avait pas encore vues dans le cinéma de son auteur, comme cette scène d’ouverture incroyable, violente et quasi-fantomatique. Idem lorsqu’on passe dans ce monde d’en bas, le film regorge d’originalité. De plus, malgré un début assez long, le rythme est soutenu, et finalement les deux heures que dure le film, on ne les voit pas vraiment passer, tant Miyazaki sait nous attraper, et surtout, il sait nous tenir jusqu’à sa dernière scène.

Ce retour de Hayao Miyazaki dix ans après « Le vent se lève » démontre que le Maître n’a rien perdu de son génie. « Le garçon et le héron » est un grand cru Miyazaki au sein d’une grande filmographie. Intense, riche, immense, fou et onirique, le réalisateur nous fait passer par tout un tas d’émotions, et alors qu’il vient de fêter ses quatre-vingt-deux ans, on espère que ce « … garçon et le héron » ne sera pas son dernier, car des films comme celui-là, on en veut tous les jours.

Note : 18/20

Par Cinéted

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