mai 29, 2024

Call of Duty Modern Warfare

Résumé:

Le joueur incarne tour à tour un soldat du SAS ou un combattant de la liberté d’un pays du Proche-Orient.

Avis :

Si Call of Duty demeure un FPS majeur dans l’histoire du jeu vidéo, son succès a entraîné une annualisation de la franchise. Soufflant le chaud et le froid, on a eu droit à de très bons épisodes et d’autres mitigés, voire médiocres. Preuve en est avec Call of Duty Black Ops 4 qui avait fait l’impasse sur la campagne solo pour se focaliser sur le jeu en ligne. Avec Call of Duty Modern Warfare, on assiste à la résurgence d’un des opus les plus appréciés de la saga. On se souvient de cette débauche d’effets spectaculaires, de cette montée en tension sur trois titres et d’une immersion totale. À l’époque, le premier volet souhaitait marquer le pas avec les incursions en pleine Seconde Guerre mondiale.

Le parcours du combattant

Avant de se lancer dans l’aventure à proprement parler, le présent titre marque un tournant dans le modèle économique de la franchise. Activision impose l’installation de Call of Duty Warzone. Qu’importe le choix du joueur ou l’absence d’un abonnement en ligne pour s’y essayer ! Une centaine de gigas plus tard, la version PlayStation 4 est réputée pour son instabilité et renvoie à de trop fréquents messages d’erreurs ou bugs dont les correctifs peinent à venir ou sont inexistants. Dans certains cas, il est parfois nécessaire de reprendre l’installation de zéro. Par la suite, la création d’un compte Activision est requise.

Là encore, le refus d’adhérer à ces conditions empêche d’accéder au menu du jeu. Le calvaire se poursuit lorsqu’on prend conscience que la centaine de gigas ne comprend que la structure ou les fondations du titre. En fonction de ses préférences, il faut télécharger les blocs dédiés à la campagne solo, au jeu en ligne ou aux opérations spéciales. Le téléchargement doit se faire en une session, au risque de générer des erreurs quant à l’installation « définitive ». En cela, les développeurs éprouvent déjà la ténacité des joueurs. Ils réussissent l’exploit de susciter le sentiment d’accomplissement avant même d’entamer les hostilités.

Un vétéran de retour sur le champ de bataille

Cela étant dit, cette mouture 2019 de Call of Duty Modern Warfare exploite une formule éculée qui ne déroge pas aux fondamentaux du FPS. Avec un minimum d’expérience, la prise en main est immédiate. D’ailleurs, le titre ne s’embarrasse guère d’un tutoriel. Le joueur est plongé au cœur de l’action sans préambule. Dès lors, on retrouve toute l’efficacité et le savoir-faire des équipes d’Infinity Ward, développeur majoritaire sur le présent opus. Cela tient à une mise en scène cinématographique, héritée des blockbusters hollywoodiens et des films d’action. Dans une ambiance similaire, on peut évoquer, par exemple, 13 Hours, Green Zone ou Du sang et des larmes.

On apprécie la diversité des situations. Tour à tour, on assiste à un attentat terroriste à Piccadilly Circus, arpente les décombres d’une ville moyen-orientale ravagée par les bombardements ou effectue une mission d’infiltration de nuit. À ce titre, les passages en vision nocturne restent bien amenés et gérés face aux effets de lumière environnants. Pour certaines missions, la possibilité d’opérer dans l’ombre sans foncer dans le tas constitue une réelle alternative et non un subterfuge aboutissant à une confrontation directe inévitable. Cela sans oublier des flashbacks qui apportent un background bienvenu pour s’éloigner d’une caractérisation facile, sinon caricaturale.

Nulle terre sans guerre…

Présenté comme un reboot, le scénario et la chronologie de Call of Duty Modern Warfare évoquent plutôt une suite. D’un point de vue narratif, on y distingue plusieurs allusions à la précédente trilogie. Par exemple, la mission de Price à Prypiat. Afin de correspondre à un contexte réaliste et contemporain, l’intrigue se focalise sur les conflits au Moyen-Orient. On songe, entre autres, à la guerre en Syrie. L’aspect géopolitique, les enjeux et le déroulement des missions clandestines sont maîtrisés. Si l’ensemble reste foncièrement manichéen, le récit fait preuve de dynamisme et d’une évolution qui monte crescendo pour exacerber les tensions.

Toutefois, on peut émettre des réserves quant au parti pris sur le rôle et les actes des différents camps. En l’occurrence, l’histoire se focalise sur une évocation glorificatrice des États-Unis. L’image de la nation moralisatrice dans toute sa splendeur qui, grâce à son courage et son arsenal, s’arroge le statut de sauveur face à l’envahisseur russe. On retrouve aussi les factions locales opprimées, ainsi que les crimes de guerre qui s’ensuivent. À différentes reprises, le discours paraît tendancieux et partial. L’intrigue apporte toutefois quelques nuances avec des méthodes équivoques pour atteindre les objectifs initiaux. En somme, « la fin justifie les moyens » constitue le leitmotiv de ces agents de l’ombre.

Une progression sans temps mort et immersive au possible

Comme évoqué précédemment, le gameplay ne présente aucune surprise ni innovation. Les déplacements sont fluides, la gestion et l’appropriation des espaces maîtrisées. Pour ne rien gâcher, le système de visée ne souffre d’aucune approximation. L’alternance des armes est rapide, y compris pour utiliser l’arsenal secondaire et tactique. Dans le domaine, les développeurs démontrent leur expertise pour procurer une sensation d’immersion sans fausse note tout en prenant en compte la manifestation d’évènements scriptés, mais toujours spectaculaires.

Néanmoins, on peut regretter un manque d’interactions avec les coéquipiers, ne serait-ce qu’à travers les ordres donnés ou les relations entre soldats. En mode campagne, l’intelligence artificielle remplit son office. Elle ne se révèle ni trop efficace ni trop incompétente pour assister le joueur dans sa progression. Elle lui laisse parfois l’initiative ou se tient en retrait, tandis qu’il est nécessaire de trouver une méthode d’approche pour percer les lignes ennemies. Sur cet aspect, on a l’impression de participer à l’effort commun et non d’endosser le rôle du héros solitaire à qui rien ne résiste.

La peur d’une guerre éclair ?

En ce qui concerne la durée de vie, il faut s’orienter vers le multijoueur pour apprécier le potentiel de rejouabilité de Call of Duty Modern Warfare. On songe aux opérations spéciales, parties en ligne, défis quotidiens, différents grades à décrocher, sans oublier les nombreux modes pour agrémenter les sessions. À cela s’ajoutent plusieurs options d’amélioration des armes et une vingtaine de maps qui offrent plusieurs approches tactiques. Du classique que l’on densifie à outrance pour tenir sur une saison entière.

Côté campagne, il faut se contenter de cinq heures de jeu avec une difficulté normale. On distingue trois niveaux supérieurs pour corser le challenge, ainsi qu’un classement qui prend en compte les dégâts collatéraux. L’idée est bonne, même si, en définitive, on fait vite le tour des 14 missions. Les lieux sont plus ou moins vastes, mais l’ensemble ne recèle aucun secret ou items à collecter. Sans se montrer linéaire, le cheminement reste assez évident dans la plupart des séquences. La progression ne souffre d’aucun blocage. Quant à l’exploration du cadre, elle n’est clairement pas de mise.

En conclusion…

Au final, Call of Duty Modern Warfare est un FPS efficace qui tire parti des fondamentaux du genre pour mieux les exacerber. La réalisation, l’énergie globale et la narration s’avèrent entraînantes à plus d’un égard. On apprécie les effets de mise en scène afin de souligner le côté spectaculaire du titre d’Infinity Ward. Sur ce point, nul doute que nous sommes en présence d’un bon jeu, à la fois nerveux et immersif. Malgré une appropriation patriotique et partiale du conflit, on se laisse porter par cette tension croissante et des enjeux nuancés à certains moments, eu égard aux techniques d’interrogatoires ou aux choix moraux des protagonistes.

Pour autant, ce 14e volet ne réinvente rien et se contente des acquis de ses prédécesseurs. Cela tient au gameplay, sans innovation aucune, aux aboutissants du scénario, attendus, à la gestion de l’environnement et même celui de son arsenal. On regrette également une négligence manifeste à l’encontre de la campagne solo, aussi courte qu’intense. Cela sans oublier les errances et les atermoiements lors de l’installation. Il est à déplorer un manque d’originalité flagrant, une prise de risque inexistante et un univers qui peine à imposer une identité pour se démarquer du tout-venant.

Note : 16/20

Par Dante

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