mai 25, 2024

Méchants – Les Grandes Figures du Mal au Cinéma et dans la Pop Culture

Auteur : Dobbs

Editeur : Hachette

Résumé :

D’Hannibal Lecter à Dark Vador, en passant par Hans Gruber, Scar, Christine, Norman Bates ou encore Fu Manchu et le Docteur Mabuse, les méchants sont des figures incontournables de la pop culture. Cinéma, télévision, dessins animés, jeux vidéo… les antagonistes y tiennent une place primordiale dans des œuvres très différentes les unes des autres. Némésis des héros, ils apportent la part obscure et dangereuse qui permet aux protagonistes de briller dans tous les genres narratifs.

Serial killers, savants fous, entités démoniaques, mères abusives, tyrans, monstres et croquemitaines, les méchants peuvent prendre des formes très diverses. Quelles sont leurs origines ? Quelles sont leurs motivations et leurs fonctions ? Comment sont-ils incarnés ? Et que représentent-t-ils réellement ?

Portraits des 200 des plus grands méchants du cinéma et de la pop culture, réinterprétés ici par 50 artistes nous offrant leur vision de ces personnages dans des illustrations originales et inédites.

Avis :

Enseignant-formateur à l’université de Montpellier dans le domaine du cinéma, Dobbs est avant tout connu pour ses scénarios de bandes-dessinées. Il collabore tout d’abord avec les éditions Soleil pour faire quelques albums d’une anthologie sur les serial killers, puis il va ensuite bosser dans la collection 1800, où il aura plusieurs albums à son actif. Entre ces projets de bandes-dessinées, il va s’essayer à l’ouvrage encyclopédique avec Méchants – Les Grandes Figures du Mal au Cinéma et dans la Pop Culture. Paru chez Hachette en 2017, ce beau livre va tenter une analyse des plus grands méchants du septième art, avec en premier lieu des réflexions sur la création d’un bon méchant, ainsi que sur ses ambitions, puis dans un second temps, on aura droit à 200 fiches de méchants, qui aborderont leurs origines et quelques anecdotes. Un bel ouvrage mais qui va enfoncer des portes ouvertes pour se destiner à un public profane.

Très clairement, le livre se découpe en deux grosses parties. La première essaye d’être une analyse de la figure du méchant dans la pop culture et notamment dans le cinéma. Dobbs décrypte les enjeux des différents méchants, et comment faire pour créer une entité maléfique qui marque son public. Si on pourrait croire à quelque chose de poussé et qui va nous apprendre des choses, c’est bien tout le contraire. L’auteur se contente de réciter des banalités que n’importe quel passionné pourrait écrire. En soi, ce n’est pas trop un problème, car il n’est pas évident d’innover au sein d’un sujet qui a été vu mille fois. Et certainement que des néophytes y trouveront leur compte. Mais en l’état, pour les fous de films d’horreur (ou de cinéma tout court), on va rester sur notre faim et ne pas apprendre grand-chose. Cette analyse va prendre un tiers du livre.

Les deux autres tiers du livre seront consacrés aux figures du mal, aux grands méchants que l’on rencontre dans le cinéma (ou dans les séries quand il s’agit d’adaptation). Dobbs étend son spectre de façon très large afin d’aborder des êtres maléfiques de tout bord, allant de Disney jusque chez Michael Myers, en passant par des comédies ou des drames. Un choix intéressant, qui permet de montrer que la figure du méchant se retrouve dans tous les styles, et que parfois, un méchant de dessin animé peut être plus violent qu’un méchant de film d’horreur. Cependant, comme pour la première partie, on ne va pas apprendre grand-chose si on verse dans le septième art depuis un petit bout de temps. Chaque figure prend une page, et est découpée comme suit : l’identité, les origines, le résume du film puis quelques anecdotes. Niveau originalité, on peut repasser.

Encore une fois, si l’on découvre quelques petites choses, c’est bien, mais malheureusement, le livre va souvent tomber dans la redite, et dans des anecdotes connues, ou qui n’apporte rien au moulin. A titre d’exemple, on a souvent des connexions qui sont faites d’un méchant à l’autre en fonction de ses volontés ou de ses origines, mais à aucun moment cela n’est expliqué de façon plus concrète, plus précise. Il manque vraiment un côté plus approfondi au livre pour vraiment nous marquer. Alors certes, on peut comprendre que l’ouvrage soit destiné à un public de néophytes, mais du coup, il se perd dans une certaine redondance des articles, et peut-être une pointe de facilité.

Alors oui, il s’agit d’un beau livre, qui claque bien sur une bibliothèque. Outre la couverture qui est très belle, Dobbs peut se gargariser d’avoir eu une cinquantaine d’auteurs afin d’agrémenter ses pages de jolies illustrations. Cela donne au livre un atout graphique intéressant, et permet même de découvrir certains dessinateurs. Cependant, et là c’est un problème de maquette, il est assez surprenant de se retrouver avec trois pages successives de méchants illustrés, puis cinq ou six pages sans illustrations. Cela donne un sentiment de déséquilibre presque pénible. Tout comme il est difficile de lire certaines pages, à l’image de cette sur Loki où l’imprimeur a eu la bonne idée de mettre un texte en argenté sur un fond jaune/vert. On ne voit rien…

Au final, Méchants – Les Grandes Figures du Mal au Cinéma et dans la Pop Culture est un livre qui n’est pas désagréable à lire, mais il ne faut pas en attendre beaucoup si l’on verse dans le septième art depuis de nombreuses années. Destiné à un public profane, il s’agit d’un bel objet qui fait beau dans une bibliothèque, et dans lequel on peut tout de même retourner sur certaines fiches, en fonction des films que l’on a regardés.

Note : 13/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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