juillet 20, 2024

Astral Doors – Worship or Die

Avis :

S’il y a bien un genre qui ne semble jamais s’essouffler, c’est le Heavy. Depuis ses origines jusqu’à aujourd’hui, de très nombreux groupes officient là-dedans, sans jamais le révolutionner, mais faisant quelque chose de propre et de finalement réussi. C’est un peu le cas d’Astral Doors, groupe de Heavy suédois qui virevolte gentiment vers vingt ans d’existence. Fondé en 2002 autour du chanteur Nils Patrick Johansson, le groupe n’a pas vraiment connu de crise, changeant simplement de bassiste et de guitariste de temps à autre. Rien de bien croustillant donc, et c’est avec précision que le groupe a sorti neuf album. Un rythme soutenu, surtout entre 2005 et 2007 où la formation sortira trois albums coup sur coup. Worship or Die est donc le dernier album en date, et on peut qualifier cet effort de louable, même s’il ne révolutionne en rien le Heavy.

Pourtant, on aurait pu être surpris avec le premier titre, Night of the Hunter. L’introduction rentre typiquement dans un délire un peu horrifique, ce qui sera confirmé par des riffs agressifs et une ambiance délétère produite par les nappes de clavier. Mais on va vite se rendre compte que le résultat reste sympathique, mais ne cherche pas à aller plus loin que son postulat de base. Le refrain est très simple, et la voix nasillarde du frontman fait le reste. C’est avec This Must Be Paradise que l’on va voir que le groupe s’enferme parfois un peu trop dans un Heavy calibré et sans surprise. Les riffs sont bien catchy, la rythmique est rapide et on va se surprendre à bouger la nuque, mais Astral Doors retombe rapidement sur un schéma classique. Ici, le refrain perd en intensité et plonge dans un truc jovial sans grand intérêt.

Worship or Die renoue alors avec un Heavy plus lourd et agressif, mais qui manque là-aussi d’un petit truc en plus pour vraiment nous emporter. En fait, c’est tellement calibré et classique que l’ensemble s’essouffle assez rapidement. Non pas que ce soit mauvais, et les musiciens sont très bons, c’est juste que tout cela manque de prise de risque et de surprise. On reste sur une structure simple, avec couplet, refrain, couplet, refrain et un break avec un gros solo de gratte. En soi, c’est cool, mais ça manque de mordant. Concrete Heart viendra d’ailleurs même mettre le doute sur la qualité globale de l’album, avec un morceau qui résonne années 80 et manque cruellement d’intérêt. Marathon sauvera alors la mise, avec ses presque sept minutes et son riff bien agressif qui reste en tête. Un titre qui montre de quoi le groupe est vraiment capable.

Desperado sera un autre titre assez sympathique, mais qui manque d’envergure et d’envie de casser des bouches. C’est globalement satisfaisant, mais on reste sur un Heavy qui coche des cases. Heureusement, Ride the Clouds sauvera les meubles avec cette fois-ci un morceau ultra rapide, dense et très jovial. On se rapproche d’un Power qui a fait les beaux jours du groupe dans les années 2000. Et c’est très intéressant d’entendre que le groupe est capable d’autre chose que du Heavy simpliste. Light at the End of the Tunnel rentrera dans la case des morceaux agréables, dont on ne retient que le refrain, et c’est déjà pas mal. St. Petersburg sera un peu plus virulent dans ses riffs, mais tout cela sera calmé par un clavier run peu trop présent, surtout dans les refrains.

Pour aller vers la fin de l’album, Astral Doors propose alors Triumph and Superiority, qui sera l’un des titres les plus virulents de l’album dans son couplet, alors que le refrain se voudra plus fédérateur, avec des back-up pour donner plus d’ampleur. C’est fort sympathique, même si ça ne révolutionne en rien le Heavy. Let the Fire Burn sera estampillé années 80 avec son mélange clavier/guitare dans son introduction. Et enfin, Forgive me Father viendra clôturer l’album avec une sorte de ballade, pas désagréable, mais qui manque un petit peu d’épaisseur. On a l’impression que c’est un passage obligé et les émotions ne sont pas forcément au rendez-vous.

Au final, Worship or Die, le dernier album en date d’Astral Doors, est un effort totalement louable et assez sympathique. Le seul gros reproche que l’on peut faire, c’est qu’il reste dans un moule hyper stéréotypé et ne contiendra finalement que peu de surprises. Les amateurs de Heavy seront ravis, tandis que ceux qui voudront un peu plus iront voir ailleurs…

  • Night of the Hunter
  • This Must Be Paradise
  • Worship or Die
  • Concrete Heart
  • Marathon
  • Desperado
  • Ride the Clouds
  • Light at the End of the Tunnel
  • St. Petersburg
  • Triumph and Superiority
  • Let the Fire Burn
  • Forgive Me Father

Note : 13/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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