décembre 6, 2022

Ne me Tue Pas

Titre Original : Non mi Uccidere

De : Andrea De Sica

Avec Alice Pagani, Rocco Fasano, Silvia Calderoni, Fabrizio Ferracane

Année : 2021

Pays : Italie

Genre : Horreur

Résumé :

Après sa mort d’une overdose en compagnie de son amant, Mirta revient seule à la vie et découvre qu’elle appartient à un monde de violence dont elle ignorait l’existence.

Avis :

Le talent n’est pas forcément quelque chose d’héréditaire. Et cela se confirme avec le septième art, où l’on peut voir des fils et fille de ne pas arriver au niveau de papa ou maman. Que ce soit dans la réalisation ou dans l’acting, bien évidemment. Andrea De Sica est un cinéaste italien qui est le petit-fils de la légende Vittorio De Sica, et le fils du compositeur Manuel De Sica. Forcément, naître dans une famille comme celle-ci donne des envies de cinéma, et le jeune homme va rapidement devenir assistant-réalisateur, avant de plonger dans le documentaire, puis de faire un premier film, inédit chez nous, I Figli della Notte. Après avoir co-réalisé une série, Baby, en 2018, il se lance, trois ans plus tard dans la réalisation d’un film d’horreur produit par Netflix, Ne Me Tue Pas. Et peut-être aurait-il dû dire non à la plateforme.

Coincé entre une romance adolescente, un délire horrifique avec des zombies et une pointe de fantastique avec une secte chasseuse de morts-vivants, Ne Me Tue Pas coche toutes les cases du mauvais film qui se contente de copier un Twilight. Il faut dire que tout commence avec un jeune couple qui manque mourir sur la route, avec un garçon fougueux (et surtout complètement con) et une jeune fille très amoureuse. Ensemble, ils s’arrêtent dans une carrière, puis prennent une drogue qui va les tuer sur le coup. Quelques jours plus tard, la jeune femme se réveille et découvre sa nouvelle condition. Ici, tous les poncifs du genre seront écumés. Elle bouffe de la nourriture, elle vomit. Elle se transforme alors en une bête noire affamée, et va trouver la chair humaine plutôt bonne. Armé de flashbacks, on découvrira aussi son idylle avec son bel éphèbe.

Jeune homme ressemblant à un Robert Pattinson de chez AliExpress, ce dernier montre tout son amour et sa délicatesse à sa dulcinée, mais aussi ses attraits pour la mort. Bref, comme dit auparavant, il s’agit d’un connard égoïste pour lequel nous n’aurons aucune empathie. Et sa copine d’être hantée par son souvenir et son premier amour, au point qu’elle va revenir de façon constante sur sa tombe, dans l’espoir de le voir revenir. Comme on peut le constater, on reste dans une romance qui se veut dark, mais qui porte tous les stigmates d’une mauvaise histoire stérile pour ados, ne trouvant jamais le bon ton pour aborder les relations toxiques, et les hommes qui prennent le dessus sur de jeunes filles impressionnables. C’est dommage, il y avait matière à donner du fond à un film qui en manque cruellement.

Film qui préfère tomber dans l’explicatif en son milieu, avec l’arrivée d’une secte qui chasse les zombies, et tout nous sera expliqué par une deuxième femme zombie, qui a de l’expérience. La narration tente alors de casser le quatrième mur dans des tentatives d’explications qui ne seront d’aucune utilité. Afin de sombrer un peu plus dans le nanar, l’histoire de la secte ne tient pas debout, et surtout, on ne comprend pas trop leur objectif. Certes, il faut tuer les zombies, même s’ils ont encore une conscience, mais ici, on nous les présente comme des sadiques notoires, qui végètent depuis plus de deux cents ans, mais qui se font écraser par une gamine nouvellement transformée. On se fout un peu de notre gueule, et le but là est juste de mettre un peu d’action et de sang dans un film qui en manque.

Pour autant, le film a de bonnes intentions. Par exemple, le message final est de lutter contre les féminicides, et les zombies ne doivent choisir leur cible qu’en fonction des crimes commis. Elles deviennent alors des sortes d’héroïnes vengeresses qui débarrassent la terre de quelques connards. Et on va vite remarquer que les hommes, dans le film, sont tous de grosses saloperies. Entre le père qui trompe sa femme et a une piètre opinion de sa fille, le petit copain qui décide pour sa petite copine ou le chef de la secte qui est un gros sadique, on comprend que le réalisateur n’y va pas avec le dos de la cuillère. Mais c’est globalement pour ne rien en faire, et c’est triste de faire ce constat. Tout ça à cause d’une héroïne tout aussi pénible que les mecs, un scénario qui lorgne vers le Z et une réalisation putassière.

Voulant coller le plus possible à quelque chose de contemporain et qui semble sortir d’une boîte de nuit, le film est saturé de lumières néons. On aura droit à du bleu, du rose et quelques touches de vert, qui donneront au film des allures de vilain clip. De plus, la bande-originale qui accompagne le métrage est très électro, avec des morceaux parfois en français, mais qui donne juste envie de se cogner la tête contre les murs. Une sorte de Dark Wave dégueulasse aux paroles d’une nullité abyssale. Bref, le réalisateur tente de faire du pied à un public jeune, mais cela ne prend jamais. Même les scènes de nu, pourtant osées dans un film comme celui-ci, ne sont pas « sexy », tenant plus du voyeurisme que d’une volonté esthétique. Venant de la part d’un homme derrière la caméra, et qui tire sur les féminicides, ça laisse songeur…

Au final, Ne Me Tue Pas est un mauvais film d’horreur, et même un mauvais film tout court. Lent dans son démarrage, dépeignant le portrait de deux jeunes qui sont carrément antipathiques, le film se perd dans un Z débridé avec sa secte et sa prolifération de mangeuses de chair fraîche, mais n’arrive jamais à se rendre drôle ou effrayant. De ce fait, c’est l’ennui qui s’invite, et quand on voit la fin ouverte, on espère sincèrement ne jamais voir de suite.

Note : 05/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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