novembre 30, 2022

Murder Party – Cluedo à la Française

De : Nicolas Pleskof

Avec Alice Pol, Miou-Miou, Eddy Mitchell, Pablo Pauly

Année : 2022

Pays : France

Genre : Comédie, Policier

Résumé :

Jeanne Chardon-Spitzer, brillante architecte, se voit confier la réhabilitation du somptueux manoir des Daguerre, étrange famille à la tête d’un empire du jeu de société. Quand César, le patriarche, est retrouvé assassiné en pleine Murder Party, Jeanne est entraînée dans un jeu d’enquête grandeur nature pour démasquer le meurtrier.

Avis :

« Murder Party » est le premier film de Nicolas Pleskof, mais le réalisateur est loin d’être un débutant dans le monde du cinéma. Il fait ses classes à la Fémis, en atelier scénario en 2012. Par la suite, il passe pas mal de temps à écrire pour beaucoup de courts-métrages et de téléfilms. En même temps de cela, il commence à réaliser en 2012 avec un premier essai qui remportera plusieurs prix. Puis de fil en aiguille, Nicolas Pleskof arrive à convaincre et ainsi, il va pouvoir réaliser son premier. Un premier film tourné dans des conditions particulières, puisqu’il a été tourné pendant le premier confinement.

Un look résolument rétro, une fiction qui oscille avec habileté entre l’enquête et la comédie, un meurtre dont il faut trouver le coupable, une famille des plus étranges, et un manoir en guise de table d’enquête, voici donc le programme de ce premier film ambitieux signé Nicolas Pleskof. Amusant, divertissant et prenant, « Murder Party » se pose comme une bonne surprise en proposant une intrigue qui est une sorte de Cluedo géant où tout est possible. Après, cela reste aussi un premier film avec son lot de maladresses, son lot de facilités et de raccourcis.

Jeanne est architecte et avec son agence, elle vient de répondre à un appel d’offres pour renouveler le Manoir de César Daguerre, un magnat du jeu de société. À son arrivée, la jeune femme découvre une famille pour le moins étrange, qui organise des murder party grandeur nature à l’intérieur des murs de l’immense demeure. Or, cette murder party qui a commencé comme un jeu prend un tout autre tournant quand César, le patriarche, est retrouvé assassiné. Un assassinat revendiqué de manière anonyme pour l’un des convives, qui impose dès lors une murder party, où les joueurs doivent trouver le couple, et risquer leur vie.

On ne savait pas vraiment à quoi s’attendre avec ce premier film qui avait l’air de se poser comme un « À couteaux tirés » à la française. Franchement, entre son affiche, le meurtre du patriarche, et son enquête dans un manoir, on pouvait craindre que Nicolas Pleskof ait « pompé » à gogo le film de Rian Johnson. Or, si « Murder Party » aura bien quelques similitudes, la ressemblance s’arrête là, et c’est une intrigue originale, et plutôt bien fichue, que nous offre là le réalisateur. Mélangeant les genres, « Murder Party » est un film qui tient une bonne idée et qui arrive, à travers un scénario qui a ses bons et ses mauvais côtés, à bien développer tout ça, et surtout nous entraîne dans son enquête, cherchant le coupable parmi tous ces personnages, qui ont bien sûr tous des motivations pour supprimer le patriarche.

Écrit à quatre mains, « Murder Party » est une intrigue tient son suspens et qui nous réserve tout un tas de surprises. Nicolas Pleskof et sa scénariste s’amusent avec cette histoire qui, raison gardée, résonne comme terriblement tirée par les cheveux. Il faut dire qu’avec cette intrigue autour d’un homme, patron d’une entreprise de jeux de société qui a pignon sur rue, et tous ces personnages hauts en couleurs, Nicolas Pleskof et Elsa Marpeau sont partis bien loin, assumant tous les rebondissements, le portait de famille bordeline, et les délires qu’on peut trouver au sein de cette enquête. Des délires qui bien souvent sont bons, mais d’autres fois, on ne peut nier aussi que le trait est tellement grossi, que le film a une tendance à faire dans le ridicule et la mauvaise farce.

D’ailleurs, si l’enquête et le côté thriller décalé inspiré des années 50 et 60 est bon, le film se rate un peu (tout n’est pas écorché nous plus et il y a de bons moments très drôles) quand il fait de la comédie. Certes, il assume totalement son ridicule et c’est ce qui rend le film touchant dans l’ensemble. On sent bien que son réalisateur et ses comédiens s’amusent et face à ce que la comédie française est capable d’offrir, finalement, malgré ses traits, il y a de l’écriture, il y a une vraie envie de cinéma, il y a une idée et concept et « Murder Party » arrive à convaincre avec facilité.

Si le film nous emporte aussi, c’est grâce à son casting qui se donne totalement. Alors oui, beaucoup des personnages sonnent au départ comme des stéréotypes, mais les comédiens s’amusent tant qu’ils finissent par nous communiquer cette énergie. « Murder Party« , au sein de ses personnages, est un film qui fonctionne en duo et il nous en offre de sympathiques, comme ceux composés de Sarah Stern (qui est complétement délirante, c’est à coup sûr le personnage le plus drôle du film et la comédienne n’hésite pas une seconde) et Gustave Kervern, ou celui que composent d’Alice Pol et Pablo Pauly. À noter, dans les déceptions, un Eddy Mitchell et une Zabou Breitman assez peu présents.

Enfin, comme on le disait plus haut, « Murder Party » est un film qui est résolument rétro, et alors que l’intrigue se passe à notre époque, Nicolas Pleskof s’est amusé à nous livrer un film qui puise dans les années 50 t 60, citant et rappelant aussi bien Hitchcock que des films de Wes Anderson ou encore le « 8 femmes » d’Ozon. Pour réussir cela, le metteur en scène livre une réalisation qui tient de bonnes idées et derrière ça, il livre un film qui tient de très beaux décors (qui sont parfois aussi très drôles), des costumes aussi élégants que caricaturaux et enfin une BO typiquement Hitchcockienne signée par Amaury Chatauby. Une BO si présente qu’elle est un personnage à elle seule et un véritable régal à écouter seule.

Ce premier film pour Nicolas Pleskof sonne donc comme une petite réussite. Certes, tout n’est pas incroyable, et le film en lui-même aurait pu être bien mieux, mais il reste entraînant, surprenant, avec de l’ambition, des références, et surtout, il tient la route avec cette intrigue assez ubuesque qui pourtant fonctionne. On pourrait retenir et reprocher le côté quelque peu raté de sa comédie, on pourrait lui reprocher les traits grossis de ses personnages, certaines ficelles de son scénario qui font accepter trop vite les faits, mais finalement, on s’est laissé embarquer dans ce Cluedo à taille de manoir et l’ensemble fut divertissant, tenant plus de bons côtés que de mauvais, ce qui en a fait une petite et bonne surprise.

Note : 14/20

Par Cinéted

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