septembre 27, 2022

I Origins

De : Mike Cahill

Avec Michael Pitt, Brit Marling, Steven Yeun, Astrid Bergès-Frisbey

Année : 2014

Pays : Etats-Unis

Genre : Drame, Science-Fiction

Résumé :

Sur le point de faire une découverte scientifique, un médecin part en Inde à la recherche d’une jeune fille qui pourrait confirmer ou infirmer sa théorie. Le film retrace le voyage incroyable qui va relier des individus totalement différents, et prouver que la science et les sentiments ne sont pas deux univers séparés…

Avis :

Les recherches scientifiques ont toujours passionné les scénaristes et les metteurs en scène. On en retrouve dans tous les genres, même si, bien évidemment, la science-fiction a une place de choix, à côté de l’horreur et des expériences qui tournent mal. Mike Cahill, réalisateur américain, trouve son inspiration non pas dans les recherches scientifiques, mais plutôt dans les scientifiques en eux-mêmes. Le personnage torturé du scientifique passionné l’obnubile, à un tel point que chacun de ses films parlent de science et de scientifiques. Parmi ses œuvres les plus connues et reconnues, il y a I Origins. Ici, le point de départ se trouve en Ian Gray, un chercheur qui veut prouver la non existence de Dieu en prouvant que l’on peut créer un œil de toute pièce sur une créature aveugle. Car, visiblement, l’œil est le seul rempart entre la spiritualité et les sciences.

Un début laborieux

Le film de Mike Cahill débute avec une galerie d’yeux, avant de mettre en avant un jeune chercheur dans une fête, qui va faire l’amour à une inconnue et lui prendre en photo ses yeux. Obsédé par cette jeune femme, il va coupler son travail avec sa recherche, utilisant d’un côté des gènes pour donner la vue à une espèce de ver aveugle, et de l’autre utilisant les yeux de la femme pour la retrouver. Après des recherches bordéliques et un sacré coup du destin, Ian Gray va retrouver sa belle avec qui il va nouer un amour idyllique. Un amour parfait, loufoque, insouciant et tendre. Ainsi donc, tout le premier segment du film parle d’amour et de recherches scientifiques, essayant de créer une sorte de distance entre deux mondes presque incompatibles, les sciences et la spiritualité, voire la religion.

Cette distance va être symboliser par les recherches effectuées. Ian joue à Dieu avec sa partenaire de laboratoire, octroyant la vue à des animaux qui en sont dénués de par leur génome. Cela va lui coûter presque la vue, lorsqu’il se prend du formol dans les yeux et qu’il va être aveuglé pendant une journée entière. Mais ce n’est pas tout, cette dichotomie est aussi présentée par deux jeunes femmes que tout oppose et qui gravitent autour du docteur. La scientifique, très cartésienne, et l’artiste, délurée et pleine de joie, figure d’une spiritualité très prégnante. Il va y avoir une sorte de rivalité amoureuse qui va trouver une issue tragique. Cette première partie est plutôt intéressante dans son fond, mais elle manque cruellement de panache. La mise en scène est trop simple, et surtout, on est noyé sur l’amas d’informations qui nous arrivent dessus.

Dans les yeux

Dès le début, le film veut marquer sa différence avec des rapports scientifiques très rigoureux et une approche assez rigide de l’expérimentation. En grands renforts de citations et d’explications plus ou moins vraisemblables, on reste perplexe face aux choix narratifs du cinéaste, qui nous met face à une mise en scène clinique et dénuée de sentiments. Pourtant, la relation amoureuse passionnelle est présente, et on sent, au détour du drame de milieu de film, que tout cela veut nous bousculer. Fort heureusement, la deuxième et la troisième partie du film nous feront le plus grand bien. On se retrouve donc sept ans plus tard. Les travaux du docteur Gray apporte des éléments de réponse sur la création des yeux et mettent en doute les piliers religieux. En couple avec son ancienne assistante, il file le parfait amour, jusqu’à l’arrivée de son bébé et un test oculaire qui le laisse perplexe.

Là, le film délaisse l’aspect passionnel pour aller vers quelque chose de plus simple, mais qui attise notre curiosité, le thriller. Le personnage principal, aidé de sa femme, va mener une enquête autour d’une expérimentation qu’ils trouvent biaisée et qui a un rapport avec les yeux. Après moults recherches, le docteur et sa femme voient leur théorie ébranlée par une découverte étrange, les yeux ne semblent pas uniques et ils pourraient être le symbole d’une réincarnation. Ainsi, Mike Cahill met en doute la thèse scientifique, au profit d’une croyance mystique qui pourrait vraiment exister. Pour cela, le film bascule donc dans une enquête et une recherche en Inde, où tous nos sens seront en alerte, touchant finalement plus que la relation amoureuse du début. Car oui, la recherche de l’être aimé disparu prend le pas sur le reste, et c’est beau.

A la recherche de l’âme perdue

Le dernier tiers du film noue avec les deux premiers segments. Sans tomber dans l’histoire d’amour qui bouffe tout, on va trouver un écho à cela avec la présence d’une petite fille qui va raviver des souvenirs chez le personnage principal. On retrouvera donc une histoire bouleversante qui va nous mettre en émoi, et cela est parfaitement rodé avec l’aspect enquête/thriller qui prend le dessus dans la deuxième partie. C’est plutôt bien fichu et le film a l’intelligence de terminer sur une note percutante, bousculant les idées reçues sur la science et la théologie. Mike Cahill joue au plus malin et ça marche, donnant un second souffle à son film, qui en avait terriblement besoin. C’est d’ailleurs ce final qui redressera la barre, évacuant tout ennui et prônant une mise en scène simple, sobre, qui sied parfaitement aux sentiments évoqués.

Au final, I Origins est un film qui souffle le chaud et le froid. Le démarrage est lancinant, voire pénible, et il n’arrive pas vraiment à nous charmer avec cette histoire d’amour passionnée qui n’est pas vraiment crédible. Fort heureusement, le film se rattrape sur ses deux dernières parties, offrant une réflexion intelligente autour des sciences et des croyances, sans jamais mettre en exergue un combat futile et inutile. Il reste donc un film intéressant à plus d’un titre, mais qui manque peut-être d’une mise en scène plus inspirée pour mieux nous toucher, et nous percuter.

Note : 13/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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