mai 24, 2022

Midnight Diner – Tokyo Stories Saison 1

D’Après une Idée de : Joji Matsuoka

Avec Kaoru Kobayashi, Joe Odagiri, Yutaka Matsushige, Tomoko Tabata

Pays : Japon

Nombre d’Episodes : 10

Genre : Drame

Résumé :

Réunis autour de plats préparés avec amour, les clients et le chef d’une gargote tokyoïte sans éclat établissent peu à peu des connexions simples, mais profondes.

Avis :

Joji Matsuoka est un réalisateur japonais qui a débuté sa carrière dans la publicité au début des années 80. Il passe au long-métrage dès 1990, et s’il se fait connaître au Japon, chez nous, il demeure relativement discret, pour ne pas dire anonyme tant ses films et ses séries ont bien du mal à arriver jusqu’à nous. Après une belle carrière au cinéma, en 2009, il décide d’adapter en série télé le manga  » Shinya Shokudō » et c’est là, où ça se complique. Entre 2009 et 2014, la série retitrée « Midnight Diner » sera composée de trois saisons de dix épisodes chacune. Trouvant un joli succès, Netflix rachètera la série pour la diffuser à l’étranger et à la place de diffuser le « Midnight Diner » original, Netflix va produire une saison quatre et une cinq, mais la plateforme va vendre ces saisons comme une saison un et une saison deux. Étrange, très étrange…

Ainsi donc je me suis lancé dans cette saison 1.4 de « Midnight Diner« , rebaptisée pour l’occasion « Midnight Diner : Tokyo Stories » et ses dix épisodes d’une trentaine de minutes chacun se sont posés comme un ravissement. « Midnight Diner : Tokyo Stories » est une série qui fait du bien, beaucoup de bien. Posé sur un concept original, tissant petit à petit en toute discrétion un lien entre les épisodes qui raconteront chacun des histoires à travers le portrait d’un personnage, la série de Joji Matsuoka permet de décrocher un peu de la réalité. On se laisse embarquer dans un monde bienveillant, peuplé de personnages attachants, d’histoires plus ou moins touchantes ou amusantes et derrière ça, cette série, comme on peut l’imaginer, donne furieusement envie de goûter à toutes les saveurs que ce Maître Japonais peut préparer pour le bon plaisir de ses clients nocturnes.

Quand les gens finissent leur journée et rentrent chez eux, je commence la mienne. Mon restaurant est ouvert de minuit à sept heures du matin. On l’appelle le « Midnight Diner ». Ai-je seulement des clients ? Plus que vous ne le pensez.

Sublime et tellement apaisante, cette première saison de « Midnight Diner … » est une petite merveille qui me fait me rappeler que pour ces petits programmes venus d’ailleurs, Netflix c’est quand même très bien. « Midnight Diner : Tokyo Stories« , c’est un moment de partage entre ce maître cuisinier, ses clients et nous, public, qui nous invitons discrètement à leur table et dans leur vie. Comme je le disais plus haut, la série de Joji Matsuoka est basée sur dix épisodes et pour chacun d’eux, à travers un plat que va commander un client, « Midnight Diner … » va s’aventurer dans la vie de ce dernier. La série sera tour à tour amusante ou touchante, avec de petites histoires d’amour, d’amitié, de famille, mais aussi de travail et parfois même des sujets très étonnants qu’on n’a clairement pas l’habitude de voir dans le cinéma japonais. Joji Matsuoka fait très simple, très intime même, et c’est ce qui fait la force et le charme de cette série qui ne ressemble à aucune autre.

Avec ces portraits, avec ces personnages et leurs petites ou grosses histoires, avec ces plats aussi divinement cuisinés, « Midnight Diner … » se pose aussi comme une source de culture. Ici, on découvre la société japonaise comme rarement on avait pu la voir à travers le cinéma japonais. Il y a quelque chose de véridique et de pudique à la fois qui se dégage de cette série. À travers tous ces personnages, la série donne l’envie de voyager et de découvrir ce pays qui a tout l’air d’être à nul autre pareil. De plus, les différents scénarios n’offrent jamais réellement quelque chose de dramatique dans les intrigues. Il y a toujours un élément qui fera du bien, qui nous fera sourire et cette magie, elle commence dès le générique, qui se pose dès lors comme l’une des plus simples et plus beaux génériques qu’on ait pu voir dans une série. D’emblée, il se passe quelque chose et au fond de nous, on sait qu’on se lance dans une petite pépite.

Outre le fait que la série tienne des histoires terribles, ce qui fait aussi le charme de la série, c’est la façon dont elle est pensée et réalisée par Joji Matsuoka. « Midnight Diner : Tokyo Stories« , c’est des tranches de vie, où l’intime a une place essentielle. La série n’est qu’intimité. Une intimité qu’on trouve au travers de ce lieu, ce tout petit restaurant perdu dans une toute petite rue. Une intimité qui se trouve dans la façon d’aborder ses personnages et leur histoire. Ou encore une intimité dans la façon que la série a de nous présenter et étoffer son personnage principal. Oui, si l’on regarde bien, Joji Matsuoka nous offre toujours de petits indices et de petites répliques qui ont l’air de rien et pourtant elles en disent beaucoup. Pour rester dans l’intime, la série jouit aussi d’une réalisation chaleureuse, où ambiance et musique y font très bon ménage.

Puis enfin, il y a tous ces personnages, qui y feront des apparitions plus ou moins longues. Tous ces personnages sont génialement tenus par des acteurs japonais qu’on se plaît à découvrir. Et finalement, le seul regret qu’on puisse avoir, c’est le fait qu’on ne passe pas assez de temps en compagnie de ces personnages. La série nous les présente et pour beaucoup, comme un client dans un restaurant, ils ne seront que de passage. Heureusement, il nous reste le personnage principal, The Master, qui est incroyable et paisible, tenu par Kaoru Kobayashi. Franchement, cet acteur est incroyable, et on aurait envie de le suivre partout, et même le regarder cuisiner pendant des heures. D’ailleurs, en parlant de cuisine, cette série est une torture, tant la réalisation nous fera presque sentir les saveurs de ces mets cuisinés avec passion et simplicité.

Cette première saison de « Midnight Diner : Tokyo Stories » est donc une merveille et ces dix épisodes s’enchaînent à une vitesse folle. On en ressort alors en pleine plénitude, l’esprit ailleurs, bourré de culture. Chaque épisode, chaque portrait et chaque personnage passent bien trop vite, un peu comme une rencontre au hasard l’espace d’un dîner au bar d’un restaurant. C’est fugace, on entre aussi vite qu’on sort de la vie de ces personnages, et même s’il y a une certaine frustration qui peut jaillir de tout cela, c’est aussi ce qui en fait le charme. Bref, il fallait la débusquer cette série Netflix, car elle n’est pas mise en avant, et c’est vraiment dommage, car elle mériterait autant de lumière que bien des programmes que la plateforme nous vend comme des succès.

Note : 18/20

Par Cinéted

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