mai 17, 2021

Dead End

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De : Jean-Baptiste Andrea et Fabrice Canepa

Avec Ray Wise, Mick Cain, Lin Shaye, Alexandra Holden

Année: 2003

Pays: France, Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

A la veille des fêtes de Noël, Frank et sa famille se rendent en voiture chez les parents de sa femme pour y passer le réveillon. Mais le père a le malheur de prendre un raccourci. Sur leur route, ils croisent bientôt une femme en blanc, qui augure de mauvais présages…

Avis:

Les films de genre français ont toujours eu une mauvaise réputation dans notre pays, alors que dans d’autres contrées, c’est tout le contraire. Du coup, bon nombre de réalisateurs de talent se sont expatriés aux States pour pouvoir faire leurs films qu’ils avaient envie avec d’un côté un bon pack de bières et de l’autre un gigantesque bidon d’hémoglobine de synthèse (du sirop de framboise en gros). C’est le cas pour Alexandre Aja (la colline a des yeux), Pascal Laugier (Martyrs), Franck Khalfoun (2ème sous-sol) et c’est aussi le cas en 2003 avec Jean-Baptiste Andrea et Fabrice Canepa qui signe ce Dead End, film minimaliste, mais foutrement efficace. Alors qu’est-ce qui fait la différence entre un film français couillu et un film américain plein de moyens? La french touch est-elle plus imaginative que le gros blockbuster bien gras américain? Je ne sais pas, mais en tous les cas, Dead End remplit son contrat facilement, alors qu’il se contente d’un décor et de six acteurs le long d’une route entourée d’arbres.

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Boire ou choisir, il faut conduire… euh, non, Boire ou boire il faut conduire… toujours pas, boire ou boire il faut boire, c’est ça!

Mais quel peut bien être le scénario d’un film se déroulant sur une petite route de campagne? Et c’est à la fois assez compliqué et relativement simple. D’ailleurs, il va être très difficile d’en parler sans dévoiler la surprise finale. En gros, une famille doit se rendre chez une parente pour Noël. Le mari décide alors de prendre une autre route que d’habitude et s’endort au volant. Il manque un accident et continue finalement son chemin. Puis au bout d’un moment, ils croisent une femme toute de blanc vêtue avec son bébé qu’ils embarquent à bord. Sauf que la demoiselle est inquiétante et que les protagonistes vont disparaître les uns après les autres, enfermés dans le coffre d’un corbillard noir qu’il est impossible de rattraper. Cela peut paraître assez déroutant et invraisemblable, mais il ne faut pas oublier que le cinéma d’horreur est le cinéma le plus inventif et que c’est là-dedans que l’on trouve les meilleurs idées. Du coup, avec des moyens plus que limités, les deux réalisateurs font un travail de très bonne qualité, notamment au niveau du scénario.

Mais le point fort du film, c’est l’ambiance angoissante et oppressante qui s’en dégage. La noirceur de la route est très bien rendue pour plusieurs raisons. La première est sa longueur rectiligne presque infinie que l’on nous propose de voir en vue du ciel. On a une sensation d’infini et de profondeur qui fait froid dans le dos. Ensuite, il s’agit d’une route bordée de forêts de chaque côté, ce qui ajoute le côté isolement et point de non-retour. Enfin, le fait qu’il n’y ait personne sur cette route et que ce soit la nuit noire renforce encore une fois la sensation d’être esseulé au fin fond du monde. Donc, au niveau de l’ambiance, on est bien servi et pour pas cher. Ce film est la preuve vivante que l’on peut faire des ambiances angoissantes et stressantes avec très peu de moyens. Surtout que les deux compères utilisent parfois plusieurs fois le même plan pour servir l’histoire du scénario et rendre cette route encore plus mystérieuse et stressante.

Au niveau des acteurs, il n’y a pas grand monde de bien connu, mais il faut dire que toute cette petite troupe joue assez bien et c’est tant mieux. En effet, il aurait été dommage de gâcher une si bonne ambiance à cause d’acteurs médiocres ou mal dirigés. En tête de liste, on retrouve Ray Wise, acteur assez connu pour différents rôles et des apparitions récurrentes dans un très grand nombre de séries. Il joue ici le père de famille, à la fois détestable, drôle et protecteur, il incarne à lui tout seul la réussite du casting. L’actrice jouant sa femme reste assez crédible et plutôt drôle quand elle pète un câble, mais on sent parfois un léger surjeu assez désagréable. Son fils, un sale connard pensant à se branler dans les bois et à fumer un pétard, est bien incarné par Mick Cain et il fait plus rire qu’autre chose. Enfin, la fille, héroïne de l’histoire est bien campée et justement interprétée. On notera tout de même l’actrice jouant la dame blanche qui reste assez inquiétante et qui tient très bien son rôle, notamment avec son bébé ensanglanté.

Là où l’on sent que le budget a dû être serré, c’est au niveau des effets gores. Ils sont peu nombreux et concernent uniquement du maquillage. A chaque arrêt, quelqu’un se fait dézinguer la gueule, il part dans le corbillard et son corps est retrouvé un peu plus loin. Mais on ne voit pas le corps. Bien souvent, on voit les réactions des personnages encore vivants de la vue du cadavre. Alors bien évidemment, on va voir une oreille arrachée ou une main déchiquetée, mais pas de gros effet gores qui tâchent et pourtant ça fonctionne relativement bien. Il faut dire qu’avec une bonne ambiance et des effets suggérés, si c’est bien maîtrisé, ça passe mieux, et c’est le cas avec ce métrage. La fin reste assez surprenante, même si pour ma part, j’avais deviné le dénouement bien avant. En effet, si vous êtes rompus aux films d’horreur incluant du fantastique, alors vous ne serez pas dépaysé. D’ailleurs, le film m’a fait penser à Reeker ou Farm House dans le même genre de film.

Brads body

Tiens, un lecteur de critique, tu le sens mon bout de bâton là?

Au final, Dead End est un bon film d’horreur comme on en fait moins. Pas d’éclats, pas d’effets clinquants, pas de bling-bling pour un rendu sympathique et très angoissant. Ce métrage est l’exemple même de ce que l’on peut faire de mieux avec un budget minime et qui pourtant fonctionne très bien. De bons acteurs, un scénario intriguant et solide et un final attendu pour moi mais surement pas pour tout le monde, Dead End ravira un grand nombre d’amateurs de sensations fortes. Bref, un film mélangeant habilement fantastique, mythe de la dame blanche et horreur, avec un humour noir décapant et une ambiance sombre renforçant un sentiment d’isolement presque claustrophobique. Je conseille donc.

Note: 15/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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