décembre 10, 2022

Blood Trails

De : Robert Krause

Avec Rebecca Palmer, Ben Price, Tom Frederic, J.J. Straub

Année : 2006

Pays : Allemagne

Genre : Horreur

Résumé :

Anne, coursière à vélo, grille un feu rouge sous les yeux de Chris, un policier. Ce dernier parvient à la rattraper et séduit la jeune femme. Rongée par le remords, elle propose à son petit ami un week-end romantique en pleine montagne. Mais dès leur première balade à vélo, Chris fait son apparition et poursuit le couple. Une course mortelle commence alors…

Avis :

Il est des choses incompréhensibles dans l’évolution de l’art et dans sa transmission. L’exemple le plus flagrant reste celui de la science-fiction, puisqu’à la base, on doit les plus grands récits à Jules Verne et les premières expérimentations à Georges Méliès, deux français. Aujourd’hui, la science-fiction est partie voir si l’herbe était plus verte ailleurs, surtout dans le domaine du cinéma, où Hollywood est devenue la Terre Sainte pour ce genre. En Allemagne, il en va de même pour le cinéma d’horreur. Rappelons que dans les années 20, on doit à certains réalisateurs des films expressionnistes impressionnants, à la manière d’un Nosferatu ou du Cabinet du Dr. Caligari. Et aujourd’hui, il ne reste plus grand-chose à se mettre sous la dent, si ce n’est des navets à la manière d’un Blood Trails. Attention, il y a de très bons films d’horreur allemands, mais pas celui-là, et on va voir pourquoi.

Pédale dure

Anne est une jeune femme qui est coursière à vélo. Un beau jour, elle grille un feu rouge et se fait arrêter par un gendarme très avenant. Après une histoire de coucherie qui se passe mal, Anne a toutes les peines du monde pour renouer le contact avec son petit copain. Pour se retrouver, les deux tourtereaux partent à la montagne pour faire du vélo. Manque de bol, le flic violent est là, et il ne compte pas laisser Anne tranquille. Blood Trails est donc un survival en milieu hostile. On va y voir une jeune femme en détresse, qui va se faire poursuivre par un maniaque qui semble connaître la montagne comme sa poche. Après avoir zigouillé son petit copain, ce tueur va traquer sans relâche Anne, qui va devoir fuir. Le film de Robert Krause va alors accumuler toutes les tares du film d’horreur lambda sans intérêt.

L’intérêt principal du film se trouve dans son titre et sans cette volonté de montrer une traque à vélo, sur des sentiers escarpés. Avec une caméra qui suit au plus près les roues des VTT, on pourrait croire que le film va être dynamique et nous en mettre plein la vue, mais c’est se fourrer le doigt dans l’œil jusqu’au coude. Le réalisateur n’a pas vraiment d’idées de ce qu’il doit montrer ou non, alternant alors des phases lentes et sans intérêt, avec des phases hystériques, et sans intérêt aussi. Anne passe son temps à fuir, à pied ou à vélo, et à beugler comme une malade sans que cela ne fasse le moindre effet. De ce fait, difficile d’instaurer un climat angoissant dans un milieu qui file à toute vitesse et rien ne prend le temps de se poser pour raconter au moins quelque chose d’intéressant.

Reconstruction/Destruction

Malgré une technique très faible et aucun joli plan, on pourrait se rattacher au scénario et à ce qu’il veut nous raconter. Se la jouant cinéma d’auteur, le cinéaste floute volontairement son introduction, avec un montage éclaté et une jeune femme mutique qui s’enferme dans son problème. On va alors comprendre de quoi il s’agit, mais comme on est un peu des naïfs, il faut bien évidemment un moment pour tout nous raconter. Cela ne sert à rien, et prouve bien le manque de confiance qu’a le réalisateur sur son montage, ayant peur que son public ne comprenne pas le fin mot de l’histoire. Une histoire qui n’a aucune profondeur, portée par un bad guy aussi charismatique qu’un bulot. Et c’est bien là tout le problème du métrage, qui tente de faire intelligent dans le portrait de sa victime, mais qui rate tout ce qu’il entreprend.

Ici, nous sommes clairement dans une étape de reconstruction d’une femme qui a répondu à ses instincts sans réfléchir aux conséquences. Elle essaye de se faire pardonner, mais aussi de se pardonner à elle-même. Manque de bol, elle a couché avec un taré psychotique qui semble être tombé amoureux d’elle. Cette reconstruction va alors virer au cauchemar, jusqu’à une révélation finale qui ne fera pas monter la sauce, bien au contraire. Ici, Robert Krause propose un portrait sans aucune ambiguïté sur un personnage détestable du début à la fin. Un tueur tout ce qu’il y a de plus lambda et qui trouve une forme de jouissance en regardant les gens mourir lentement. Etant donné qu’il trouve qu’Anne a une furieuse envie de vivre, il décide alors d’en profiter pour la pousser dans ses retranchements. Ce qui aurait pu être simple et donc efficace, s’avère débile et sans aucun intérêt.

François Pignon

Blood Trails n’a vraiment pas grand-chose pour lui. Entre son héroïne insupportable et mutique et son tueur à la ramasse, on se retrouve face à un jeu de massacre fainéant au possible. Pour preuve, les quelques morts sont expédiés avec quelques coups de couteau ou en hors-champs avec des effets gores qui sont passables, mais qui ne servent à rien. On sent que le budget fut limité et que tout n’a pas pu être montré. Mais le pire dans tout ça réside dans une fin qui s’éternise, qui est filmé avec le cul et qui n’apporte aucune sensation particulière. On aurait pu croire un virage vers le torture-porn, mais il n’en sera rien, le tout allant très vite pour un résultat médiocre. D’autant plus médiocre que le plan final est une purge à lui tout seul. Et comme se remettre de cette mort à l’aide des pignons du vélo…

Au final, Blood Trails est une immonde daube. Le réalisateur allemand propose un film d’horreur qui n’a vraiment rien à dire et rien à montrer. D’une laideur sans nom dans sa mise en scène et son éclairage, le film ne raconte rien de bien folichon et s’octroie même le droit de mettre en avant un méchant en carton dont les motivations sont ridicules. Bref, un film d’horreur sans budget des années 2000, avec une musique électro de cette époque, qui pique encore plus les yeux aujourd’hui.

Note : 03/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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