janvier 28, 2022

The Last Son – Chasse aux Fils

De : Tim Sutton

Avec Machine Gun Kelly, Sam Worthington, Heather Graham, Thomas Jane

Année : 2021

Pays : Etats-Unis

Genre : Western

Résumé :

Sierra Nevada, à la fin du XIXème siècle. Un hors-la-loi vieillissant et repenti est convaincu que le mal coule dans ses veines et celles de ses descendants. Il part alors retrouver, Cal, sa progéniture afin de le tuer…

Avis :

Auteur presque inconnu chez nous, Tim Sutton est un cinéaste qui a commencé à exercer au début des années 2010. Enseignant, métier qu’il exerce encore aujourd’hui à Brooklyn, c’est à travers les festivals que Tim Sutton a commencé à se faire une belle réputation. Sélectionné à Berlin, Venise ou encore Toronto, chacun de ses films a fait gentiment parler de lui. Si Tim Sutton a commencé assez tard sa carrière de réalisateur, une fois lancé, le metteur en scène n’aura pas perdu de temps, puisque « The Last Son » est son sixième film en moins de dix ans de carrière.

Après s’être intéressé à plein d’univers différents, pendant le premier confinement, Tim Sutton s’est vu proposer le scénario d’un western, genre auquel il n’avait jamais pensé. Écrit depuis plus de dix ans, « The Last Son » est un film qui plaisait sur le papier, mais qui malgré ça, a eu beaucoup de mal à trouver ses financements et au-delà de ça, un réalisateur pour le diriger. Quand Sutton tient le scénario entre ses mains, il sait qu’il tient une petite bombe et se lance alors dedans à corps perdu et il a parfaitement eu raison, car « The Last Son » est bel et bien une bombe. Sutton livre là un film âpre, prenant, d’une grande violence et d’une grande noirceur, et l’on en ressort percuté.

Sierra Nevada, à la fin du XIXe siècle, LeMay est victime d’une prophétie lancée par des Cheyennes. Cette dernière dit qu’il mourra par la main de l’un de ses enfants. LeMay, ne pouvant se résoudre à ce destin macabre, décide alors de supprimer ses descendants. Et alors qu’il traque ses gosses, des événements se sont mis en place et qui vont peut-être bien l’emmener vers ce terrible destin qu’il refuse à tout prix.

Et bien en voilà une bien belle surprise. Tim Sutton qui passe par la case du western, franchement cette idée me donnait très envie et alors que je pensais trouver un petit film des plus sympathiques à suivre, le réalisateur livre là une bombe qui n’est pas près de me quitter.

« The Last Son« , c’est tout d’abord un immense plaisir avec ce scénario qui est d’une originalité et d’une dureté tout ce qu’il y a de plus « happant » et passionnant. L’histoire que nous raconte là Tim Sutton est d’une noirceur absolue, puisqu’on parle bel et bien d’un père qui a décidé de faire la peau à tous ses gosses afin de s’assurer un avenir. Découpé en plusieurs chapitres, Tim Sutton va au départ nous présenter ses personnages afin qu’on les découvre et qu’étrangement, on s’y attache. Avec cette histoire, même si on pourra reprocher au réalisateur de couper une certaine forme de suspens, on sera ravi de voir le film gagner en profondeur et en saveur.

Comme je le disais, l’intrigue de « The Last Son » est dure, mais elle est aussi très intéressante dans son fond et dans ce qu’elle décrit et propose de suivre. « The Last Son« , c’est aussi bien un film qui parle d’une époque, qu’un film qui aborde la perte de l’innocence, ou encore un film qui aborde la désillusion des colons, qui découvrent une Amérique où la loi du plus fort, voire même du plus fou, est religion. Tim Sutton montre bien la culture de l’arme à feu et l’autodéfense. De plus, à travers les chapitres de cette histoire, le scénario emploie très bien les codes du western, et s’en amuse même, livrant des clichés ou des récurrences du genre. Mais ici, sous l’œil de Sutton, ces clichés et autres sont toujours très bien employés.

Il est difficile de faire un western en 2020 et encore plus un western qui a l’envie et la tronche que livre Tim Sutton. « The Last Son« , dans sa mise en scène, est un film qui ne fait pas dans le bavardage. Non, Sutton nous entraîne dans un film d’une grande violence, qui ne faiblit jamais. Dur, sombre, tout en dégageant un brin de poésie parfois, « The Last Son » est fou, et au-delà de ça, il est passionnant à suivre. Surprenant par sa radicalité, surprenant dans sa prévisibilité, ce qui peut même être un vrai tour de force, Tim Sutton livre là une grande messe à coups de colts, de fureur, de vengeance et de sang. Puis cette messe est d’autant plus belle qu’elle est parcourue par une BO Superbe.

Enfin, dernier point étonnant, son casting, que Tim Sutton iconise à chaque instant. Ce casting envoie du lourd comme on dit trop facilement aujourd’hui. Ainsi, Sam Worthington est terrifiant dans la peau de ce père assoiffé de sang. Un père qui peut s’apparenter au diable et ce dernier a comme descendance un autre diable, qui est tenu par Machine Gun Kelly. Le jeune acteur est bluffant de magnétisme. Puis derrière eux, on trouvera un Thomas Jane sobre mais puissant, une Heather Graham sur le retour et excellente en prostituée au grand cœur, et une Emily Marie Palmer en guise de révélation.

Le passage de Tim Sutton au western est donc une réussite totale. Je peux même dire que je n’avais pas vu un western de cet acabit depuis le « Hostiles » de Scott Cooper et le « Brimstone » de Martin Koolhoven. Puissant, sombre, magnifique, terrible au propre comme au figuré, bref, assurément, Tim Sutton a réalisé une bombe !

Note : 17/20

Par Cinéted

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