juin 23, 2024

Phil Campbell and the Bastard Sons – We’re the Bastards

Avis :

Alors âgé de 60 ans, Phil Campbell ne semble pas prêt de reposer sa guitare, et cela même après l’arrêt brutal de Motörhead. De 1984 jusqu’à 2015, il fut le bras droit de Lemmy Kilmister, qui malheureusement nous quitta bien trop tôt. Alors déjà plus ou moins investi dans un projet personnel, Phil Campbell va alors s’entourer de ses trois fils et du chanteur Neil Starr pour former Phil Campbell and the Bastard Sons. Fort de deux albums qui ont plutôt bien fonctionné en 2016 et 2018, c’est avec une rigueur métronomique qu’un troisième opus voit le jour en 2020. Nommé We’re the Bastards, ce troisième effort est dans la droite lignée des précédents, à savoir un Hard très classique, qui oscille constamment entre des références américaines un peu bluesy et des hommages très appuyés à Motörhead. Un bon moment, mais qui manque de prise de risque.

Le skeud débute avec le titre éponyme de l’album. S’appuyant d’entrée de jeu sur un riff lourd du paternel, les fistons suivent tranquillement et Neil Starr porte un chant clair assez simple mais qui fait globalement le taf. La vraie force du morceau est sa construction simple au possible, qui permet de mettre en place un refrain ultra catchy qui rentre immédiatement en tête. Avec ce premier titre, on a déjà un angle d’attaque pour l’album. Des titres simples, pas forcément très longs, mais qui possèdent une énergie communicatrice. On peut citer en vrac Promises are Poison et sa mélodie imparable, Animals et son riff bien gras ou encore Bite my Tongue, un peu plus aérien dans sa mélodie, mais qui se syncope avec des riffs plus graveleux. En arpentant ces morceaux, on retrouve quelque chose de classique, d’authentique, même si on pourra pester contre un certain manque d’innovation.

Au milieu de ces titres, il sera difficile de ne pas y voir des références à Motörhead, surtout dans la rythmique et les sonorités. Oui, n’est pas Lemmy Kilmister qui veut, et forcément, la tonalité claire du chanteur ne peut égaler le grain de feu le chanteur iconique. Le premier que l’on peut qualifier comme tel provient de Son of a Gun et son introduction rapide à la basse. Alors certes, Neil Starr y apporte un soutien plus lisse que l’aurait fait Lemmy, mais au niveau de la rythmique, et même de la durée de la chanson, on retrouve un peu de Motörhead là-dedans. C’est encore plus prégnant quand on aborde Destroyed et son démarrage en trombe. On retrouve aussi un petit côté punk qui s’allie parfaitement aux riffs rapides et saturés. Hate Machine peut aussi avoir des élans « motörheadiens » dans sa démarche et sur certains passages précis.

Dans un troisième temps, on va vite se rendre compte que les anglais s’américanise de plus en plus dans leurs chansons. Dans les compositions les plus longues, on retrouve un esprit très ricain sur la forme. Desert Song par exemple possède des élans Country avec son harmonica et son riff si caractéristique. Le titre est pêchu et fonctionne parfaitement, même si une voix plus grave aurait été la bienvenue. On peut aussi parler de Born to Roam et son démarrage bluesy en diable, qui se sort un peu les doigts avec un riff plus puissant pour contrebalancer une mélodie un peu plan-plan. La réussite de ce morceau réside simplement dans un refrain entêtant à souhait et puissant. Quant à Waves, qui clôture l’album, on retrouve quelque chose d’inédit et d’inattendu. Le groupe nous sort un titre calme et posé, qui s’impose ensuite comme une petite douceur qui fait du bien.

Avec tous ces changements et toutes ces références, on aurait tendance à croire que ce troisième effort de Phil Campbell et ses fistons est une vraie belle réussite, et ce n’est pas tout à fait le cas. Certes, l’album est plutôt bon et on ne va pas bouder notre plaisir. Néanmoins, tout n’est pas rose non plus. A force d’écoute, on va ressentir une certaine lassitude. Cela provient de titres qui se ressemblent sur la structure et d’un manque flagrant de prise de risque. Les morceaux sont bien, mais ils ne marquent pas comme ils le devraient. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’on a l’impression d’avoir entendu certains titres des centaines de fois. Riding Straight to Hell ressemble à n’importe quel titre de Hard Rock random. Lie to Me oublie de se faire plus percutant sur les refrains et les ponts. Bref, tout n’est pas forcément réussi là-dedans.

Au final, We’re the Bastards, le dernier effort en date de Phil Campbell and the Bastard Sons, est un album sympathique, dans la droite lignée des deux opus précédents. Cependant, si le premier avait su créer la surprise, la recette commence à lasser et on sent que le groupe n’arrive pas vraiment à se renouveler. On se retrouve donc avec des morceaux sympathiques, qui feront le taf sur scène, mais qui manquent un peu de piquant et de volonté de travailler un peu plus la forme pour oser aller vers autre chose. Bref, un album agréable, mais qui ne change pas notre manière de percevoir le groupe.

  • We’re the Bastards
  • Son of a Gun
  • Promises are Poison
  • Born to Roam
  • Animals
  • Bite my Tongue
  • Desert Song
  • Keep Your Jacket On
  • Lie to Me
  • Riding Straight to Hell
  • Hate Machine
  • Destroyed
  • Waves

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.