janvier 16, 2022

The Ranger

De : Jennifer Wexler

Avec Chloë Levine, Jeremy Holm, Granit Lahu, Jeremy Pope

Année : 2018

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Un groupe d’ados punks échappe à la police en se cachant dans les bois. Ils sont alors confrontés à un garde forestier armé d’une hache bien décidé à préserver la sérénité de sa forêt. 

Avis :

On le sait tous, le cinéma d’horreur est une formidable porte d’entrée pour de jeunes auteurs. De ce fait, de nombreux premiers films baignent dans le sang et certains grands réalisateurs sont passés par là. Est-ce la logique de Jennifer Wexler ? Pas sûr, car la jeune femme, avant d’aborder The Ranger, avait déjà fait quelques films qui n’ont, malheureusement, pas fait grand bruit. Néanmoins, c’est grâce à ce film qu’elle commence à se faire un nom à l’internationale, et peut-être pas pour les bonnes raisons. Court, punk dans l’âme, mais résolument sans aucune idée nouvelle, The Ranger se classe dans la catégorie des films prometteurs mais qui brassent du vide et ne valent le coup d’œil que pour leur BO énergique. Retour sur un film loupé et qui se veut pourtant généreux.

Promenons-nous dans les bois

Le film débute avec un ranger qui semble un brin dérangé et qui va se faire arrêter car il détient de force une jeune fille de sept ans qui semble paumée. On se retrouve rapidement dix ans plus tard auprès de cette jeune fille qui traine avec un groupe de punks addict à la drogue. Lors d’une soirée en boîte, son ami abat un flic avec un couteau et ce dernier a le temps de décrire son assassin et la jeune fille à sa radio. Plus de choix, la bande se barre dans la cabane de l’oncle de la jeune femme. Sur la route, ils vont croiser le fameux ranger qui est bien décidé à faire justice lui-même. Le pitch est simple, limpide, et rien, absolument rien, ne viendra le faire prendre une autre direction.

The Ranger est un film qui veut aller droit au but, qui ne lambine pas sur la présentation des personnages et qui n’est qu’un prétexte pour fournir des tueries et quelques éclats de sang. Si on peut saluer cette volonté d’assumer son aspect bas du front, le film manque tout de même de subtilité dans ce qu’il raconte. Les relations entre l’héroïne et le méchant sont floues et la révélation finale n’est pas folichonne. Pire, on grille rapidement le twist qui n’apporte aucune saveur. D’ailleurs, même sur la toute fin, on reste sur quelque chose qui n’a pas vraiment de portée symbolique. Le ranger pousse cette jeune femme à sortir ce qu’elle a de pire en elle et son côté meurtrier, violent, ne ressort que par la force des choses et l’envie de rester en vie. C’est du déjà-vu et il n’y a là rien de féministe ou de profond.

Punks sans chien

Si la relation entre le grand méchant et l’héroïne est floue et ne casse pas trois pattes à un canard, il en va de même pour les autres personnages qui ne sont que de la piétaille. On retrouvera d’ailleurs des stéréotypes assez pénibles, avec des protagonistes inutiles et qui sont voués à se faire tuer. On pense bien évidemment au couple homosexuel avec le paumé et le rigolo, mais on peut aussi évoquer la deuxième fille qui se raccroche au wagon sans aucun background, ou encore le boyfriend qui va bien évidemment se faire crever en dernier. En plus d’être des personnages peu intéressants, ils ont aussi des relations toxiques pénibles. On a l’impression de voir de sales gosses qui ne méritent qu’une bonne tarte dans la gueule. Et en un sens, c’est presque jouissif de les voir mourir. Mais où est l’empathie dans tout ça ?

Et c’est bien là tout le problème du film, qui n’arrive à aucun moment à nous faire ressentir quoi que ce soit. Outre le fait que les personnages soient antipathiques, leurs relations à base d’insultes ne permettent pas de les prendre en pitié quand ils se font shooter ou qu’ils font une overdose. Même le bad guy n’a pas vraiment de carrure. Ce ranger, aussi siphonné soit-il, manque de charisme et d’ampleur. Il est mauvais et ne justifie sa posture que par excès de zèle et une volonté animale de renouer avec la nature. C’est léger et ça n’apporte pas vraiment grand-chose au récit. Même sa diatribe sur les fondements de son métier et sa bénédiction par le président Truman ne posent pas de réflexion, si ce n’est un problème temporel qui ne concorde pas avec l’ambiance générale, très 70’s.

Sang intérêt

Si le film n’a que peu d’intérêt dans sa globalité, rejoignant les rangs de ces films de tueur fêlé sans aucune imagination, on peut tout de même trouver quelques bons points. Déjà, les quelques meurtres sont plutôt brutaux et convaincants. On aura droit à notre lot d’hémoglobine avec quelques passages dégueulasses, à l’image de ce pauvre type qui doit s’arracher le pied d’un piège à ours. Certes, c’est du déjà-vu, mais le gros plan fonctionne. On restera dubitatif sur le passage final, dans la cave du ranger, qui n’a rien de sulfureux alors que l’on aurait pu avoir quelque chose de plus sauvage. La fin contient, quant à elle, son moment de joie gorasse et de libération sanglante. On peut aussi citer la BO punk à souhait très énergique et la courte durée du film qui dépasse à peine l’heure et quart. Mais est-ce bien un bon point ?

Au final, The Ranger est un film décevant qui mise beaucoup sur ses atours et très peu sur son fond. Malgré une courte durée permettant d’être efficace, la jeune réalisatrice ne parvient pas à créer un rythme soutenu et des personnages attachants. On se surprend à quelques élans d’ennui lorsque le film enfile les perles pour les mises à mort, même si on aura notre dose de sang. Reste une BO d’enfer et quelques plans qui laissent songer à une cinéaste prometteuse, encore faut-il qu’elle arrive à pondre des sujets plus poignants ou des films plus burlesques dans leur déroulement. Ici, on est sur du bas du front pur jus, sans originalité, sans saveur, sans imagination. Dommage.

Note : 07/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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