décembre 2, 2021

Seize Printemps

De : Suzanne Lindon

Avec Suzanne Lindon, Arnaud Valois, Florence Viala, Frédéric Pierrot

Année : 2021

Pays : France

Genre : Drame, Romance

Résumé :

Suzanne a seize ans. Elle s’ennuie avec les gens de son âge. Tous les jours pour aller au lycée, elle passe devant un théâtre. Elle y rencontre un homme plus vieux qu’elle qui devient son obsession. Grâce à leur différence d’âge, ils pensent ne plus s’ennuyer ensemble et tombent amoureux. Mais Suzanne sent qu’elle risque de passer à côté de sa vie, celle de ses seize ans qu’elle avait tant de mal à vivre comme les autres.

Avis :

Fille de Vincent Lindon et Sandrine Kiberlain, Suzanne Lindon a toujours voulu être comédienne. Mais comment faire quand on est la fille de, et de se sentir légitime sans pour qu’on lui tombe dessus, la pointant du doigt comme privilégiée ? N’osant pas vraiment en parler à ses parents, Suzanne Lindon a alors mûrement réfléchi à son projet et c’est ainsi qu’elle s’est mise à l’âge de quinze ans à écrire sur une adolescente de son âge. L’aventure a donc commencé il y a six ans de cela, et si au départ elle a commencé à écrire afin de jouer dans ce possible film qui, elle l’espérait, serait réalisé par un autre, au fur et à mesure de l’écriture, l’idée et l’envie de mettre en scène s’est fait sentir.

Privilégiée, on ne va pas le nier, une fois son scénario achevé, Suzanne Lindon a eu l’opportunité de mettre en scène ce qu’elle avait en tête. Avec mon envie de tout découvrir, je me suis arrêté sur ce premier film avec énormément de crainte. J’y allais avec curiosité, car j’aime tout particulièrement les premiers films, mais l’idée que ce soit la fille « de » véhiculait des réticences et l’affiche ou la bande-annonce ne m’avaient pas plus convaincu que cela, et pourtant, ce « Seize Printemps » s’est avéré être une très jolie surprise. Un premier film empreint de poésie, de légèreté, voire même d’une certaine naïveté qui fait du bien. Enchanteur, pudique, amoureux, Suzanne Lindon livre une jolie vision d’un premier amour et ça, je ne l’avais pas vu arriver.

Suzanne, seize ans, habite avec ses parents à Paris. La vie de Suzanne n’a rien de franchement incroyable, étant une adolescente sans problème. Toujours les jours, en allant à son lycée, Suzanne passe devant le Théâtre de l’atelier, et elle y remarque Raphaël, un comédien d’une trentaine d’années. Raphaël est beau et dégage quelque chose de fort, et très vite, il devient l’obsession de Suzanne. Puis un jour, Raphaël remarque Suzanne…

Écrit, réalisé et joué par Suzanne Lindon, « Seize Printemps« , c’est la petite pépite pleine de douceur qui arrive en salle. Une petite heure et quart de poésie, de bonne humeur, de tendresse et de légèreté, qui va faire du bien. À l’heure où bien souvent le cinéma se fait politique, où le cinéma doit absolument traiter un sujet et dénoncer telle ou telle chose, et plus particulièrement dans le cinéma d’auteur français, Suzanne Lindon arrive avec un film qui va éviter tout ceci et se concentrer sur une relation et l’éveil d’un sentiment. Le premier amour est quelque chose d’important dans une vie, c’est une étape, c’est un moment attendu qui change bien des choses. Il peut être long, court, intense, fugasse, il peut arriver aussi vite qu’il peut s’en aller. Bref, un premier amour, c’est beau, et sous l’œil et le jeu de Suzanne Lindon, il va être divin.

« Seize Printemps » est un film qui s’arrête sur un bout de vie, un moment précis, une rencontre, celle de Suzanne et Raphaël. Elle a seize ans, il en a trente-cinq, et ce n’est pas le sujet ici. Non, ici, Suzanne Lindon a envie de filmer l’attirance de ces deux personnages, la jeune réalisatrice a envie de raconter ces regards, ces petits effleurements, se flirt aussi platonique qu’il va être intense. Très léger, empreint comme je le disais d’une très belle poésie qui va enlacer chaque instant, avec ce petit bout de cinéma, on se plaît à suivre ces deux personnages hors du temps. Cette histoire, cette rencontre, sera parfois drôle, et d’autres fois touchante dans sa maladresse. Il y aura beaucoup de pudeur qui se dégagera de l’ensemble, et l’on en ressort avec l’envie de tomber poétiquement amoureux. Je ne sais pas si l’on peut dire cela ainsi, mais à la sortie de ce joli film, c’est ce sentiment-là qui me parcourait.

Un sentiment qui est aussi véhiculé grâce à la très jolie composition de ces comédiens, Suzanne Lindon et Arnaud Valois en tête. Ce couple silencieux, qui s’observe et s’effleure, dégage un charme fou. Ils sont beaux ensembles, ils résonnent comme une petite évidence, il y a quelque chose de très solaire qui émane d’eux, et alors que bien souvent, leurs conversations sont limitées, et ne pourraient ne pas être intéressantes, les deux acteurs captivent à tout instant. Du côté des personnages, on se plaira à suivre aussi une jolie relation entre Suzanne Lindon et Frédéric Pierrot qui incarne son père. Une belle relation père/fille qui n’a aucun accro, aucun clash et qui faite de simplicité et d’amour, et ça fait là encore du bien.

« Seize Printemps » est un film qui est très court, une petite heure et quart, et c’est pile ce qu’il fallait pour raconter cette attirance et ce premier amour. Si le film est très joliment filmé, ce qui va étonner principalement et nous emporter, c’est que le film jouit d’une très belle vision de cinéma. Suzanne Lindon a son univers et il se fait sentir dès les premières minutes. Comme je le disais, il y a beaucoup de poésie qui se dégage des images et de l’ambiance, mais si le film n’avait été que poésie, on aurait pu facilement se dire qu’il est avant tout une démonstration, heureusement Suzanne Lindon va plus loin, conjuguant parfaitement sa poésie pour que cette dernière raconte son histoire, ses personnages et cette attirance qui les lie.

Bref, j’étais entré en salle avec des craintes, ayant la peur de trouver le caprice d’une fille de, qui a envie de faire comme papa et maman, sans avoir quelque chose à raconter, et finalement, « Seize Printemps » s’est posé comme une très jolie surprise, et même comme un joli coup de cœur. Simple, beau, solaire, naïf, pudique, et poétique, très poétique. En ce 16 Juin, une fois que vous aurez été voir la suite de « Sans un bruit« , ou le nouveau Guy Ritchie, il y aura quelques films français à aller voir et il serait dommage de passer à côté du premier film de Suzanne Lindon. Pour ma part, j’ai très envie d’y retourner.

Note : 16/20

Par Cinéted

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