juin 24, 2024

Joshua

De : George Ratliff

Avec Sam Rockwell, Vera Farmiga, Jacob Kogan, Celia Weston

Année : 2008

Pays : Etats-Unis

Genre : Thriller, Horreur

Résumé :

Dans leur superbe appartement de l’Upper East Side, Brad et Abby Cairn célèbrent la naissance de leur deuxième enfant, Lily. Joshua, le grand frère, ne voit pas l’arrivée de sa soeur d’un bon oeil. D’une intelligence et d’une précocité rares, sa politesse et son calme apparent contrastent fortement avec son âge et masquent à peine la jalousie viscérale qu’il éprouve envers sa petite soeur.
La vie de famille va peu à peu se fissurer. Entre les pleurs incessants de Lily et les travaux de rénovation de l’immeuble, entre l’étrange dépression postnatale d’Abby et les événements troublants que le couple va vivre, l’existence de rêve de la famille Cairn va virer au cauchemar.
Est-ce le fruit du hasard, d’un redoutable concours de circonstances, ou sont-ils la proie d’un esprit maléfique et machiavélique, celui de Joshua ?

Avis :

George Ratliff n’est pas ce que l’on pourrait appeler un réalisateur très prolifique. Il commence sa carrière avec un documentaire, Hell House, qui raconte comment des lycéens pentecôtistes ont créé une maison hantée dans le but d’effrayer les non croyants et les pêcheurs. Fasciné par le mal et les mécanismes de la peur, il va alors proposer Joshua, un thriller horrifique très terre à terre. Un film dans lequel un enfant est foncièrement mauvais, et va tout faire pour venir à bout de ses parents, voire même de sa famille. Loin de tout fantastique, ne prenant pas les traces de La Malédiction de Richard Donner, George Ratliff essaye de faire un film étouffant, à l’atmosphère très réaliste, avec un enfant détestable du début à la fin.

L’enfant du mal

Remarqué à Sundance lors de sa sortie en 2007, porté par de bons acteurs (Sam Rockwell et Vera Farmiga), bénéficiant de bons retours, Joshua montre pourtant d’évidentes faiblesses. Et la première provient de son ambiance très particulière. Le film essaye de créer une atmosphère étouffante, angoissante, avec une famille qui va partir de différentes façons. En premier lieu, on va avoir droit à la mère de famille qui va faire un baby blues et qui ne va plus supporter ses deux enfants. Parce que le bébé ne fait que pleurer, et son fils aîné semble insensible à tout, grandissant bien trop vite pour son âge. Ensuite, on va avoir un père absent, qui bosse beaucoup, et qui ne trouve plus de réconfort avec sa femme. Puis le fils aîné demeure très étrange, comme s’il ne ressentait aucune émotion. Et que dire du bébé, qui pleure sans arrêt.

Bref, une famille bien sous tous rapports qui va partir à vau l’eau. On baigne alors en plein drame qui ne va faire que monter crescendo. Les éléments s’enchainent jusqu’à un point de rupture qui sera le climax du métrage, celui où le père se fissure et le pilier familial s’effondre. Ce qui aurait dû être anxiogène au possible va cependant devenir très pénible à suivre. Le travail sonore est insupportable. On va avoir droit à du piano durant tout le film, sans aucun temps mort, même durant les dialogues. Une symphonie qui ressemble de plus en plus) une cacophonie durant le métrage. Ajoutons à cela les pleurs incessants du bébé et le film va devenir quasiment insupportable à suivre. Certes, cela nous met dans la peau de cette famille, mais le ras-le-bol va vite se faire ressentir, au point d’avoir envie d’arrêter le film. La migraine n’est jamais loin.

Le mal dans l’enfant

Outre son atmosphère qui se veut étouffante mais qui s’avère vite pénible, Joshua baigne aussi dans une réalisation qui se veut réaliste mais qui n’a absolument rien de marquant. On se retrouve avec un film assez minimaliste, qui peut se voir comme une chronique familiale qui tourne mal. Le problème est que la mise en scène est trop transparente, voire parfois insupportable. Dès le début du film, après la naissance du bébé, on va avoir droit à des plans fixes qui bougent. Plutôt que de poser un trépied, le réalisateur fait le choix de la caméra à l’épaule et le plan oscille, doucement, mais de façon visible, sans aucune raison. Si on pourrait passer outre ce défaut, le fait est que ça ne sert à rien, ça ne raconte rien. Le film se veut aussi lumineux, mais encore une fois, cela n’a rien de remarquable.

C’est juste un effet de style pour contrebalancer la noirceur du propos. Un propos qui tient sur un timbre-poste, un enfant naturellement mauvais va briser sa famille pour on ne sait quelle raison. Joshua est un thriller qui se veut crédible dans la présentation de son mal. Un enfant, visiblement très précoce, insensible, va détruire père et mère alors que tout semble aller pour le mieux. L’acteur, Jacob Kogan, est bluffant, car il est parfaitement détestable de la première à la dernière image. Cependant, les éléments qui gravitent autour de lui semblent bien trop gros pour être crédibles. Le coup de la grand-mère dans les escaliers, les pleurs du bébé, l’appartement du dessus, les services sociaux, tout cela semble bien trop gros pour que l’enfant puisse s’en sortir à chaque fois. Et le film ne donne jamais raison aux paroles des adultes…

Le mal est fait

En fait, Joshua aurait pu être une réussite si les enquêtes concernant les maltraitances et l’enfant avaient été mieux traitées. Ici, on se retrouve avec un enchaînement de problèmes qui ne trouvent jamais de solutions. Le baby blues de la mère est à peine suivi avec quelques cachetons. Les dessins du fiston sont juste interprétés comme de la maltraitance parentale et non pas comme une maladie mentale. Il n’y a rien d’approfondi ou un tant soit peu crédible dans les résolutions concernant l’enfant. C’est un peu trop gros. Et si les acteurs sont bons dans leur rôle, notamment Sam Rockwell qui sort de sa zone de confort, Vera Farmiga est insupportable. Son jeu se rapproche plus d’une punk à chien névrosée que d’une mère de famille à la dérive. Bref, il manque beaucoup de choses à Joshua pour être une vraie réussite.

Au final, Joshua, le premier film fictif de George Ratliff, est une grosse déception, et cela malgré le bon bouche-à-oreille dont il a bénéficié, même aujourd’hui. Sa réputation n’est clairement pas méritée. Le film est insupportable dans son traitement sonore, il est perclus d’incohérences et certains acteurs sont très pénibles (Vera Farmiga). Si on peut trouver des points positifs au film, comme une volonté de faire très réaliste, il n’en demeure pas moins qu’il suscite très vite de l’ennui, et même de l’agacement, à cause de ce satané piano, mais aussi de ce bébé qui pleure tout le temps. Bref, un film pénible…

Note : 06/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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