mai 11, 2021

Burning Rain – Face the Music

Avis :

Quand on joue dans un groupe relativement connu en tant que musicos, on a parfois envie de changer d’air et de faire, en parallèle, soit une carrière solo, soir de créer un autre groupe. Et pour créer un autre groupe, il faut d’autres musiciens. Et les liens tissés lors de concerts et autres enregistrements peuvent donner lieu à de fortes amitiés. C’est bien souvent comme cela que naissent les super-groupes. Cette dénomination concerne les groupes formés par plusieurs musiciens issus d’autres formations plus connues. Them Crooked Vultures ou Chickenfoot sont les exemples les plus probants. Aujourd’hui, on s’arrête sur Burning Rain, groupe fondé par l’ex guitariste de Dio, qui officie aujourd’hui chez The Dead Daisies entre autres. Il est alors accompagné par Keith St-John, chanteur de Montrose et par le batteur de Slaughter et le bassiste de Y&T.

Burning Rain est donc un groupe (ou plutôt super-groupe) qui plonge tête la première dans du Hard’n’Heavy de bonne qualité. Fondé à la fin des années 90, la formation va faire une longue pause de de treize ans entre 2000 et 2013. Il faut dire que ce n’est pas évident de mener une double carrière, d’autant plus quand chaque membre du groupe a des projets à côté. Bref, Face the Music sort en 2019 et est le quatrième opus de la formation. Un album assez long, qui trouvera comme label les italiens de Frontiers Records. Mais ce qui compte le plus, c’est de savoir si c’est bien ou pas. Et on navigue entre deux eaux. En effet, si l’album contient des pistes qui font mouche immédiatement et donnent envie de remuer des hanches, d’autres sont bien en deçà et l’ensemble est assez déséquilibré. Et cela commence dès le premier titre.

En effet, Revolution est loin d’en être une, de révolution. Le groupe livre d’emblée un titre assez court qui se veut percutant et flamboyant, mais il en ressort un morceau assez random et qui a du mal à s’imposer avec le temps. Alors certes, le « cool » se ressent fortement, mais il manque au titre une véritable identité pour s’imposer. Le problème vient aussi du refrain, très faible et sans grand intérêt. Lorelei, qui arrive juste après, et qui a les honneurs de la pochette, traine en longueur et n’emporte pas son auditoire. On a la sensation qu’avec ce morceau, le groupe a voulu s’essayer à un Heavy teinté de moment plus épiques, mais ça ne marche jamais vraiment. L’ensemble a du mal à décoller et ne trouve pas vraiment de résonance. C’est assez triste de dire cela, car d’un point de vue technique, c’est plutôt bon.

On aura droit à de jolis ponts et quelques solos plaisants, mais ce n’est pas suffisant pour nous emballer pleinement. Fort heureusement, par la suite, on aura de quoi faire. Et ça commence avec Nasty Hustle. Ici, on délaisse un peu le côté grandiloquent pour aller tête baissée dans un Hard ultra classique mais ultra efficace. C’est énergique, les breaks sur les refrains sont dingos et c’est tout simplement ultra catchy. Le genre de titre qui, sur scène, doivent faire bouger les foules. Un réel plaisir régressif mais diablement puissant. Et le groupe continue sur sa lancée avec Midnight Train. Un excellent morceau à la fois accrocheur et avec un rythme dingue qui fait plaisir à entendre. Certes, ce n’est pas le truc le plus technique du monde, mais ça reste nerveux, entrainant et sans aucune fausse note. Du Hard bien emballé et qui fait plaisir à entendre.

On remarquera donc que, dès le début de l’album, on a deux morceaux pas folichons et deux morceaux qui sont très bons. Ce séquentiel sera un peu l’adage du groupe. Shelter sera un morceau ennuyeux au possible qui se veut un peu country sur les bords mais qui n’arrive jamais à nous convaincre. Et Face the Music sera assez agréable, mais reste bloqué dans un carcan à la limite du pénible. Le groupe ressert la même recette que les morceaux qui fonctionnent, mais n’y apporte rien de plus. Il faudra donc attendre Beautiful Road et riff de folie pour nous rattraper au vol. On dirait du AC/DC, mais ça marche du tonnerre de Dieu et ça fait un bien fou. Tout comme Hit and Run, un morceau plein, qui fait référence au Rock des années 70 et qui carbure à fond les ballons.

Au final, Face the Music, le dernier album en date de Burning Rain, est un effort sympathique, mais qui souffre d’un déséquilibre flagrant. On aura quasiment toujours des morceaux très moyens qui précèderont des titres plus fortiches. Si c’est un peu l’adage de nombreux albums, on reste tout de même ici dans une redondance qui frôle à chaque l’ennui et c’et dommage. Il n’en demeure pas moins un album qui fait le taf, surtout sur les titres qui marchent bien, quand le groupe se décide à faire un Hard parfaitement maîtrisé, et pas de partir dans des délires trop complexes et qui n’est pas à leur image.

  • Revolution
  • Lorelei
  • Nasty Hustle
  • Midnight Train
  • Shelter
  • Face the Music
  • Beautiful Road
  • Hit and Run
  • If It’s Love
  • Hideaway
  • Since I’m Loving You

Note : 13/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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