décembre 1, 2021

3615 Monique

D’Après une Idée de : Emmanuel Poulain-Arnaud et Armand Robin

Avec Noémie Schmidt, Paul Scarfoglio, Arthur Mazet, Anne Charrier

Pays : France

Nombre d’Episodes : 10

Genre : Comédie

Résumé :

Dans la France du début des années 80 encore empreinte des années Giscard, Simon, Tony et Stéphanie incarnent une nouvelle génération prête à tout pour s’approprier cette nouvelle décennie sans pour autant savoir concrètement ce qu’ils vont bien pouvoir faire de leur vie. Du fin fond de leur banlieue parisienne, leur idée révolutionnaire va contribuer à la désinhibition sexuelle de tout un pays. 3615 Monique, c’est l’histoire de la collaboration de ces trois étudiants qui, malgré leur inimitié, vont tout faire pour réaliser leur projet fou et le révéler au monde.

Avis :

Simon Bouisson est un ancien élève de l’école de la Fémis. Naviguant dans le cinéma depuis une dizaine d’années, le jeune metteur en scène a commencé à réaliser au début des années 2010, commençant avec une docu-fiction, « Jour de vote« . S’ensuit alors un moyen métrage en 2013, puis deux longs-métrages sortis en 2014 et 2015 qui sont restés dans l’ombre. Dès lors, Simon Bouisson se dirige vers le petit écran. Il participe à la réalisation de quelques épisodes de séries ici et là, avant de finalement se voir confier l’entièreté de la réalisation de « 3615 Monique« . Débarquée sur OCS Signature, « 3615 Monique » s’intéresse à l’arrivée du minitel dans les foyers au début des années 80.

L’arrivée du minitel, l’arrivée d’une nouvelle façon de communiquer et surtout un tout nouveau business, en voilà un sujet qui n’est pas commun. On peut même dire que Simon Bouisson, Emmanuel Poulain-Arnaud et Armand Robin se sont lancés dans un sujet plutôt casse-gueule, car il faut arriver à intéresser avec un sujet pareil. Pour ma part, dès ses premières affiches, « 3615 Monique » a piqué ma curiosité et je suis très content de m’y être arrêté. Rappelant en un sens « The Social network« , pour l’arrivée d’une nouvelle technologie et une nouvelle façon de communiquer, la série de Simon Bouisson s’avère être une jolie surprise, aussi surprenante que divertissante.

Jouy le moutier au début des années 80, alors que la France s’apprête à passer sous la présidence de François Mitterrand, un nouvel appareil est lancé, le minitel, sorte de petit ordinateur qui permet d’avoir accès à des informations, et avec lequel on peut même se créer des messageries et communiquer en s’envoyant des textes. Stéphanie, Simon et Tony sont trois étudiants qui après une mauvaise blague, vont avoir une idée. Et si on pouvait se faire de l’argent en créant une sorte de messagerie du plaisir. Sentant qu’ils tiennent quelque chose, les trois étudiants vont se lancer dans la création d’un service de plaisir, et ainsi aider et libérer des hommes un peu partout en France. Dès lors, le minitel rose est créé…

« Laissez-vous tenter »… C’est ce que nous suggère l’affiche de « 3615 Monique » et elle a bien raison de nous suggérer ceci, car Simon Bouisson, Emmanuel Poulain-Arnaud et Armand Robin, en revenant sur l’arrivée du minitel dans les foyers, ont eu une excellente idée, car leur série est bien plus que ça.

« 3615 Monique » va bien plus loin que l’arrivée de ce petit objet dans les familles. « 3615 Monique« , à travers cette idée, est une série qui va parler des années 80, de la politique des années 80, de l’ambiance des années 80. C’est une série qui va parler des espoirs et des envies d’une nouvelle génération prête) changer les choses et s’engouffrer dans les nouvelles technologies.

Sur un format de dix épisodes d’une vingtaine de minutes chacun (autant dire que la série se mange très vite), « 3615 Monique » parlera aussi bien du sortir de l’adolescence, que de l’amour, des premières fois, des fantasmes, de la libération sexuelle, du choc des générations, de la famille ou encore des nouvelles technologies, des profits qu’on peut en faire et de l’avenir. La création d’une entreprise, la bureaucratie, le business plan, comment promouvoir, comment viser plus, comment démocratiser et profiter de ces technologies, puis les communications, et déjà les dérives… Bref, à travers l’arrivée du minitel, « 3615 Monique » est bien plus riche qu’elle n’y parait et entre les petits drames et la comédie sympathique, elle se pose comme une série intéressante, pour ne pas dire passionnante, car on y trouve aussi les prémices et les reflets de notre société d’aujourd’hui. Certaines problématiques et certaines façons de penser, ou d’entreprendre, ou encore certains pans politiques, quarante ans plus tard, résonnent et sonnent d’actualité. Le scénario et les différentes intrigues qui en découlent n’oublieront pas non plus d’offrir un côté sitcom, avec des personnages attachants, qui ont chacun des histoires et des problématiques à résoudre.

Ce qui est très plaisant aussi avec « 3615 Monique« , c’est la plongée impeccable dans les années 80. La reconstruction parfaite, parsemée de petits clins d’œil ici et là. Tout est hyper crédible, que ce soit dans les décors, le choc des générations, les dialogues, les expressions ou encore l’ambiance. La série a une belle ligne artistique et l’on sent bien que Simon Bouisson et ses équipes se sont creusés et ont tout mis en œuvre pour que la série ait le plus de cachet et d’authenticité possible. D’ailleurs, c’est si bien amené, que chaque épisode appelle le suivant, on se retrouve à littéralement manger cette série en peu de temps, ce qui prouve bien sa réussite. À noter le petit clin d’œil musical à « The Social Network« . La BO de Paul Sabin rappelle parfois les sonorités de Trent Reznor et Atticus Ross.

Enfin, si la série fonctionne aussi très bien, c’est grâce à ces jeunes acteurs qu’on a déjà remarqués ici et là. Le trio que forme Noémie Schmidt, Arthur Mazet et Paul Scarfoglio est excellent, les trois comédiens trouvant des personnages aussi drôles qu’ils sont intéressants, chacun dans leur caractère. Chaque personnage véhicule avec lui de bons sujets et enrichit la série, aussi bien du côté drame et historique, que dans la comédie. On notera une Vanessa Guide à contre-emploi, et un David Salles, comme toujours divin.

Excellente surprise, pleine de sujets, d’idées et d’humour, « 3615 Monique » est une série intéressante et attachante. Une série qui parle très bien d’une époque en plein changement, une époque où beaucoup est possible, une époque pleine de promesses (qui seront tenues ou non), une époque qui est parfaitement rendue, et après avoir mangé ces dix épisodes, on a très hâte de voir ce que la série nous concocte pour la suite. Bref, « 3615 Monique« , c’est la bonne découverte du moment.

Note : 16/20

Par Cinéted

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