mai 11, 2021

The Block Island Sound

De : Mattehw et Kevin McManus

Avec Neville Archambault, Chris Sheffield, Michaela McManus, Jim Cummings

Année : 2021

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Une force mystérieuse, qui se cache au large des côtes de Block Island, influence le comportement des habitants et de la faune. Des poissons morts se tassent sur le rivage, des oiseaux tombent du ciel, et un pêcheur, Tom Lynch n’est plus le même depuis des semaines. Sa famille tente de comprendre qu’elle peut bien être la cause à tous ces événements…

Avis :

En ce moment, il est très difficile de trouver de bonnes choses en matière d’horreur. Que ce soit sur les plateformes de streaming ou directement en e-cinema, il n’y a pas grand-chose, Covid oblige. Pour autant, on peut trouver quelques nouveautés, comme The Block Island Sound sur Netflix. Réalisé par les frères McManus, ce film d’horreur ne laissait absolument rien présager. Il faut dire que les deux frères sont peu connus. Hormis l’un qui a bossé sur le scénario de la deuxième saison de Cobra Kai, et un bidouillage sur American Vandal, il n’y a rien de probant dans la carrière des deux frangins. Et ce n’est pas avec ce film que leur filmographie va décoller. Long, poussif, sans aucune identité dans la réalisation, on peut dire que The Block Island Sound est un joli raté, qui coche presque toutes les cases de ce qu’il ne faut pas faire.

Bloqué sur l’île

Le scénario du film est simple à la base. Un homme vit avec son père sur une île un peu isolée où la population tourne sur elle-même lors de la saison basse. Ayant un penchant pour l’alcool, père et fils entretiennent une relation étrange bien que tendre. Cependant, le comportement du père devient très alarmant lorsqu’il fait des crises d’insomnie et part au milieu de la mer en pleine nuit. De plus, cela corrobore avec des tonnes de poissons qui s’échouent sur les plages de l’île. Tout devient cauchemardesque lorsque le père meurt, que le fils commence à faire du somnambulisme et que la sœur revient sur l’île pour mener une enquête sur les poissons. Dans ses grandes lignes, The Block Island Sound avait des atouts pour plaire. Un scénario mystérieux, une famille dysfonctionnelle, une île avec une population qui vivote. Bref, on aurait pu attendre beaucoup de ce film.

Malheureusement, les frères réalisateurs vont tout faire de travers, et cela commence par la narration de cette histoire. On pourra s’accrocher au début par un mystère qui ne va faire que s’épaissir. On verra les troubles du père et la colère du fils. On tentera dès lors de deviner ce qui trouble le calme apparent de cette île. Extraterrestres, monstre marin, parasites, toutes les pistes sont valables et le film joue bien avec cette ambiguïté. Sauf qu’au bout d’un moment, à force de trop tirer sur ce mystère, le film perd tout son sens. Les frères n’arrivent pas à tenir leur mystère, la faute à un déroulement trop passif, à des effets de peur qui ne fonctionnent pas et à des personnages dont on se fout éperdument. Le scénario se traine et n’arrive jamais à nous tenir en haleine. Encore plus lorsque le pot aux roses est révélé.

Rien dans le micro

The Block Island Sound perd très vite en intensité, car on va se rendre compte qu’il n’a pas grand-chose à raconter. Ou tout du moins, les sujets sont très mal amenés et les thématiques sont à peine survolées. La relation père/fils reste pénible à suivre au bout d’un moment. L’arrivée de la sœur, avec sa petite fille, est un élément perturbateur, mais rien ne sera vraiment développé autour. Le frère, qui va être à son tour « contaminé », brasse beaucoup de vent et surtout, il n’est jamais vraiment mis en avant. On le voit comme un loser, un type qui s’est sacrifié pour son père, mais tout cela n’est jamais vraiment explicite. Et les remarques implicites démontrent un relationnel plat au possible et sans saveur. Même le fait de vivre en quasi vase clos sur une île n’est pas abordé de manière concrète.

Et pour couronner le tout, les personnages sont antipathiques au possible. A commencer par le personnage principal, le fiston. Ce dernier tire toujours la gueule, et bien souvent pour de mauvaises raisons. Par exemple, quand il est au bar avec ses amis, il n’est pas heureux. Avec son père, qui a un comportement bizarre, il n’est pas heureux. Quand sa sœur arrive avec sa nièce, il fait la gueule. Il reste dans un jeu monolithique et on va vite se rendre compte qu’il n’est pas intéressant. Il est sclérosé dans son personnage bloqué sur une île, n’assumant finalement jamais son sacrifice. A ses côtés, on reste aussi dans le linéaire et l’inintéressant. La sœur ne mène jamais son enquête sur les poissons. La petite fille n’est utilisée qu’à la fin. Le père est le ressort horrifique, mais il fait plus rire qu’autre chose.

Et l’horreur dans tout ça ?

C’est d’ailleurs un problème récurrent dans le film, la peur est totalement absente. Si la mode est de mettre de l’horreur dans des aspects dramatiques, dans The Block Island Sound, c’est très mal employé. Le drame prend constamment le pas sur le fantastique ou l’horrifique et on n’aura rien à se mettre sous la dent. Les quelques situations qui auraient pu faire peur sont inefficaces. Le travail sur le son n’est pas bien employé alors qu’il est un moteur du métrage. Et surtout, on ne frissonnera pas pour les personnages dont on ne ressentira aucune empathie. Même la mise en scène est pénible, plate, sans relief, même lors de la découverte du climax. On ne peut pas dire que la première réalisation des frères McManus soit probante… Et c’est dommage, car on aurait pu avoir une bonne ambiance, avec cette île froide et cet aspect un peu isolé.

Au final, The Block Island Sound est une belle déception. Il s’agit d’un film d’horreur qui n’arrive jamais à trouver le bon équilibre entre drame familial et film d’horreur à mystère. On reste dans l’expectative que cela décolle à un moment, mais les effets de peur sont absents et l’ambiance n’est pas suffisamment travaillée pour susciter la moindre émotion en nous. Pour faire simple, Netflix s’abreuve encore d’un film lambda sans âme, qui s’oubliera très vite, la faute à un scénario indigent et une mise en scène de téléfilm…

Note : 03/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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