juin 23, 2021

Mechina – As Embers Turn to Dust

Avis :

Mechina est un groupe américain qui fut fondé en 2004 en Illinois. Formé par trois personnes, un guitariste, un chanteur et une chanteuse, Mechina fait le choix d’une programmation pour l’orchestration et la batterie. Un choix étrange, mais qui va permettre au groupe de mettre en avant des sonorités électro et des percussions qui vont frapper vite et fort. Mais ce qui fait la particularité de ce groupe, ce n’est pas forcément son aspect « humain ». On a déjà vu des one-man band dans le monde du métal. Ce qui fait vraiment l’identité de Mechina, c’est son concept même, son histoire. Le groupe s’évertue à raconter des histoires de colonisation sur de nouvelles planètes et d’hommes qui ont créé des dieux et des machines gigantesques. Pour le lien de cette histoire, chaque album est séparé par un single qui fait le pont. Une façon de faire intéressante.

As Embers Turn to Dust est le gros titre de cette histoire racontée depuis maintenant quinze ans par le groupe. Il est alors étonnant que ce soit le septième album qui porte ce nom, alors que ce n’est pas le dernier. Bref, qu’importe, puisque ce qui nous intéresse, c’est le contenu, la musique, les sonorités et l’ambiance. Et avec cet album, on peut dire que l’on est servi en termes d’atmosphère. Le skeud débute avec Godspeed, Vanguards et le démarrage est fait de bruitages évoquant des vaisseaux spatiaux. Le travail fait sur le son est plutôt bon et viendra ponctuer tout l’album pour lui donner de l’épaisseur et bien montrer que ce n’est pas qu’un simple gadget, mais bel et bien une volonté du groupe d’explorer l’odyssée spatiale. Lorsque le titre débute, on aura droit à une grosse orchestration et surtout, une batterie qui va vite, très vite, trop vite.

Et c’est là l’un des problèmes que l’on va avoir avec l’album dans sa globalité. Même si la thématique réside dans les machines et les engins spatiaux, il y a quelque chose qui sonne comme factice au sein de l’effort. Sans même savoir que le groupe n’est qu’un trio sans batteur ou bassiste, on va vite se rendre compte que c’est de la programmation. La batterie tape trop vite, jusqu’à saturation même et cela gâche un peu l’ensemble. Sans compter sur les voix qui sont en arrière-plan par rapport à la musique et qui donnent une sensation cosmique, mais finalement peu prégnante. Mechina livre en fait un album qui est vraiment dans son thème, à fond, ce qui est une bonne chose, mais si on recherche finalement de l’humanité dedans, on restera de marbre. Fort heureusement, certaines orchestrations, comme dans le premier morceau, donnent un peu de chaleur.

Enfin, au rayon des défauts, on peut aussi parler d’une certaine redondance dans les sonorités et entre les morceaux. Alors loin de moi l’idée de dire que c’est la même chose. Mais les rythmiques sont souvent similaires, les riffs de gratte se ressemblent un peu, tout comme les structures même des pistes. Que ce soit sur les longs morceaux ou sur les plus courts (qui frôlent quand les quatre minutes, voire les cinq), on a la sensation de parfois écouter la même chose, avec quelques transitions. Creation Level Event, Impact Proxy, Division Through Distance, sont des morceaux qui sont efficaces et intéressants, mais qui manquent d’identité et de variation. En effet, on se dit parfois que ça ressemble à ce que l’on a écouté précédemment. Et ce n’est pas la changement vocal qui y fera quelque chose, ni même les ajouts électroniques ou lyriques.

Mais tout n’est pas noir dans cet album, bien au contraire. Malgré l’aspect factice de l’ensemble, malgré ce côté « robotique », on se laisse facilement embarquer dans cet univers de science-fiction. Le groupe mène bien sa barque et l’ennui ne pointe que rarement le bout de son nez. Cela est dû aussi à une intelligence dans la tracklist. En effet, certains titres instrumentaux vont venir se greffer à l’ensemble pour atténuer la redite. Ainsi, on accueillera Aetherion Rain avec joie. Un titre purement électro, mais doux et à l’ambiance bien mélancolique comme il faut. On notera aussi une belle maîtrise dans les voix. En alternant le chant clair, le growl ou encore le lyrique féminin, on se retrouve face à des titres qui structurellement se ressemblent, mais qui ont leur particularité et surtout, leur ambiance. Car oui, Mechina est un groupe qui joue à fond la carte de l’atmosphère et globalement, ça marche.

Au final, As Embers Turn to Dust, le septième album de Mechina, est une réussite pour qui aime les groupes de métal qui explorent des contrées inconnues et étranges. Cet effort se vit comme une expérience plus que comme une succession de titres, et c’est ce qui fait tout son charme. Si on n’évitera pas quelques répétitions et des moments parfois un peu longuets, le groupe fournit un gros travail et se placerait presque comme un ovni dans le domaine du métal prog à concept.

  • Godspeed, Vanguards
  • Creation Level Event
  • Impact Proxy
  • Aetherion Rain
  • The Synesthesia Signal
  • Unearthing the Daedalian Ancient
  • The Tellurian Pathos
  • Thus Always to Tyrants
  • Division Through Distance
  • As Embers Turn to Dust

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.