décembre 7, 2021

La Fleur d’Attica – Valentin Auwercx

Auteur : Valentin Auwercx

Editeur : Auto-édition

Genre : Science-Fiction

Résumé :

En 2051, la surpopulation explose et le fossé de l’inégalité se creuse. La criminalité croissante devenant difficile à contenir au sein des prisons, le gouvernement américain décide de mettre en vigueur une toute nouvelle méthode de mise à mort sur l’ensemble de son territoire – le programme Dernière Volonté.
D’immenses bâtiments blancs en forme de Fleur accueillent les criminels voués à l’exécution dans le plus grand des secrets. Quand Light O’Grim est condamné à la Dernière Volonté, il ne se doute pas une seule seconde de ce qu’il va découvrir au sein de la Fleur D’Attica…
Le paradis existe-t-il vraiment pour les personnes destinées à l’enfer?
Et si les coupables devenaient les victimes?

Avis :

Un terrible futur

La fleur d’Attica imagine un futur possible où les criminels seraient enfermés dans des prisons de luxe, afin d’y vivre leurs derniers jours dans la peur (ou l’indifférence) de leur mort imminente. Surpopulation oblige, les prisons ne peuvent plus supporter ce nombre toujours grandissant de malfrats ; la peine de mort refait surface dans un monde qui s’essouffle, abîmé par le poids des terriens en masse.

Cette idée nous amène à réfléchir sur cet avenir probable, sur cette terrible réalité qui pourrait s’abattre sur nos descendants. Trouverons-nous une meilleure solution que celle de donner la mort sans états d’âme ? Comment réguler une population qui ne cesse de croître quand la planète ne saurait subvenir aux besoins de chacun ? Autant de questionnements perturbants qui nous accompagnent tout le long de la lecture de ce roman sombre mais émouvant.

La fin terrifiante et la conclusion malaisante données par l’auteur clôturent ce livre à merveille, tout en nous faisant nous questionner davantage sur les répercussions et les solutions possibles d’une telle invention. Le roman pénètre notre humanité, la malaxe et la triture avec savoir-faire. Tout en nous se brise, tout en nous se relève pour affronter la nouvelle réalité du héros. Remise en question, détermination nouvelle, force incisive, sensibilité accrue… Nous marchons sur ses pas ; son évolution marque la nôtre, tel un cercle initiatique revisité que nous ne parcourons plus seul, que nous cheminons à deux.

Un ton juste mais noir

Ames sensibles s’abstenir : le roman nous propulse très vite dans les pas d’un de ces criminels appelés à mourir, une personne à qui l’on s’attache irrémédiablement bien que l’on sache comment il va finir. La plume de l’auteur est juste, elle n’en fait pas des tonnes et ne soupèse aucun fait. La dure réalité nous rattrape lors de scènes de bagarres sanglantes ou d’actes plus violents encore. Même une prison gardée n’empêche pas les plus dépravés d’entre nous de s’adonner aux pires crimes, surtout alors qu’ils savent que ces folies seront surement leurs dernières.

A l’opposé de ces personnes malsaines, des personnalités fortes et belles se présentent sur la route. En cela consiste sans doute l’élément le plus perturbant de la lecture : celle d’apprécier des criminels. Notre cœur oublie rapidement cet état de fait lorsqu’il touche celui des personnages secondaires. Ils s’avèrent bien plus complexes que leur simple crime. Ils se dévoilent, se confient à nous. L’humain n’est pas tout noir ou tout blanc, même si dans le cas de mafieux baraqués sans cervelle, cela reste à prouver.

Néanmoins, leurs paroles nous touchent profondément et nous amènent à nous mettre à leur place. Qu’aurions-nous fait dans leur situation ? Pire que tout, comment se défendre quand même la justice nous pointe du doigt, quand toutes les preuves s’acharnent sur notre sort, alors que nous sommes innocents ? Comme il n’est ni tout blanc, ni tout noir, l’Homme n’est pas parfait et n’a pas réponse à tout. Ainsi, les erreurs peuvent se multiplier, quitte à donner la mort de manière injuste…

Derniers jours

Les derniers jours de ces condamnés se voient porteurs de messages sur la vie. Rédemption, pardon, acceptation, déni… D’une rare complexité, ces émotions et sentiments que nous partageons avec nos semblables nous projettent à la figure nos propres expériences, nos propres tranches de vie. Notre héros souffre de son passé criminel, souffre de devoir maintenir sur ses épaules chaque nouvelle journée qu’il doit supporter dans cette prison-ville.

Ses rencontres, ses occupations, ses nouveaux sourires, sa joie poignante nous marquent au fer rouge : il n’abandonne pas la vie alors qu’il sait qu’il devra mourir. Une seconde… N’est-ce pas là la fin qui nous attend tous ? Notre peur de la mort parcourt également ces pages, comme celle de profiter pleinement de chaque instant, sans que d’amères pensées ne viennent tout gâcher.

Ce roman, en plus de nous amener à réfléchir sur l’avenir, nous tourne vers nos propres angoisses. La fleur d’Attica touche et perturbe, horripile et enchante, effraie et rassure. Le lecteur ne ressort par indemne de sa lecture, même si celle-ci demande quelques chapitres de patience avant de réellement nous happer. Un thème morbide mais retranscrit avec intelligence et sensibilité, une histoire de vie banale mais universelle, qui parlera à tous ceux prêts à commencer l’aventure.

Note : 19/20

La chronique vous a donné envie de lire ce roman ? Cliquez ici https://amzn.to/3a6iFFA pour l’acheter et soutenir vos chroniqueurs !

Par Lildrille

Lildrille

Passionnée d’imaginaire et d’évasion depuis longtemps, écrire et lire sont mes activités favorites. Dans un monde souvent sombre, m'évader et fournir du rêve sont mes objectifs. Suivez-moi en tant qu'auteure ici : https://www.facebook.com/ChloeGarciaAuteure. Et en tant que chroniqueuse aussi là : https://simplement.pro/u/Lildrille.

Voir tous les articles de Lildrille →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.