novembre 28, 2021

Deadly Virtues Love. Honour. Obey.

De : Ate de Jong

Avec Edward Akrout, Megan Maczko, Matt Barber, Helen Bradbury

Année : 2014

Pays : Angleterre, Pays-Bas

Genre : Thriller, Horreur

Résumé :

En s’introduisant clandestinement dans leur maison tandis qu’ils sont en pleine copulation, Aaron bouleverse définitivement les relations entre Tom et Alison. Des deux hommes, le plus violent et misogyne n’est en effet pas celui que l’on croit.

Avis :

Avec l’avènement du streaming et des sites de téléchargement illégaux, il est très facile de tomber sur de petits films venus de tout horizon. Et si on tombe parfois sur de bonnes surprises qui n’ont pas leur place dans les bacs à DVD à un euro, on tombe souvent sur de gros navets que rien ne peut sauver. Et dans cette catégorie, on a plusieurs styles, comme les films d’action qui n’en sont pas, ou encore les films d’horreur amateurs et les thrillers qui se déroulent en un seul lieu. Et pour le coup, Deadly Virtues (on écourte volontairement le nom) rentre pile poil dans cette case. Réalisé par Ate de Jong, cinéaste néerlandais ayant commencé sa carrière comme producteur, Deadly Virtues est un thriller mou du genou qui se veut intelligent mais qui véhicule un message clairement nauséabond.

Maison close

Un vendredi soir, un homme rentre dans une maison. Alors que le couple habitant la demeure baise tranquillou, l’homme en question va fracasser le type, le ligoter et le coincer dans la baignoire, s’amusant gaiement à le torturer. Il attache aussi la femme dans la cuisine, puis la libère et lui fait subir tout un tas de sévices. L’homme en question ne souhaite qu’une chose, qu’avant la fin du week-end, la femme le désire. C’est à partir de pitch que le film va tenter de retourner le cerveau du spectateur, mais aussi de faire prendre conscience à ladite femme qu’elle est martyrisée par son mari. Et c’est bien là tout le fond du problème. Le scénario est très ambigu et n’arrive pas à se dépêtrer d’une image soumise de la femme. Si le film veut montrer que les tortures psychologiques et les humiliations que les femmes subissent sont souvent invisibles et se font  dans l’enfer d’une chambre, le réalisateur n’arrive pas à expliquer cela autrement qu’avec… de la torture physique et psychologique.

En effet, on comprend assez vite que le tortionnaire en question veut faire prendre conscience à la jeune femme qu’elle se fait rabaisser constamment par son mari. Un salaud de première qui, au fil des images, démontre toute sa monstruosité. Infidèle, violent, cynique, sans aucune empathie pour qui que ce soit, ni même pour sa fille morte, le film va s’évertuer à nous dresser le portrait d’un homme puant et détestable, qui va prendre cher durant tout le métrage, et qui va dévoiler sa monstruosité à la toute fin du métrage. En ce sens, on pourrait croire que Deadly Virtues est un film intelligent qui oppose un tortionnaire finalement gentil à un sombre crapule égoïste. Sauf que le film est très maladroit dans la façon d’aborder cela et de faire prendre conscience à la femme qu’elle est une victime. D’ailleurs, durant tout le début du film, cette femme subit les sévices de l’inconnu, qui est à deux doigts de la violer et l’humilie à tour de bras, afin de lui montrer son quotidien avec son mari.

La souffrance

Et la finalité du métrage de prendre un coup dans l’aile. En effet, le début se veut donc étrange et montre un méchant qui séquestre un couple pour se taper la nana. Sauf que petit à petit, le film dévie et démontre les réelles intentions du « méchant », qui va devenir de plus en plus gentil au fil du métrage, afin de démontrer que le vrai coupable, c’est le mari. Si l’intention est louable, de retourner le cerveau du spectateur en inversant les rôles, la façon de faire est très maladroite, voire nauséabonde. En effet, il faut que le type devienne gentil, montre à la femme tous les sévices du mari, pour qu’elle se rende compte de ce qu’elle loupe, et qu’elle prenne conscience que son mari est une ordure. De ce fait, le film part du principe que la femme, pour comprendre la douleur qu’elle ressent de façon permanente, doit la ressentir de la part de quelque d’autre. La douleur dans la douleur, avec une femme qui subit, tout le temps, et ne devient pas forcément plus forte à la fin du métrage.

Ate de Jong n’arrive jamais à donner de l’ampleur à son film et à son message. Déjà parce que c’est mal écrit et ne sert jamais son propos, mais aussi parce qu’au niveau de la mise en scène, c’est plat au possible. Toutes les scènes de torture sur le mari sont filmées en hors-champ, mais cela ne donne pas forcément plus de poids. Le fait de couper deux doigts ou d’arracher une dent a déjà été vu des milliers de fois. Et il en va de même avec les humiliations subies. Quel intérêt de faire avaler la dent du mari à la jeune femme ? Pourquoi la prendre en photo sans arrêt, pour finalement ne rien en faire ? Bref, la réalisation accumule des scènes qui se veulent choquantes, mais ça ne marche jamais. D’autant plus que la mise en scène, tout comme la photographie, est terne, sans idée, sans volonté de vraiment raconter quelque chose. Et que dire des acteurs, qui sont pénibles, sans épaisseur, sans charisme et sans grande ambition. Même la toute dernière scène n’a aucun sens et ne justifie pas les actions du type.

Au final, Deadly Virtues est un très mauvais film qui loupe complètement son sujet. Voulant traiter des violences invisibles faites aux femmes par leur mari, le réalisateur se plante totalement en parlant de traitement de la violence par… la violence. Il en résulte un thriller horrifique plat, sans intérêt et qui est très nauséabond dans sa façon de parler d’un sujet visiblement mal maîtrisé, voire carrément inconnu. Bref, un film qui ne vaut même pas le coup d’œil et qui se croit intelligent alors qu’il est bête comme ses pieds.

Note : 04/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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