novembre 30, 2020

Le Champion

Titre Original : Champion

De : Mark Robson

Avec Kirk Douglas, Marilyn Maxwell, Arthur Kennedy, Paul Stewart

Année: 1949

Pays: Etats-Unis

Genre: Drame

Résumé:

L’histoire de l’ascension d’un boxeur…

Avis:

Réalisateur canadien, Mark Robson est un très grand cinéaste qui a marqué l’histoire du cinéma avec des films tels que « Les vallées des poupées« , « L’île aux morts« , « Le vaisseau fantôme » ou encore « Tremblement de terre« . Pourtant, malgré l’impact de ce dernier, malgré des films qui demeurent encore aujourd’hui, Mark Robson est un réalisateur qui demeure assez oublié et c’est bien dommage.

Profitant de l’hommage à Kirk Douglas qui est rendu au comédien à Deauville, je suis allé voir « Le Champion« , film de 1949 qui jouit depuis peu d’une ressortie DVD et Blu-ray, et je dois bien avouer que je me suis pris une belle claque. Le film sur la boxe, en 1949, ce n’est pas monnaie courante et en s’essayant à ce genre, Mark Robson pose là un bijou. Passionnant, rudement mené, intelligent et qui n’a pas vraiment pris de ride, « Le Champion » est un très bon moment de cinéma. Et un moment emporté par un Kirk Douglas absolument incroyable !

Midge Kelly est un jeune homme qui a de l’ambition. Un jour, par un concours de circonstance, il fait la connaissance de Tommy, qui est manager dans le domaine de la boxe. Midge qui n’a jamais boxé, qui n’a même jamais eu l’idée de boxer avant qu’il ne se retrouve sur un ring, va alors très vite devenir un très grand champion, admiré de tous. Mais cette fulgurante ascension, pour le jeune, va peu à peu le changer. Lui qui était la joie de vivre et l’optimisme, va devenir froid et calculateur, surtout quand il s’agit de sa carrière.

Kirk Douglas dans la peau d’un boxeur, franchement quand on vous propose de découvrir ça sur grand écran, la vraie question est : comment hésiter à y aller ? C’est bien impossible et j’ai bien eu raison, tant le film de Mark Robson est un petit chef-d’œuvre.

« Le Champion« , c’est l’ancêtre de « Rocky« . C’est un film qui reprend dans les grandes lignes ses thématiques, l’homme qui vient de nulle part et qui arrive aux sommets, à la différence près qu’ici, notre « Champion » va se laisser avoir par ses ambitions. Tenu par un scénario assez classique, « Le Champion » réussit toutefois à s’écarter d’autres films de boxe, car il a en lui énormément de richesse. Si l’ascension du personnage incarné à la perfection par Kirk Douglas est passionnante, le film l’est encore plus quand il aborde la psychologie de son personnage. Ici, notre champion est avide d’une revanche envers la société, il a besoin de monter très haut, quitte à se brûler les ailes et faire le vide autour de lui.

Avec « Le Champion« , Mark Robson aborde l’American Dream, cette envie d’aller toucher des rêves, un désir d’un avenir meilleur puis cette envie d’être connu et surtout reconnu. Mark Robson évite avec brio les clichés et mieux encore, il peint un personnage aussi adorable que son contraire. Mark Robson prend le temps de poser ses personnages avec une première partie assez étonnante et à mille lieues du film de boxe. On pourrait presque dire que « Le Champion » serait une comédie romantique, avec l’évidence de ce couple et toute cette séduction, mais une fois tout ceci placé, Mark Robson entre dans le vif de son sujet et il ne va plus le quitter, offrant une trame intéressante, prenante, et très émouvante dans sa conclusion. Puis derrière l’ascension de son « Champion » et tout ce que ça dit des rêves, des efforts, du sport et de l’Amérique, le film peut se vanter d’avoir tout un panel de personnages qui sont intéressants.

Du côté de la réalisation, là encore, c’est très classique, mais qu’est-ce que ça peut être efficace. Aucun temps mort, on est pris dans cette histoire dès le début et Mark Robson gère très bien ses séquences de combat, tout comme les moments où son film se fait plus touchant, plus tendre ou plus dramatique. On notera que la version restaurée est impeccable et que le film est visuellement sublime, avec des images grandioses, qui redonnent toute sa dimension au film de Mark Robson.

On ne va pas se mentir non plus, malgré tout ce que j’en dis, « Le Champion » aurait pu être un bon film de boxe qui serait peut-être oublié aujourd’hui et ce qui fait une grande partie du génie de « Le Champion« , c’est bien Kirk Douglas qui alors n’en était qu’au début de sa carrière et qui était plutôt connu pour des seconds rôles. Ici, avec le rôle de Midge, l’acteur crève l’écran et il livre une interprétation passionnante, qui fait qu’on reste pendu à ses actions. Si l’on pourrait mentionner Arthur Kennedy, qui incarne le frère de Douglas, ou encore Ruth Roman ou Marilyn Maxwell, c’est bel et bien Kirk Douglas qui prend toute la place et l’on ne voit que lui et l’on ne retient que lui.

Passionnant, impressionnant, tellement bien filmé, juste, évitant les clichés et surtout tenu par un acteur démesuré, « Le Champion » de Mark Robson est un bijou, et l’un des piliers du film de boxe. Fabuleux, riche, plus profond qu’il en a l’air, « Le Champion » est un plaisir de cinéma, on en prend plein les yeux et plein les émotions et l’on en redemande !

Note : 18/20

Par Cinéted

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