mai 16, 2021

Don’s Plum

De : R. D. Robb

Avec Leonardo DiCaprio, Tobey Maguire, Amber Benson, Scott Bloom

Année: 2001

Pays: Etats-Unis, Danemark, Suède

Genre : Drame

Résumé :

Une bande de jeunes gens de Los Angeles se retrouve chaque jour pour discuter de leurs dernières mésaventures.

Avis :

« Don’s Plum« , ou comment un film tourné entre potes est devenu un enfer. Tourné en quelques nuits en 1995, « Don’s Plum » fait l’objet d’une bataille depuis plus de vingt-cinq ans maintenant pour que personne ne puisse le voir et cette bataille est menée par Leonardo DiCaprio et Tobey Maguire. Les raisons de cette haine ? Elles sont nombreuses, et surtout elles sont terriblement floues, tant les avis et les versions s’entrechoquent. D’un côté on a un DiCaprio et un Maguire qui avaient donné leur accord pour un court-métrage et non un long-métrage, ce qu’est devenu le film avec tous les rushs que le réalisateur a pu emmagasiner au cour des improvisations de ses acteurs et de l’autre, on a un réalisateur et un producteur qui parlent de manipulation de la part de Maguire, acteur méchant et narcissique, qui voit son image cassée (tout comme celle de DiCaprio d’ailleurs), dans un film qui, à force d’improvisation, se pose comme une descente dans la psyché des deux acteurs. Une descente qui les rendrait bien moins sympathiques que ce qu’ils reflètent. Quoi qu’il en soit, « Don’s Plum » n’a jamais pu sortir en salle, il n’a été présenté qu’une fois à la Berlinade en 2001 et aujourd’hui encore, l’affaire n’est pas finie.

Bon, une fois qu’on a dit tout ça, que vaut finalement ce film, si affreux qu’on ne doit pas le voir ? Filmé en noir et blanc, doté d’une mise en scène intéressante, même si l’ensemble demeure hésitant et amateur, « Don’s Plum » est un petit film indépendant, intéressant, amusant et qui peut même être assez fascinant de par ce portrait sans filtre de ces personnages qui, autour d’un dîner, parlent de tout et de rien, de ce qui fait leur vie, leur gout, leur amour, leur amitié. Bref, un film de jeunes des années 90, oscillant entre conversations futiles et quelques rêves de célébrité.

Derek, Ian, Brad, Jeremy, Sara, Juliet, ont la vingtaine. Ils vivent à Los Angeles et ils ont pris l’habitude de souvent se retrouver au Don’s Plum, un petit restaurant sans éclat. Ils se réunissent autour d’une table et d’un burger, d’une salade, pour parler de leur vie, de leur conquête, de leur rêve et plus encore…

Seul et unique film de R.D. Robb, « Don’s Plum » est un film intéressant qui mérite bien plus le visionnage pour tout le bordel qui l’entoure, plus que pour le film lui-même. Voulant surfer sur la vague des films indépendants des années 90, comme le « Kids » de Larry Clark ou le « Clerks » de Kevin Smith, « Don’s Plum » est un film tourné entre potes. Se basant sur une pièce de théâtre, « Saturday Night Club« , « Don’s Plum« , ce sont quelques nuits de tournage et un réalisateur qui filme une jeunesse des années 90 parler de tout et de rien.

Si le film a un charme certain, notamment avec son ouverture dans un des bars Jazz de L.A., « Don’s Plum » est un film duquel on ressort quelque peu partagé. Partagé entre cette ambiance et une liberté de ton assez folle, R.D. Robb laissant sa caméra traîner au milieu de ces personnages qui parlent de filles, de cul, d’homosexualité, de drogues, d’ailleurs ça fume à gogo et ça se drogue pas mal. Des personnages qui se cherchent, qui s’embrouillent, qui se détestent. Des personnages qui sont nourris à l’espoir d’un avenir, et qui en même temps, vivent principalement le moment présent. Bien sûr, l’ambiance étant décontractée, ça vanne à tout va, on peut même dire que ça va plus loin, allant parfois dans ce qu’on appelle aujourd’hui, le politiquement incorrect, vannant les filles, les gros, les homos… Bref, il y a quelque chose d’insolent, et une liberté qui rend le film attachant d’un côté et surtout fascinant de l’autre. Oui, fascinant car ces personnages n’ont pas de contraintes et R.D. Robb nous les livre comme ils sont, sans les juger.

Après, il est vrai aussi que le film étant presque entièrement basé sur l’improvisation, l’ensemble est bancal, et même si la liberté de ton est là, bien des conversations ressortent comme futiles et pas si intéressantes que ça.

De plus, dans sa mise en scène, si R.D. Robb filme bien ses personnages et développe quelques idées et quelques ambiances, le film a un côté très amateur qui dérange, notamment au niveau du montage. R.D. Robb ayant eu l’idée étrange de balancer parfois ces personnages dans les toilettes du restaurant, face à un miroir, pour métaphoriquement commenter leur pensée. Cette idée, qui est bonne au départ, est mal employée et ce montage assez grossier a tendance à bien souvent nous faire sortir du film. Il y a aussi des problèmes de son, comme si l’étalonnage du son n’avait pas été totalement fait.

Enfin, on notera aussi qu’à force d’improviser, et surtout à force de prendre de petits moments par-ci par-là, les acteurs ne sont pas toujours très bons. Il reste cependant amusant de voir Leonardo DiCaprio, Tobey Maguire, Kevin Connolly, Scott Bloom, Amber Benson, Jenny Lewis, Meadow Sisto, Jeremy Sisto ou encore Ethan Suplee et Marisa Ribisi s’amuser, jouer ensemble, se vanner, s’engeuler, se draguer et plus encore. Bref la liberté de ton dont je parlais plus haut.

« Don’s Plum« , entre défauts et qualités, entre amateurisme et liberté de ton, est un film intéressant, voire même fascinant. Si parfois le tout semble futile, si parfois l’ensemble part dans beaucoup trop de sens, il n’empêche qu’on sourit devant, on prend plaisir à voir ces comédiens casser leur image, puis le film demeure un objet fascinant à cause de l’histoire qui l’entoure, à cause de ces comédiens qui ne veulent même pas en entendre parler. Bref, « Don’s Plum« , c’est une petite séance de cinéma à part. Moi, personnellement, j’ai eu la chance de mettre la main sur l’une des très rares copies DVD qui est sortie en 2001, mais si l’expérience ou la curiosité vous dit, vous pouvez aujourd’hui trouver le film sur YouTube en anglais sous-titré anglais.

Note : 10/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.