septembre 27, 2022

Deathwhite – Grave Image

Avis :

Formé en 2012 et provenant de Pittsburgh, le groupe Deathwhite sort son deuxième album, Grave Image, cette fois sur le label Seasons of Mist, gage de qualité. Gardant un anonymat total (on n’aperçoit le chanteur que furtivement dans le clip du nouvel album et on ne connait que les initiales des membres), Deathwhite exerce dans un doom metal massif. La pochette magnifique en dit long, la musique de Deathwhite est aussi joyeuse qu’une St-Valentin à Tchernobyl. Un doom metal majestueux, influencé par des groupes nord-européens comme Katatonia. Au niveau de la gratte, on trouve des sonorités que n’auraient pas reniées My Dying Bride ou Novembers Doom. Musicalement seulement car Deathwhite a un credo au niveau du chant: uniquement du chant clair. Non, le growl n’est pas une obligation, une fatalité, même dans le doom death.

Et pourtant, au début d’In Eclipse, ainsi dans A Servant, le tempo qui s’accélère sous la double pédale, dans No Horizon quand le chanteur s’énerve un peu et lâche un cri lointain dans le final, on pourrait croire que le groupe va faire dans le chant guttural, mais non. Et c’est tout à l’honneur car le chant magnifique du vocaliste renforce la mélancolie pesante de la musique du groupe. A plusieurs moments on touche au sublime, dès le début avec Funeral Ground et son mantra « Breathe » martelé avec une masse de 6 tonnes dans les refrains. Des moments de grâce comme Plague of Virtue aux arpèges « metalliciens » de Words of Dead Men en passant par l’alternance entre douceur et fureur sur Further from Salvation, Grave Image ne manque pas de morceaux de bravoure.

Les riffs sont à la fois puissants, pesants et mélodiques avec des solos qui permettent une courte aération, le batteur a un jeu varié entre doom bien lourd et des moments plus heavy ou doom-death et la basse est bien mise en relief par le mix. Quant au chant clair, inhabituel dans ce registre musical, il est toujours juste dans le ton avec des qualités vocales indéniables et le timbre mélancolique et profond. Le tout mis en valeur par la superbe production de Shane Meyer et de l’incontournable Dan Swanö. Réussi de la superbe pochette riche et détaillée à la première note, Grave Image est un sans-faute. On pourrait avoir l’impression que l’ensemble est un chouïa répétitif mais la qualité musicale empêche toute lassitude. Avec classe et panache, Deathwhite offre un album à la fois exigeant et accessible à tous, ce qui est extrêmement rare.

  • Funeral Ground
  • In Eclipse
  • Further From Salvation
  • Grave Image
  • Among Us
  • Words of Dead Men
  • No Horizon
  • Plague of Virtue
  • A Servant
  • Return To Silence

Note : 18.5/20

Par Nikkö

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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