décembre 3, 2021

La Petite Fille Qui Aimait Tom Gordon – Stephen King

9782253151364

Résumé :

Le monde a des dents, et quand l’envie le prend de mordre, il ne s’en prive pas. Trisha McFarland avait neuf ans lorsqu’elle s’en aperçut.  » Un matin comme les autres, au cours d’une excursion avec sa mère et son frère, Trisha se laisse distancer, lasse de subir leurs sempiternelles disputes. Trisha se retrouve donc seule, perdue dans la forêt, quelque part entre le Maine et le New Hampshire, dans un environnement hostile où abondent marécages et moustiques. Pendant neuf jours, Trisha va errer seule dans la forêt, s’efforçant de ne pas céder à la panique et affrontant la nuit, la faim et la peur. Elle se répète:  » Je ne suis pas en danger. » et tente de chasser de son esprit que : « … les gens qui se perdent en forêt s’en tirent quelquefois avec de graves blessures, que quelquefois même ils en meurent.

Avis :

Plus besoin de présenter le maître de l’horreur dans la littérature. D’ailleurs, les œuvres de Stephen King ont même traversé les mots et les pages pour se voir transfigurées dans le septième avec des adaptations de qualité plus ou moins douteuses. Mais il y a des choses que l’on oublie souvent avec Stephen King, c’est qu’il n’a pas fait que de l’horreur. Le roman hors horreur qui ressort le plus souvent est La Ligne Verte, et à juste titre car il s’agit certainement d’une des œuvres les plus abouties du maître. Mais on peut aussi citer en vrac Le Talisman, conte fantastique, Les Yeux du Dragon, qui est un roman d’héroïc-fantasy ou encore Blaze qui est plutôt un polar. Si l’on s’abstient de lire le résumé de La Petite Fille Qui Aimait Tom Gordon, on pourrait croire qu’il s’agit d’un roman horrifique autour d’une petite fille et d’un vilain pédophile monstrueux. Mais il n’en est rien, puisqu’il s’agit d’un roman de survie en zone forestière. Alors que vaut ce livre du maître ? Est-il aussi bon que ses autres romans horrifiques ? Prêt pour un petit tour en forêt ?

L’histoire se concentre sur la jeune Trisha MacFarland, une jeune fillette de 9 ans qui part en balade avec son grand frère et sa mère. Ses parents sont divorcés, ce qui touche profondément son frère, qui s’entend très mal avec sa mère. Alors qu’ils se rendent en randonnée dans la forêt entre le Maine et le New Hampshire, frère et mère se crêpent le chignon en faisant route seuls. Trisha s’éloigne alors du chemin pour faire ses besoins. Pensant reprendre le chemin, elle se perd en forêt, n’ayant pour compagnon que son walkman à piles et son imagination. Elle va donc tenter de survivre en pleine survivre, loin de toute population. L’histoire peut se révéler très simple et on a du mal à imaginer comment un écrivain peut tenir en haleine le lecteur avec quelque chose d’aussi simple. C’était sans compter sur l’ingéniosité du père King. Insérant allègrement des occlusions fantastiques dans son récit, l’écrivain va surprendre le lecteur en proposant des visions à son héroïne et une imagination un peu trop débordante.

Trisha, alors âgée de neuf ans possède une certaine maturité qui laisse un peu pantois. Néanmoins, cela reste potentiellement crédible, car on nous dit qu’elle est tout de même un peu plus douée que la moyenne. Elle devient très rapidement attachante, car sa maturité lui permet de prendre du recul par rapport à sa situation familiale et le lecteur peut rapidement s’identifier à elle, dégageant une grande empathie. Du coup, on souffre avec elle et on espère qu’elle va s’en sortir. Il faut dire que l’auteur est sans pitié avec elle, la rendant malade, l’assoiffant, l’amaigrissant ou encore en proie à des hallucinations. Tout cela contribue à aimer cette petite fille et Stephen King le fait de fort belle manière. Comme à son habitude, son style est irréprochable et très vif. Les phases mystérieuses sont très puissantes elles aussi, comme le coup des chevreuils décapités ou encore des apparitions de Tom Gordon, célèbre joueur de Base-ball.

Mais tout n’est pas parfait non plus. Si le livre est assez court (moins de 300 pages), certains moments sont redondants et on retrouve assez souvent les mêmes passages. On retombe plusieurs fois sur des marécages, la jeune héroïne chasse inlassablement les moustiques, la jeune fille tombe malade et les mêmes symptômes reviennent inlassablement. Bref, malgré une écriture dynamique et un récit mené tambours battants, certains moments sont assez pénibles à lire car déjà vu. Heureusement pour nous, les moments effrayants avec La Chose, monstre qu’imagine la petite fille, sont assez bien foutus et bien stressants.

Au final, La Petite Fille Qui Aimait Tom Gordon est un très bon roman d’aventure et de survie. Malgré des redondances dans le récit et quelques longueurs dans le récit, on retrouve tout le style du maître, notamment dans les inclusions fantastiques et les moments de peur. Bref, un roman à part dans la bibliographie de l’écrivain, mais qui reste fort sympathique notamment dans la force d’empathie que possède le personnage central.

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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