octobre 29, 2020

Cold Comes the Night

De : Tze Chun

Avec Alice Eve, Bryan Cranston, Logan Marshall-Green, Ursula Parker

Année: 2013

Pays: Etats-Unis

Genre: Thriller

Résumé:

Un gangster prend en otages la propriétaire d’un motel et sa fille, le temps pour lui de récupérer ce que lui doit un flic corrompu.

Avis:

Certaines séries ont révolutionné le monde de la télévision, mais aussi le monde du cinéma. En effet, si en France il est très compliqué de sortir d’une série pour aller vers le cinéma, c’est une autre histoire outre-Atlantique. Bien des acteurs et actrices font le va-et-vient entre petit écran et grandes salles de cinéma et certaines séries ont même révélé de grands comédiens. Parmi les séries cultes et leurs lots d’acteurs ayant percé au cinoche, on peut compter Game of Thrones, mais aussi Breaking Bad et notamment Bryan Cranston qui joue Walter White dans la série. Le show fut un tel succès que l’acteur, alors en perte de vitesse, retrouva vite le chemin des tournages et enchaina quelques films. Dès lors, même les films qui n’étaient pas sortis chez nous avec cet acteur furent disponibles, soit en VOD, soit directement en DVD. Cold Comes the Night fait partie de ces petits films avec Bryan Cranston qui bénéficièrent donc d’une sortie VOD quatre ans après sa sortie aux States. Souvent mauvais signe quant à la qualité même du métrage, ce petit thriller aux allures un peu sombre n’est pas forcément désagréable, mais force est de constater qu’il est anecdotique et ne doit sa survie qu’à la présence de l’acteur en question.

Dans une petite bourgade perdue aux Etats-Unis, une mère de famille célibataire tient comme elle le peut un motel miteux que les flics utilisent comme hôtel de passe et a quinze jours pour déménager, sans quoi, les services sociaux placent sa fille. Son monde bascule encore plus dans le lugubre lorsqu’un double meurtre est commis dans une de ses chambres et qu’un étrange homme malvoyant souhaite récupérer un sac rempli d’argent. En se servant de cette femme, il va tout faire pour retrouver son magot, alors pris par un flic corrompu. Le pitch est simple mais relativement alléchant, dépeignant visiblement une Amérique profonde où chacun doit se battre pour survivre et où les flics sont plus proches des cowboys que des enfants de chœur. Un schéma finalement assez classique, mais qui peut marcher grâce à un casting efficace et plutôt sympathique pour un petit DTV comme celui-ci. Et heureusement que le film a des acteurs comme celui-ci, car ce n’est pas avec le reste que l’on va se régaler. Et étrangement, ce n’est pas Bryan Cranston, qui ronfle gentiment derrière ses lunettes de soleil, qui va marquer dans ce film, mais plutôt Alice Eve, tout en retenu, qui cristallise toute la misère autour d’elle. Elle est alors confrontée à un Logan Marshall-Green teigneux et un poil redneck sur les bords, qui en fait des caisses, au point d’en devenir risible. Bref, la seule présence féminine sauve les meubles.

Derrière la manivelle, on trouve Tze Chun, un jeune réalisateur un peu inconnu au bataillon, et c’est presque normal, puisqu’il s’agit d’un type plus habitué aux séries qu’aux films. Et encore, il est surtout habile avec un stylo dans la main, puisque c’est à lui que l’on doit quelques épisodes de Gotham ou de Once Upon a Time. Bref, il n’est donc guère étonnant de retrouver une mise en scène balourde et sans jus. Le film se contemple, essaye de prendre son temps pour surfer sur la vague de tous ces thrillers un peu lents à la Drive et globalement, ça n’en a pas l’ambition. En fait, le film fait très téléfilm et manque d’ampleur, de paysages, de plans larges, d’envergure tout simplement, et ici, les séquences sont vite répétitives, avec des dialogues insupportables et des situations qui se déroulent en vase clos, dans une ruelle ou encore dans un parking souterrain. Il n’y a rien de marquant là-dedans, et le filtre gris rend l’ensemble très terne, avec une belle absence de moments marquants. Bref, on s’ennuie pas mal, mais le film a la qualité d’être relativement court et d’aller donc droit au but, ce qui lui permet de ne pas trop trainer en longueur.

Reste alors le scénario, qui est lui aussi assez paresseux. Si le film tente de garder le mystère sur les enjeux de cet homme taciturne et affable, il va vite être obligé de dévoiler toute l’intrigue pour pouvoir passer à l’action. Dès lors, les tentatives pour récupérer l’argent vont être assez diverses, mais s’embourbent dans des relations inutiles et fatigantes. La dualité inexistante entre deux femmes (l’héroïne et la femme du flic ultra jalouse), amenant tout de même à un meurtre, est d’une bêtise crasse, laissant entrevoir un pseudo background des plus inintéressants, et tout le reste sera du même acabit. D’un Bryan Cranston qui tente d’être badass dans le rôle d’un vieux pépé malvoyant, transporteur à ses heures perdues, à un flic corrompu détestable qui va péter un câble en fin de film, tapant des poings dans une valise de fringues. On frôle souvent la tangente du nanar de luxe au sein d’un film qui se prend beaucoup au sérieux mais ne se donne que peu de moyens d’y arriver. C’est bien simple, Cold Comes the Night est un thriller de feignasse qui joue beaucoup sur sa comm et son casting luxueux afin de marcher un tantinet. Mais ni la réalisation, ni le scénario ne valent vraiment le coup d’œil.

Au final, Cold Comes the Night est un thriller assez soporifique mais qui arrive à éviter de justesse la correctionnelle grâce à une durée assez courte. En faisant cela, le film n’a pas le temps de trop développer ses personnages, allant finalement à l’essentiel, mais occultant des passages nécessaires pour ressentir de l’empathie ou encore pour créer des personnages avec de l’épaisseur. En l’état, on navigue souvent à l’aveugle, comme le personnage joué par Bryan Cranston, et on essaye de se raccrocher aux branches que nous tend le réalisateur, sans y trouver une saveur particulière. En bref, un film dispensable, pas foncièrement mauvais, mais qui se perd dans une masse de thrillers sans réel intérêt.

Note : 10/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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