décembre 5, 2020

First Love, Le Dernier Yakuza – Miike d’Amour

Titre Original : Hatsukoi

De : Takashi Miike

Avec Masataka Kubota, Nao Ohmori, Shôta Sometani, Sakurako Konishi

Année : 2019

Pays : Japon, Angleterre

Genre : Action, Thriller

Résumé :

Tokyo, la nuit. Leo est un jeune boxeur, il tombe sous le charme de Monica, une call-girl toxicomane mais vierge. La jeune fille est impliquée dans un trafic de drogue. Les tourtereaux vont être poursuivis par un policier corrompu, un yakuza et une femme-assassin envoyée par des groupes chinois.

Avis :

Takashi Miike est sûrement l’un des cinéastes japonais les plus prolifiques et les plus dingues. Takashi Miike commence sa carrière en 1991 et très vite le bonhomme fait preuve d’une envie et une soif de cinéma démesurées. Touche à tout, il joue aussi bien dans la cour du cinéma que de la télévision, de la vidéo, et du clip, et tout ça mélangé fait qu’après vingt-huit ans de carrière, Takashi Miike a largement dépassé la barre des cent longs-métrages.

Bon, il est vrai qu’avec une filmographie aussi conséquente, Takashi Miike peut offrir le meilleur comme le pire. Étrangement aussi, avec une telle filmographie et une telle réputation, les films de Takashi Miike n’arrivent pas toujours chez nous et c’est étrange. Deux après « Blade of the Immortal » qui est l’un des derniers qui est arrivé chez nous alors que le cinéaste a quand même tourné cinq films entre temps, voici que débarque, sorti un peu de nulle part « First love« , une histoire d’amour à la sauce du réalisateur. Voulant quelque chose de plus simple et émotionnelle (sur le papier), avec ce film, Takashi Miike nous offre sa vision d’une histoire d’amour, et si l’on pourra reprocher au film quelques facilités, le spectacle est si prenant et barré qu’on adhère totalement au film et mieux encore, on en redemande !

Leo est un jeune boxeur promis à un bel avenir. Un soir, alors qu’il vient d’apprendre une mauvaise nouvelle, il sauve la jeune Monica, une toxicomane. Très vite, le jeune homme se retrouve impliqué dans une machination diabolique, où se mélangent membres de gangs, Yakusas, flics, et la vengeance…

Takashi Miike, c’est un touche à tout, et cette qualité, il l’a transportée aussi dans son cinéma, allant épuiser sa soif sur n’importe quel sentier, d’où le fait qu’il soit capable aussi du meilleur comme du pire. Thriller, film d’action, de yakuzas, film d’épouvante, drame, horreur, heroic fantasy, et même de la comédie, le mec a plus d’une corde à son arc et on adore ça, la plupart du temps.

Pour « First love« , comme son titre l’indique, cette fois-ci, Takashi Miike a voulu s’aventurer sur les chemins de l’amour et autant dire que « First Love« , en termes d’histoire d’amour, c’est très surprenant. Et oui, si le réalisateur nous raconte bel et bien une histoire d’amour, avec ses côtés touchants et niais, cette dernière n’est surtout qu’un prétexte à offrir un film comme on les aime chez le réalisateur.

Complètement décomplexé, dingue, ne se limitant pas à un seul style, « First Love« , c’est aussi bien un policier qu’une comédie, un film de mafia, de yakuzas, et d’action avec des gunfights complétement dingues. C’est un film qui tient son lot de scènes, de moments, et même de personnages qui peuvent prétendre à devenir cultes. Tout comme il tient aussi certaines répliques qui valent leur pesant d’or.

Barré, peut-être un peu trop éparpillé, Takashi Miike est surtout libre et il se fait plaisir avec ce film aussi farfelu, hystérique que jubilatoire finalement. Franchement, il est bien difficile de ne pas s’éclater devant tous ces personnages hauts en couleurs, qui sont sans filtre et sans retenue. On notera que ce casting est entièrement génial et qu’il se donne à fond pour le film. Mention très spéciale à celle qui incarne la femme à la barre de fer, qui est tout simplement à mourir de rire dès qu’elle ouvre la bouche ou même qu’elle apparaît à l’écran. Pour la suite du délire qu’est « First Love« , il est difficile aussi de ne pas s’éclater du déraillement de cette histoire qui n’est que quiproquos et mauvais endroit au mauvais moment. Comme je le disais, si le film s’éparpille un peu trop, il sait se retrouver et se faire cohérent dans ce qu’il raconte.

Dynamique dans sa mise en scène, jouissant d’un joli sens du montage et du rythme, on apprécie beaucoup le festival, et malgré les imperfections, les moments un peu trop barrés parfois ou encore le manque total de crédibilité dans ce que nous raconte Takashi Miike, « First Love » est si généreux avec nous que finalement, le moment parait trop court et l’on aurait presque envie d’en reprendre une heure de plus tant ça passe trop vite.

Pour son soixante-cinquième film de cinéma, le plus fou des réalisateurs japonais nous livre là un délire total, une crise d’hystérie générale, et un film d’action doublé d’un polar tordu complétement fun. « First love » est généreux, il est fou, il est amoureux, il est excessif, il est con et absurde, mais aussi, au final, qualité et défaut confondus, qu’est-ce qu’il est bon ! Il sera très sûrement mal distribué, mais si jamais il passe à côté de chez vous, n’hésitez pas à aller vous éclater.

Note : 14/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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