décembre 4, 2021

Magic Cottage – James Herbert

Auteur : James Herbert

Editeur : Bragelonne

Genre : Fantastique

Résumé :

Nous pensions avoir trouvé le refuge idéal, un cottage perdu au cœur de la forêt. Un petit peu délabré, mais si charmant. C’est là que la Magie a commencé. Midge et moi, nous avons atteint des sommets de créativité : elle a peint des toiles extraordinaires et je me suis mis à jouer de la guitare comme un dieu ! Quant à notre amour, c’est devenu la Magie suprême. Mais toute médaille a son revers. L’horreur a surgi entre ces murs. Mais aussi les phénomènes de guérisons mystérieuses et la secte de cinglés qui voulait s’emparer de notre cottage ! L’heure est venue de raconter.

Avis :

Quand on découvre un livre, il est certains noms évocateurs d’un style ou d’un genre à part entière. Tout comme Graham Masterton ou Stephen King, James Herbert s’est particulièrement illustré dans le domaine fantastico-horrifique, même s’il s’est montré moins prolifique que ses confrères. Des récits tels que Le Secret de Crickley Hall ou Les Rats sont passés à la postérité. Malgré le succès international de son œuvre, l’homme n’a pourtant pas bénéficié d’une publication exhaustive en France. En l’occurrence, il aura fallu attendre près d’un quart de siècle pour découvrir Magic Cottage. Une sortie tardive qui coïncide avec une salve de réédition de ses écrits à l’aune des années 2010.

Si le pitch initial reste assez convenu, l’intrigue flirte très rapidement avec plusieurs genres. On serait tenté de la classer dans les histoires d’épouvante au vu des tenants. Un emménagement récent, le début d’une nouvelle vie pour un couple de citadins, un lieu idyllique. Bien entendu, on nous sert un passé trouble et des circonstances douteuses qui viennent ternir le tableau paradisiaque qu’on veut vendre à nos protagonistes et, par la même occasion, aux lecteurs et lectrices. D’emblée, on sent une mise en place assez développée, presque laborieuse, tant les étapes d’achat et de déménagement occupent le premier quart de l’ouvrage. Le décor est planté et les personnages restent néanmoins bien amenés.

Il est intéressant de constater que le traitement se révèle assez « grand public » dans le sens où James Herbert n’enclave pas son récit dans l’horreur ou l’épouvante. Il y a bien des phénomènes paranormaux, mais ceux-ci sont sporadiques et tiennent davantage à des faits inexplicables. On songe à l’état de la maison qui semble se régénérer d’elle-même, aux guérisons « miraculeuses » des animaux blessés ou à la familiarité de ces derniers. Il émane de cette campagne anglaise un parfum féérique, très proche des sentiments que peuvent produire certaines œuvres de fantasy. De fait, l’atmosphère oppressante d’une maison hantée n’est pas forcément de circonstances, tout comme la violence de certaines manifestations.

De même, on reste focalisé sur le quotidien de Gramarye, le nom donné au cottage, et non sur le village voisin. La sensation d’isolement tient autant au faible nombre d’intervenants qu’à la proximité de la forêt qui cloisonne le cadre dans un environnement à moitié sauvage. Tout cela est vraiment réussi pour laisser planer une sourde menace sur les personnages. La montée crescendo des phénomènes va de pair avec la convoitise des Synergistes, une secte aux intentions obscures, vraisemblablement dans tous les sens du terme. On apprécie aussi la mise en œuvre des techniques de manipulation mentale réalistes qui visent à l’endoctrinement de nouvelles recrues.

Pourtant, le dénouement (comprenez les 100 dernières pages) altère considérablement le bon a priori général. Le travail méticuleux sur l’évolution des personnages débouche sur un retournement simpliste et contradictoire. En ce sens, certains faits avérés propres à la magie sont avancés pour dénoncer l’imposture des Synergistes alors que ce point reste un élément essentiel de leur doctrine. Dans ce cas, cela devrait plutôt confirmer leurs croyances. Mais cela n’est rien en comparaison d’un affrontement final au ridicule consommé. Un combat de « sorciers du dimanche » où les effets de pyrokinésie côtoient la matérialisation impromptue d’animaux, l’attaque de chauves-souris mal lunées, d’irruptions saugrenues et téléphonées, sans oublier l’ouverture vers une dimension spatio-temporelle « terrifiante » !

Au final, Magic Cottage est un roman fantastique en demi-teinte. Malgré un démarrage poussif, la suite tend à entretenir une aura de mystère entraînante, encourageant à poursuivre la découverte de ce lieu pas comme les autres. L’ambiance qui émane du cadre et la tournure des événements restent convaincantes et appréciables à plus d’un titre, du moins jusqu’à une conclusion bâclée au possible. La transition avec les précédents chapitres se veut précipiter pour amener l’ultime scène, tandis que celle-ci s’étire en longueur, jouant la carte de la dérision et de l’humour bas de gamme. Rarement un antagoniste « sérieux » aura été affublé d’un comportement aussi stupide, caricatural et absurde. Un parti pris pour le comique complètement décalé avec le reste de l’ouvrage qui laisse une impression d’inachevée.

Note : 12/20

Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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