janvier 31, 2023

Palace of the King – Get Right With Your Maker

Avis :

Le rock est mort. Vive le rock. C’est un peu ce que l’on pourrait scander si on est resté bloqué dans les années 70/80, car depuis, il est difficile de trouver de bons groupes de rock, hormis les grandes légendes toujours vivantes. Entre les mélanges douteux, le genre qui se vend mal et qui se diffuse très peu au profit d’une pop ou d’un rap toujours plus aseptisé, il n’est pas anormal de voir que le rock, le vrai, disparait petit à petit. Fort heureusement, certains groupes essayent de faire une sorte de revival sans pour autant tomber dans la redite ou le simple plagiat sans saveur. Parmi les rois de ce style, on peut citer Rival Sons, qui en très peu de temps se sont propulsés sur le devant de la scène, à juste titre, avec six albums à tomber par terre. Désormais, ils ne sont plus seuls et leur style a fait des émules, notamment chez nos amis australiens de Palace of the King. Groupe encore un peu confidentiel, les australiens se forment en 2012, sortent un EP deux ans plus tard avant de livrer une première galette en 2015. Si le résultat est excellent, la reconnaissance n’est pas encore présente. Le groupe sort alors un autre album en 2016, qui sera encore mieux que le précédent, puis un troisième effort, sur lequel porte cette chronique. Et pourquoi, bordel de Dieu, ce groupe n’est pas encore connu ?

Parce qu’on ne va pas se mentir, Palace of the King est un petit bijou qui a besoin d’être mis en lumière. Le skeud démarre avec le titre le plus long de l’album, I am the Storm. Démarrant directement avec un mélange de riffs et de claviers, le morceau met directement dans l’ambiance, à savoir un rock pur et digne des années 70, alliant avec prouesse du Led Zeppelin et quelque chose de plus moderne. Oscillant aussi avec le psychédélique et un pont atmosphérique, le groupe lance son album sur les sentiers du succès avec une belle efficacité. Avec It’s Been a Long Time Coming, on rentre plus dans la case Hard FM, digne d’un AC/DC,  et dire que c’est addictif est un euphémisme. Si on pourra toujours râler sur des coupures dans les couplets qui ne sonnent pas toujours justes, cela reste de très haute volée et donne immédiatement envie de bouger la tête dans tous les sens. Quand le groupe lance alors Sold me Down the River, on repart sur quelque chose de plus doux, de plus jazzy et bluesy et là aussi la formation excelle, jouant à fond la carte de la voix de tête un peu nasillarde pour conférer un style particulier, mais qui fonctionne à plein régime. Sur le titre A Dog With a Bone, le groupe surprend encore avec un morceau plus dark dans son ambiance et un clavier plus présent, lâchant par la même occasion un joli solo, démontrant toutes les qualités techniques du groupe. Qualités qui seront encore présentes sur Said the Spider to the Bird pour un titre purement blues rock qui fait plaisir à entendre en cette période.

Pour la seconde moitié du skeud, Palace of the King lâche Move Through the Fire, un morceau qui pourrait faire écho à Royal Blood. Efficace, lourd au niveau des riffs, avec une voix un peu plus en arrière, le titre est très Hard anglais et marche à plein régime. Pour The Serpent, encore une fois, le groupe change de registre et s’octroie un passage que ne renierait pas Jimi Hendrix, avec ce qu’il faut de distorsion pour rappeler les exploits du célèbre guitariste. Là aussi, on aura droit à une superbe solo couplé avec un clavier omniprésent et le résultat est vraiment bon. Horizon, qui arrive juste derrière, mettra plus de pêche, sera plus direct, malgré un refrain un peu moins efficace qu’à l’accoutumée. Si dans sa globalité le titre fait le taf, il reste plus faible que le reste. Mais plus faible dans ce genre d’album reste d’un très haut niveau. Fly Like an Evil sera plus lourd, notamment au niveau des riffs, pour un résultat court mais dense, montrant que le groupe peut tout jouer, même des choses proches du métal. Enfin, le skeud se clôture sur Back on my Feet Again, un morceau rapide et très rock, à l’image du groupe. Cependant, il y a un titre caché dans ce titre, puisque dans sa continuité, on aura le titre éponyme de l’album, Get Right With Your Maker, en acoustique, et la ballade est tout simplement parfaite, ajoutant une pointe de sensibilité dans l’ensemble, qui touche au plus profond. C’est beau et terriblement prenant.

Au final, Get Right With Your Maker, le dernier album en date de Palace of the King, groupe encore trop méconnu venu d’Australie, est un petit bijou qui est passé bien trop inaperçu. Varié, nerveux, généreux, honnête dans sa démarche tout en étant novateur dans son revival rock n’roll des années 70, la formation australienne signe un presque sans-faute avec ce troisième effort qui mérite d’être plus mis en avant. Bref, un excellent album, qui mérite toutes les oreilles, pour peu que vous soyez sensibles au rock et à un groove grisant.

  • I am the Storm
  • It’s Been a Long Time Coming
  • Sold me Down the River
  • A Dog With a Bone
  • Said the Spider to the Bird
  • Move Through the Fire
  • The Serpent
  • Horizon
  • Fly Like an Evil
  • Back on my Feet Again

Note: 17/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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