décembre 3, 2021

The Effigies T.03 – Lueur Dans l’Obscurité – Sarah Raughley

Auteure : Sarah Raughley

Editeur : Lumen

Genre : Fantastique

Résumé :

Quel est le plus dangereux : le feu qui couve en elle ou les souvenirs qui menacent de s’emparer de son esprit ?
Le monde est en proie au chaos. Et ce ne sont pas les Effigies, ces jeunes femmes dotées chacune d’un pouvoir unique lié aux quatre éléments, qui semblent capable d’y mettre fin… Car, aux yeux de tous, Maia est une traîtresse. Sa jumelle June, revenue d’entre les morts, sème le chaos et la dévastation partout où elle passe. Tout le monde s’imagien donc que la jeune Effigie est passée à l’ennemi et travaille main dans la main avec Saul.
Belle a quitté le groupe, Chae Rin et Lake ont disparu, la Secte, désormais démantelée, est remplacée par une organisation aux buts terrifiants, toujours sous l’égide de Blackwell. Tout autour du globe, les Effigies sont recherchées pour leurs crimes. Et Maia ? Personne n’en a entendu parlé depuis des semaines. Pourtant, découvrir le lien mystérieux qui uni Saul, Blackwell et les Spectres est désormais d’une urgence vitale – sinon, il ne restera bientôt plus rien du monde que les Effigies ont lutté, génération après génération, pour sauver du désastre…

Avis :

Dans le domaine de la littérature Young Adult (mot qui semble être moins péjoratif que « adolescent »), les trilogies sont reines. Allez savoir pourquoi, mais les jeunes auteurs qui officient dans cette catégorie aiment raconter leurs histoires à travers trois tomes, plus ou moins denses, avec plus ou moins de justifications. The Effigies était un roman un peu à part dans le monde de la littérature fantastique pour jeunes adultes, dans le sens où il y avait une certaine violence et les effets de romance étaient nuancés pour laisser une plus grande place à l’aventure et l’action. Combats, guerre, complots, morts surprenantes, le roman n’hésitait pas à aller au bout des choses quitte à toujours remettre en cause son héroïne et sa fonction de super guerrière manipulée par une organisation étrange. Sarah Raughley avait su surprendre dans le bon sens et offrait une intrigue sympathique malgré toutes les scories du genre, à savoir une histoire d’amour pénible et des atermoiements personnels insupportables. D’ailleurs, le deuxième tome était bien inférieur au reste, ne sachant où aller et répétant inlassablement la même chose. Qu’en est-il de cette conclusion ?

Dès le départ, on craint que l’auteure ne recommence comme avec le deuxième tome. Le roman étant très gros, près de 700 pages, on aura au moins deux cents pages de vide et de rien. On reprend là où on s’en était arrêté dans le deuxième livre, c’est-à-dire lorsque Maia se fait tuer par Belle et elle va miraculeusement survivre grâce à un homme et son fils. Durant les deux cents premières pages, la jeune fille va guérir et faire un constat sur sa vie et le point sur le monde qui l’entoure. C’est long, pénible, ça pleurniche beaucoup et ça va aller très loin dans le n’importe quoi. Accusée de terrorisme, la jeune fille ne trouvera aucune explication et n’arrivera pas à dire que c’est sa sœur jumelle qui commet les actes. Elle part déjà du principe que personne ne la comprendra et du coup, elle préfère cacher la vérité. C’est absurde et sert juste de tremplin pour offrir des émotions, tant elle veut la protéger pour l’avoir de nouveau à ses côtés. Bref, le départ du roman n’est pas vraiment passionnant et on reste très clairement sur notre faim. D’autant plus que l’action n’est pas au rendez-vous et que les autres Effigies se feront attendre, au point d’en devenir des personnages secondaires.

Des personnages secondaires dont les rôles seront bien amoindris. Chae Rin n’apparaîtra qu’en seconde moitié du roman, et révèlera son vrai pouvoir qu’à la toute fin du livre, en guise de bonus. Son histoire familiale prend moins d’ampleur et ne sert concrètement à rien. Et si Lake a un peu plus de place, son background est réduit comme peau de chagrin et ses pouvoirs ne servent qu’à voler d’un endroit à l’autre. On sent que l’auteur tient son héroïne, et qu’il n’y qu’elle qui compte. C’est dommage car sans ses amies, Maia n’est pas grand-chose et on ne le sent que trop peu dans ce tome, qui essaye de conclure sur un ton épique, mais qui livre finalement une histoire basique où la religion va presque être de mise. Car oui, on va apprendre des choses sur le monde qui flirte avec une quelconque religion un poil animiste mais qui reste plate et sans grand intérêt. On brasse des thèmes déjà connus et le happy end demeure de rigueur alors qu’il aurait pu en être autrement. On regrettera aussi l’amourette à deux balles qui, sur la fin, tire un trait sur toutes les horreurs qu’aura pu commettre le bel éphèbe, sous couvert d’un contrôle mental. En gros, on peut tuer, mais tant que l’on n’est pas volontaire de cet acte, on peut s’en sortir sans gros dommages. Ce n’est quand même pas terrible.

Fort heureusement, le roman se réveille et le rythme devient plus effréné par la suite. Sarah Raughley a un vrai talent d’écriture et passé le premier tiers du roman, on tombe dans un bon page turner pour adolescents. Les séquences d’action s’enchainent, les moments épiques sont bien présents, et même si l’on aurait aimé plus de destruction massive ou d’éléments vraiment catastrophiques, on est servi en matière de combat et d’action. On sent aussi un vrai sens de la mise en scène, puisque certains passages sont très cinématographiques, dont le fameux combat entre Rhys et Vasily au-dessus d’un gouffre au Groenland. Il est donc difficile de ne pas vouloir savoir le fin mot de l’histoire, qui va chercher des réponses dans le passé des Effigies et qui tente de surprendre le spectateur, s’amusant à dire que le sort du monde est entre les mains d’une fille capricieuse au destin funeste. C’est plutôt bien trouvé de montrer que l’humanité doit sa proche extinction au caprice d’une jeune fille dont la vie fut douloureuse.

Au final, le troisième tome de The Effigies n’est pas désagréable et il faut passer les premier tiers pour retrouver un vrai plaisir de lecture. Il est clair que l’ouvrage est à destination des adolescentes, notamment de par son côté girl power, mais aussi et surtout par son orientation à la fois romantique et romanesque. Sarah Raughley clôture avec panache cette aventure riche en action et même si les thèmes brassés sont assez redondants, on prend un certain plaisir à terminer cette saga qui se veut épique et tout de même assez sanglante.

Note : 13/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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