mars 3, 2024

Rival Sons – Hollow Bones

Avis :

Le domaine musical se distingue en trois styles de groupes. Il y a les prolifiques, ceux qui sortent un album tous les deux ans, voire tous les ans, comme Five Finger Death Punch par exemple. Il y a aussi l’inverse, ceux qui ne sortent qu’un album tous les cinq ans, voire plus parfois, préférant travailler longuement sur des projets ou faire des tournées jusqu’à l’épuisement. Puis il y a les réguliers mais qui sortent un album tous les trois ans, se laissant le temps d’enregistrer puis de faire des tournées dans le monde. Très clairement, Rival Sons fait partie de la première catégorie. Formé en 2009 après la séparation de Black Summer Crush, le groupe rock enchaîne les albums tant et si bien qu’en à peine sept ans, le groupe a déjà sorti son sixième album, deux ans seulement après Great Western Valkyrie. Un rythme très soutenu de sortie de galettes donc et Rival Sons ne se laisse pas démonter par les tournées non plus, accompagnant Black Sabbath lors de ses derniers concerts, ou faisant la première partie de Deep Purple en Europe. Bref, un calendrier plus que chargé pour le groupe qui détient une énergie incroyable. Mais quantité n’est pas tout le temps synonyme de qualité et est-ce le cas avec le dernier né du groupe, à savoir Hollow Bones ?

La toute première chose qui frappe avant même de se lancer dans l’écoute, c’est le peu de pistes présentes dans cet opus. Seulement neuf morceaux pour une faible durée d’écoute puisque l’on est en dessous des quarante minutes. Autant dire que les titres ont plutôt intérêt à être bon ou remarquable, parce que sinon, cela risque de rapidement se voir. Et tout commence avec Hollow Bones Pt.1, un titre très électrique comme en propose souvent le groupe. Les riffs sont assez lourds, les guitares saturées comme il faut, mais l’ensemble est cohérent et s’ouvre un groove infernal lorsque Jay Buchanan commence à entonner les paroles. A ce moment-là, le morceau gagne en épaisseur et le refrain ne fera qu’accentuer cette impression d’épaisseur musical, cette présence quasi mystique, entre rock et hard, qui envahit alors nos tympans. Le groupe ne fait pas de fioritures, on est en plein dans une énergie pure et le titre fait parfaitement le taf. Avec Tied Up, le groupe change un peu de registre pour s’installer dans un genre de soul rock à la fois lancinant et puissant, dont résonne la voix chaude du chanteur, qui se fait un petit plaisir lors des couplets, faisant frémir de plaisir nos émotions coquines. Le refrain, comme à son habitude, rentre immédiatement en tête et le titre est une vraie surprise, s’emportant aussi dans des envolées soul doucereuses fort plaisantes. Ce qui ne sera pas le cas de Thundering Voices, un titre court (moins de trois minutes), mais assez efficace et surtout très rock’n’roll mais auquel il manque un refrain vraiment accrocheur. Le groupe manque le coche avec ce titre même s’il demeure intéressant à plus d’un titre. Tout comme Baby Boy, un morceau un poil plus commercial et qui fonctionne surtout sur son refrain entêtant, presque lancinant.

Cependant, on sent que le groupe se repose un peu sur ses lauriers avec ces deux titres agréables, mais qui ne révolutionnent pas le genre et qui semblent être des titres de remplissage. Fort heureusement, le groupe va se rattraper avec sa seconde moitié et notamment Pretty Face, un morceau très soul rock, voire même funk par quelques aspects. Avec ce titre, on a l’impression de repartir dans les années 70 et cela fait vraiment plaisir à entendre en 2018 (enfin 2016, année de la sortie de l’album). Non seulement c’est beau, techniquement parfait, mais en plus de cela, ça groove sévère. Exactement comme le sublime Fade Out, un morceau long, mais qui n’ennuie jamais et qui bénéficie d’une construction absolument parfaite, entre douceur d’un couplet susurré et puissance d’un refrain touchant, laissant place ensuite à des plages musicales aériennes et d’une grande puissance émotionnelle. Résolument l’un des meilleurs titres de l’album avec Black Coffee qui vient ensuite. Là, on nage en plein blues rock des années 70 et c’est tout juste incroyable. Le groupe parvient, en l’espace de cinq minutes, à nous faire partir dans un vieux pub américain avec des bluesmen de légende comme B.B. King ou Robert Johnson et des chœurs féminins absolument sublimes. Et que dire de la voix de Jay Buchanan qui fait des miracles et offre une explosion d’énergie maîtrisée et de groove infaillible. Par la suite, Hollow Bones Pt.2 sera une réponse au premier titre de façon plus posée sur le chant, mais beaucoup plus nerveuse sur la technique et les riffs qui partent plus loin, plus vite et avec plus de lourdeur, sans pour autant gâcher le côté un peu blues qui fait la saveur si particulière du groupe. Enfin, avec All That I Want, le groupe délaisse le côté électrique pour se poser à la guitare sèche et proposer un titre folk d’une beauté folle qui clôture de la plus belle des manières cet excellent album.

Au final, Hollow Bones, le dernier album en date de Rival Sons, est une belle réussite, le genre de skeud qui laisse une trace indélébile dans la tête et les oreilles. Bénéficiant d’une qualité technique incroyable et d’un chanteur en état de grâce, ce sixième effort fait grandement écho au précédent album qui était une pure réussite aussi. S’il fallait lui trouver un défaut, ce serait bien évidemment sa faible durée, car franchement, on en reprendrait bien encore et encore des titres comme ça !

  1. Hollow Bones Pt.1
  2. Tied Up
  3. Thundering Voices
  4. Baby Boy
  5. Pretty Face
  6. Fade Out
  7. Black Coffee
  8. Hollow Bones Pt.2
  9. All That I Want

Note : 18/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=0G0NUgabdMU[/youtube]

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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