décembre 3, 2021

La Cité de Kylianna – Clélia Zappia

Auteur : Clélia Zappia

Editeur : Les Editions Baudelaire

Genre : Fantasy

Résumé :

Salut, je m’appelle Kylianna ! Vous pensez que je suis une humaine douce, fragile et innocente ? Han han !

Je suis la meilleure guerrière de la Guilde des Amazones, et c’est un sacré exploit ! Elles m’ont recrutée quand je n’étais encore qu’une gamine et m’ont formée pour devenir le parfait soldat.

La seule à être mi-humaine mi-féline. Une aberration, selon certains, alors je garde ça secret. Je compte sur vous pour faire de même !

Un seul bémol : des trous de mémoire dans mon passé. Frustrant, non ? ! Les autres Amazones disent que ce n’est rien, mais depuis peu je doute d’elles et m’interroge sur le bien-fondé de mes missions…

Alors qu’on m’ordonne de tuer quelqu’un que je pense être innocent, le quartier pauvre de la Cité s’embrase et tout mon univers bascule.

Avis :

La cité de Kylianna est un livre qui ne laisse pas le temps de rentrer dans le récit, tant tout s’enchaîne vite et de manière parfois surprenante. Les premiers paragraphes du roman, tout en finesse et lenteur, nous permettent cependant de nous imprégner du personnage principal qu’est Kylianna. On apprend rapidement à la connaître et son caractère ne semble pas très original.

En effet, la jeune aventurière nous est présentée comme une véritable rebelle, peu sûre d’elle et pleine d’énergie. Certains traits d’anti-héros donnent l’impression d’être du déjà vu, étant donné que les héroïnes de romans d’aventures sont à présent légion. On apprécie tout de même la jeune femme et on s’attache à elle au fur et à mesure de la lecture. On a mal quand elle souffre de ses aptitudes hors du commun, on a peur quand elle perd confiance en elle et on est ému quand elle déborde de joie.

Les personnages secondaires sont charismatiques et ont une grande part à jouer dans l’histoire. Ciaran est un personnage masculin à la force redoutable que l’on découvre dans les premières pages. Le lecteur a du mal à le cerner : tantôt amical, tantôt mystérieux ou beau parleur, le tigre évolue sans cesse. Il se transforme au fil des pages, tout autant que l’héroïne et c’est appréciable.

On suit également Ambre, une lionne à la force tranquille, ainsi que Khalim DeNavarn, un être bienveillant et généreux. Les personnages sont tous bien différents mais agissent d’un seul corps une fois ensemble. Ils aident Kylianna de multiples façons et leur présence la change et la transforme. On ressent moins de déjà vu en leur présence : le récit gagne en ampleur et en cohérence grâce à leurs témoignages et tout ce qu’ils nous font découvrir sur le passé de la jeune femme.

Certaines révélations sont attendues dès le début du récit et ne nous surprennent guère. L’atmosphère spécifique de l’univers ainsi que la force de caractère de Kylianna, nous font oublier cela en nous plongeant dans l’action et les conflits politiques sous-jacents.

L’univers est étonnant et regroupe plusieurs éléments que l’on n’aurait pas mis ensemble instinctivement. L’univers est peuplé d’humains mais également de felidae, que l’on pourrait décrire comme des « homme-bêtes ». Ils sont plus puissants que les humains, ressemblent à des félins humanoïdes et vivent en harmonie avec les Hommes. Les sang-mêlés sont très peu appréciés et subissent un racisme qui n’est pas des plus discrets. Kylianna en est d’ailleurs un très bon exemple.

Certains humains, ou félins, peuvent posséder des pouvoirs divins et ceux-ci peuvent se montrer extrêmement puissants. Liés à l’air, à l’eau ou au feu, à la force mentale ou au souffle de vie, les pouvoirs sont divers mais peu représentés et restent rarissimes.

Cet univers, outre ses habitants, ressemble au nôtre quant à la politique injuste menée envers ceux qui sont déjà défavorisés. Ce roman met en avant une lutte des classes et un désir de justice et d’égalité qui, quoiqu’un peu cliché et moralisateur sur les bords, est bien mis en scène et exploité.

Le monde créé par l’auteure est lié à des divinités dont le nom nous est bien connu. Odin, nom du père des dieux nordiques, est le dieu majoritairement cité dans le roman. On ne sait pas grand-chose du panthéon religieux de l’univers, et cela est bien dommage. On ne sait pas vraiment si cet Odin ressemble à celui que l’on connaît, si le Thor, qui donne son nom à une guilde, est bien le dieu du tonnerre que nous connaissons, et si les Amazones font bien référence aux tireuses d’élite hellénistiques d’un autre temps. Ces références restent bien mystérieuses et perturbent un peu au début, avant que l’on s’y fasse au fil des pages.

L’intrigue dans son ensemble suit des hauts et des bas : certains passages sont rapides et prenants quand d’autres le sont beaucoup moins. On peut distinguer deux parties dans le roman et c’est la seconde moitié qui est moins palpitante car bien plus basée sur l’action et sur une fin qui ne donne pas à envisager de surprises. La première partie, celle qui nous fait découvrir le monde et les personnages, est magique et captivante.

Le manque d’originalité de la fin n’est pas compensé par d’autres faits et peut même finir par ennuyer. De plus, une histoire d’amour naît dans le roman et s’épanouit lourdement. Elle donne la sensation de se développer beaucoup trop vite et de prendre beaucoup trop d’envergure d’un coup, même si cela peut paraître cohérent au vu de la situation compliquée des héros. Quelque peu gnangnan, on apprécie quand elle passe au second plan pour laisser place au déroulement de l’intrigue majeure.

L’écriture est belle et soignée. Les paragraphes sont parfois trop longs, souvent peu découpés et donnent au roman un rythme de lecture un peu éreintant. Les descriptions sont agréables, avec le niveau de précisions nécessaire pour que l’on s’imagine au mieux ce qui se passe. Certains passages restent cependant trop dans le détail des pensées de Kylianna et peuvent agacer par leur côté un peu trop stéréotypé, notamment sur sa gestion des sentiments. Le caractère de la jeune femme est particulier et ne plaira pas à tout le monde. Avant que Kylianna ne parle, on sait quasi toujours quelles seront ses décisions et c’est ce manque d’innovation et de risque qui peut finir par lasser.

Malgré des défauts dans l’originalité et une héroïne déjà vue, le roman met en place de brillantes idées de justice et dépeint un univers riche que l’on aimerait découvrir davantage. Les thèmes de la manipulation et de la perte de mémoire sont aussi très bien abordés. La fin du roman n’en est pas vraiment une et laisse une belle porte ouverte pour un second volet. Espérons qu’une suite arrive prochainement pour nous égayer et nous étonner derechef !

Note : 13,5/20

Par Lildrille

Lildrille

Passionnée d’imaginaire et d’évasion depuis longtemps, écrire et lire sont mes activités favorites. Dans un monde souvent sombre, m'évader et fournir du rêve sont mes objectifs. Suivez-moi en tant qu'auteure ici : https://www.facebook.com/ChloeGarciaAuteure. Et en tant que chroniqueuse aussi là : https://simplement.pro/u/Lildrille.

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