décembre 3, 2021

The Effigies T.02 – L’Assaut des Ombres – Sarah Raughley

Auteur : Sarah Raughley

Editeur : Lumen

Genre : Fantastique

Résumé :

Quel est le plus dangereux : le feu qui couve en elle ou les souvenirs qui menacent de s’emparer de son esprit ?
L’adolescente timide et ordinaire qu’était auparavant Maia Finley appartient désormais au passé. La nouvelle Effigie du feu ne peut plus reculer devant son destin : elle a été choisie pour protéger l’humanité des spectres, ces créatures des ténèbres qui terrorisent les hommes depuis près d’un siècle, et elle entend bien accomplir son devoir, quitte à affronter pour cela ses peurs les plus tenaces !

Cela fait près de deux mois que Saul a disparu sans laisser de traces. Deux mois que les quatres Effigies s’entraînent sans relâche dans l’espoir de pouvoir bientôt vaincre cet homme aux pouvoirs surnaturels capable de contrôler les spectres. D’autant que le temps presse : à l’affût du moindre faux-pas, les médias du monde entier ont les yeux braqués sur elles et sur la Secte. Après tout, l’organisation mondiale, de même que les jeunes femmes, n’auraient-elles pas dû pouvoir empêcher les catastrophes qui ont récemment touché la France et les États-Unis ? Pourtant, quand l’ennemi public numéro un réapparaît enfin, rien ne se déroule comme prévu. Car Saul n’est pas seul. Des soldats aux multiples pouvoirs travaillent à ses côtés. Des hommes et des femmes revenus d’entre les morts qui pourraient bien avoir un lien avec la Secte…

L’ennemi a désormais plus d’un visage ! Cernées de toutes parts, les quatres Effigies ne peuvent alors compter que sur elles-mêmes. Mais parviendront-elles à rester unies face aux fantômes de leur passé ?

Avis :

La littérature pour adolescent est réellement devenue un genre à part entière avec l’avènement de la saga Harry Potter, qui donna le goût de la lecture à des millions d’enfants. Depuis, on retrouve une pléthore de romans qui sont en fait des séries ou des sagas et qui ont pour thème le fantastique. On peut citer Hunger Games, Le Labyrinthe, Eragon et plus récemment The Effigies. La particularité de cette trilogie, dont le troisième tome n’est pas encore disponible, c’est qu’elle s’adresse principalement à un public féminin. Et d’ailleurs, quand on jette un œil aux sorties de littérature adolescente, c’est bien souvent le même public qui est visé, les filles. A croire que les garçons ne lisent pas. Mais nous nous égarons. Avec The Effigies, Sarah Raughley avait créé un univers très particulier, entre la dystopie et le futur assez proche. On suivait Maia, une jeune fille de seize ans qui va devenir malgré l’Effigie du feu et qui va devoir combattre des spectres et un fou nommé Saul, capable de contrôler les spectres. Le premier tome présentait donc les personnages et l’univers, tout en y insérant une histoire intéressante sur fond de passé et de réminiscences temporelles. Si le roman ne cassait pas des briques, il se lisait facilement et laissait une large place à l’action. Qu’en est-il de ce second opus ?

La première chose qui frappe avec ce livre, c’est qu’il est gros et long. Presque six cents pages, pour de la littérature adolescente, c’est rare et cela n’est peut-être pas un si bon signe que cela. En effet, si on sait pertinemment qu’il y aura de l’action, cela veut aussi dire qu’il y aura des histoires d’amour, des questionnements sur soi-même et que tout ça va tourner autour de bons sentiments. Et malheureusement, ça ne va pas manquer. Il y a très clairement deux phases dans ce livre. La première phase est la plus longue et dure près de 400 pages. On va encore suivre Maia et ses trois acolytes dans une enquête autour de Saul et de super soldats qui semblent avoir des pouvoirs d’Effigies. Cette enquête va prendre un temps fou, puisqu’elle sera entrecoupée sans cesse par les sentiments de Maia envers Rhys, un soldat de la secte et fils du président de la section Nord-Américaine. Le livre perd en intensité, perd en intérêt au fur et à mesure des élucubrations de Maia autour de cet amour impossible. Un amour impossible car elle sait que Rhys a tué la mentor de Belle et elle est tiraillée entre son sentiment amoureux et son sentiment d’amitié envers sa collègue. On pourra croire que cela n’intervient qu’une seule fois, mais malheureusement, on va bouffer de cette dichotomie durant quasiment tout le livre et trouvera sa résolution dans les dernières pages. Ces moments sont assez redondants, mais surtout, ils sont presque gênants si on n’est pas une adolescente, et ce n’est pas mon cas.

Cependant, tout n’est pas à jeter dans ce livre. Bien au contraire. Malgré le fait que ce soit un roman destiné à un public jeune et féminin, Sarah Raughley n’hésite pas à mettre énormément de violence dans son récit. Torture, personnages sadiques, exécution sur écran géant, meurtres, seront de la partie et vont créer une sorte de distance entre la simplicité du propos, l’écriture, et quelques fulgurances gores pas dénuées d’intérêt. Certains personnages sont même intéressants malgré leur faible développement, comme le Chirurgien, un personnage malsain utilisé pour torturer les gens ou encore Jessie, une femme folle qui peut créer et contrôler des morts-vivants. Il y a vraiment deux mondes qui se percutent dans ce roman, avec d’un côté la niaiserie rose bonbon de la romance adolescente, et de l’autre, un côté film d’horreur violent et sans concession. La fin est d’ailleurs bien plus intéressante que le début, avec de l’action, des rebondissements et surtout un final que l’on n’attendait pas et qui donne presque envie de lire la suite. Et c’est là-dedans que l’écrivaine s’en sort le mieux, éviter soigneusement les conflits inutiles entre frère et père, ou encore les sentiments amoureux exacerbés d’une adolescente qui semble plus préoccupée par son propre cas que par sauver le monde.

Néanmoins, malgré quelques moments vraiment intéressants et plaisants, on sent que ce deuxième tome ronfle un peu. On voyage un peu, mais là encore, on tombe sur des situations incongrues, ou chanceuses, qui n’amènent pas grand-chose à l’intrigue. Le passage avec les mercenaires ou les voleurs n’est pas forcément intéressant et n’esquisse qu’à moitié certains protagonistes secondaires qui auraient pu être intéressant. D’ailleurs, les personnages sont peu développés et hormis Rhys et Maia ou encore les fantômes psychologiques de Belle, le reste est à l’agonie, et ce n’est pas en prêtant des crises de folie à la mère de l’une des Effigies que cela va lui rajouter du background. En fait, on a vraiment la sensation que par moments, l’auteure brasse du vent et ne fait pas avancer son intrigue, ou au compte-goutte.

Au final, le deuxième tome de The Effigies n’est pas vraiment une déception, car dans son ensemble, ça se laisse lire et le style est plutôt plaisant, mais c’est destiné à un public très ciblé. Les filles entre 12 et 14 ans adoreront certainement, mais pour le reste, c’est assez gnangnan et dégoulinant de sentiments exacerbés et trop mis en avant par rapport à l’intrigue. Bref, un roman qui n’est pas mauvais, mais qui s’adresse à un lectorat particulier.

Note : 13/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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