décembre 3, 2021

22/11/63 – Stephen King

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Résumé :

2011. Jake Epping exerce la profession de professeur d’anglais à Lisbon Falls dans l’État du Maine et accède à la requête d’un ami mourant prénommé Al Templeton : empêcher l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy. Le retour dans le passé lui sera possible en se rendant dans le restaurant dont son ami est le propriétaire et où se trouve une fissure temporelle transportant quiconque s’y aventure en 1958.

Avis :

Il  n’y a pas de secret, Stephen King est le plus grand écrivain du monde en termes de romans d’horreur ou fantastiques. Cela ne fait aucun doute et les statuts de ses différentes œuvres sont là pour en attester comme Christine, Ca, Carrie ou encore Shining qui sont devenus cultes très rapidement et ont vu une adaptation au cinéma ou à la télé. Maintenant, le monsieur a aussi prouvé maintes fois qu’il était un romancier impressionnant et qu’il pouvait faire autre chose que de l’horreur comme de la science-fiction avec son « Jupiter » de son système solaire imaginatif, La Tour Sombre, du roman feuilleton fantastique et émouvant avec La Ligne Verte ou encore du policier noir avec Blaze. Alors il est vrai que le roi a fait quelques écarts et certains romans sont moins bons que d’autres comme Roadmaster, mais sa bibliographie est époustouflante et chaque nouveau livre est un évènement majeur en librairie. Avec 22/11/63, l’écrivain se lance un nouveau défi, le voyage temporel et l’exploration d’une époque révolue et les changements que cela peut faire dans le présent. Alors le livre est-il bon ? Le romancier n’a-t-il pas perdu de verve ? Etes-vous prêts à retourner en 1958 ?

Le scénario de ce livre est à la fois simple et complexe. Jake Epping est un professeur d’anglais tout ce qu’il y a de plus banal. Chaque jour, il va manger chez Al, un boui-boui où la viande est étonnement peu chère et le serveur, Al, toujours jovial et en bonne santé. Le lendemain, Al demande de l’aide à Jake. Al est alors vieillit et avec un cancer avancé des poumons. Plus que surpris, Jake va lui demander des explications. C’est alors que l’existence d’une faille temporelle dans le cagibi de la caravane lui est révélée, et que s’il passe dans cette faille, il se retrouve en 1958. Seulement, il peut y rester des années, en revenant, il ne se sera écoulé que deux minutes. C’est alors que les possibilités de changer le passé sont énormes, et que l’assassinat de Kennedy pourrait être évité. Mais quelles seraient les conséquences dans le présent (ou le futur) ? Voilà le pitch de départ que nous propose ce cher Stephen King, abandonnant l’horreur pendant un temps.

Un temps assez long puisque le livre fait 932 pages et que l’histoire est très dense, mais surtout, superbement structurée. Si l’on s’attarde rapidement sur le schéma narratif du livre, Stephen King a du faire un boulot de dingue pour rendre cohérente toute cette histoire. D’autant plus que l’ennemi du héros est le passé en lui-même, qui va lui tendre énormément d’embuches et que le passé s’harmonise, créant des personnages qui se ressemblent ou qui ont le même nom. L’auteur ne perd pas un fil de son histoire, faisant des rappels incroyables et rendant son histoire d’autant plus vivante.

Mais le plus incroyable dans tout ce livre, c’est l’ambiance et l’univers qui s’en dégage. On se sent littéralement propulsé dans les années 60, avec à la fois un amour envers cette époque (la simplicité, le bon gout des choses, l’entraide), mais aussi les travers d’une époque raciste et qui commence à devenir individualiste. Le style du King est reconnaissable parmi tous les auteurs, mais encore une fois, on ressent une vraie danse des mots, une facilité d’écriture poignante et un regard rigoureux sur le passé et le présent. Balayant tout sur son passage, l’écrivain fait passer du rire aux larmes en quelques lignes, parlant de la danse, de l’amour (le vrai), de la guerre, de la mort ou encore de la folie et arrivant à être crédible dans tous ces domaines. On pourrait dire que l’histoire d’amour qui lie le héros à une belle blonde est gnangnan, mais il n’en est rien, car tout est au premier degré, sans cynisme, juste avec une sensibilité incroyable. Les passages bouleversants sont très nombreux et on ne peut plus lâcher le livre.

Bien entendu, l’écrivain n’oublie pas son public et lui livre quelques clins d’œil tout au long du récit. Notamment la ville de Derry avec les personnages de Richie et Beverly, que l’on retrouve dans le double roman Ca avec le vilain clown (nous flottons tous en bas Georgie !) ou encore une voiture rouge et blanche, une Plymouth qui est bien entendu la réplique de Christine et qui appartient à un fou furieux. Alors on pourrait dire que le type recycle de vieilles recettes qui fonctionnent, mais il n’en est rien, car tout se tient et demeure cohérent. Comme quoi, même le futur s’harmonise lui aussi pour livrer une sublime lecture. D’ailleurs, c’est hallucinant comme Stephen King semble à l’aise sur tous les styles de récit et arrive à accrocher le moindre fan, même celui qui attend un récit d’horreur.

Au final, 22/11/63 est une tuerie pure et simple sans mauvais jeu de mots. Stephen King livre un roman dantesque, long, dense, cohérent et que l’on ne peut plus lâcher une fois commencé. Un bonheur simple et efficace qui arrache les larmes (surtout la fin) et qui montre encore une fois que le King est dans la place. Comme il le dit dans son bouquin, la danse, c’est la vie, et il danse avec les mots et le temps pour livrer une œuvre étonnement vivante et belle. Un must-have !

Note : 19/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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