mai 25, 2022

Clown

De : Jon Watts

Avec Andy Powers, Laura Allen, Peter Stormare, Eli Roth

Année: 2014

Pays: Etats-Unis, Canada

Genre: Horreur

Résumé:

Lorsque le clown engagé pour animer l’anniversaire de son fils leur fait faux bond, un père de famille doit prendre la relève et lui-même revêtir un déguisement de clown pour assurer le spectacle. Mais très vite, il réalise que le costume est devenu une seconde peau dont il ne pourra se débarrasser. A moins d’accomplir une mission macabre…

Avis:

La coulrophobie est le terme générique pour désigner la peur des clowns. Et parmi toutes les phobies que le cinéma exploite allègrement, le clown fait partie des figures les plus emblématiques. Tout d’abord avec le côté malsain et pédophile que l’on peut retrouver dans Ca de Stephen King, puis dans toute une série de films de qualité plus ou moins intéressante, comme Burger Kill, Killers Klowns From Outer Space, Amusement ou encore Stitches. Et comment ne pas avoir la frousse quand on voit une figure peinturlurée de façon éhontée avec des sourires gigantesques et des cheveux qui font n’importe quoi ? Cette imagerie grotesque est donc très utilisée dans le cinéma d’horreur et Clown est là pour le confirmer. Ce premier film de Jon Watts a pu se faire grâce à un culot monstre de la part du réalisateur. En effet, ce dernier a réalisé une fausse bande-annonce s’intitulant Clown et a crédité Eli Roth comme le réalisateur. Ce dernier ayant vu la bande-annonce a décidé de produire le film. Alors que donne ce premier métrage signé par le papa de Spider-Man Homecoming ?

Si très souvent derrière le clown on retrouve un psychopathe ou des extraterrestres, le film de Jon Watts va trouver ses origines autre part, dans une légende folklorique. L’histoire raconte comment un père, agent immobilier, trouve un costume de clown dans une maison à vendre et l’enfile pour faire plaisir à son fils le jour de son anniversaire. Malheureusement, le costume ne s’enlève plus et le père se transforme petit à petit en un monstre sanguinaire aimant la chair tendre des enfants. Plutôt que de partir sur quelque chose de déjà-vu, le réalisateur va peaufiner son scénario en mettant en avant une légende scandinave autour d’une créature ressemblant à un clown, vivant dans les montagnes et se nourrissant exclusivement d’enfants. L’idée est plutôt bonne et donne du crédit au film qui se veut finalement assez réaliste dans son approche. D’ailleurs, le début est très intimiste avec cette famille qui semble proche et ce mari qui va sentir petit à petit la transformation le tuer. Si le début est lent, c’est pour volontairement montrer l’attachement de ce père à sa famille et montrer tout le côté burlesque et dramatique de la chose. Tout le monde se moque de lui au départ car il n’arrive pas à enlever son costume et c’est peut-être là que le film est le plus intéressant, montrant que personne ne prend au sérieux un problème qui semble évident.

Par la suite, le film va devenir un peu plus classique. C’est-à-dire que l’homme va partir à la recherche de cette malédiction pour savoir s’il peut la lever et découvrir les origines de son costume. On retrouvera un Peter Stormare au top de sa forme qui livre une prestation parfaite, entre inquiétude et ténacité. On va suivre aussi la transformation de l’homme de façon progressive jusqu’à ce qu’il passe le pas, à savoir grignoter un petit bonhomme. Le moment est assez imprévisible et on se demande si le film va aller au bout de ses convictions et s’en prendre à des enfants. L’un des gros points forts du métrage, c’est que finalement, personne n’est à l’abri, surtout au niveau des enfants. Sans concession, tout le monde y passe et le côté gore va vite prendre le pas sur l’aspect transformation et dramaturgie. Si certains plans demeurent intéressants et plutôt bien choisis, comme cette recherche d’un enfant dans une immense structure de jeu, on restera devant un film correctement filmé mais qui manque tout de même de panache et de moments plus marquants.

L’autre point intéressant que soulève le métrage, c’est sur la famille et ce que l’on est prêt à faire pour sauver celui qu’on aime. La femme, jouée par Laura Allen, va être face à un dilemme cornélien, soit donner un enfant au clown pour retrouver sa mari, soit décapiter la bête, ce qui revient à tuer son mari. Face à ce choix, on va voir la jeune femme hésiter et ne pas savoir que faire. L’actrice s’en sort avec les honneurs face à ce choix inhumain, arrivant parfaitement à nous faire ressentir des émotions contradictoires. Le problème, c’est que l’on est face à un film hollywoodien et que cela se ressent sur la fin du métrage. Alors certes, c’est gore et par moments, le final pulse un peu plus, mais on ne sera guère surpris par le déroulement des évènements. Car même si le film tue des gosses, il est très conventionnel et consensuel sur sa fin et ne sort pas du carcan des nouveaux films de genre hollywoodiens. Le seul réconfort sera l’aspect gore et des effets spéciaux rigoureux, artisanaux, délaissant de côté l’esthétique numérique proprement dégueulasse.

Au final, Clown est un petit film d’horreur très prometteur et fort sympathique. Si on ne sort pas forcément d’une certaine zone de confort malgré les meurtres d’enfants, le film de Jon Watts a un petit côté artisanal salvateur et propose une autre vision du clown tueur fort intelligente et agréable. Sans révolutionner le genre, ce film d’horreur fait le taf, hantera longtemps les coulrophobes et s’avère une bonne surprise injustement privé de salles alors que certains métrages ont droit à des sorties alors qu’ils sont tout bonnement honteux.

Note : 14/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=GkwHXxcBr1A[/youtube]

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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