juillet 20, 2024

L’Exorcisme de Molly Hartley

Titre Original : The Exorcism of Molly Hartley

De: Steven R. Monroe

Avec Sarah Lind, Devon Sawa, Gina Holden, Patrick MacNeill

Année: 2015

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

Molly Hartley est maintenant une adulte, mais le diable demeure encore en elle. Après avoir été soupçonnée d’avoir commis un crime, elle est internée dans un asile où elle sème le chaos. Si elle ne veut pas mourir dans d’atroces souffrances, son seul espoir est de se faire exorciser par un prêtre déchu en quête de repentance. Mais le diable n’est pas de cet avis…

Avis:

Le monde de l’horreur fait partie intégrante du cinéma, dans le sens où quand un film marche, il doit subir des suites, des reboots ou encore des préquelles et autres spin-off. Si on peut citer en vrac les sagas Vendredi 13 ou Halloween, le reboot de Freddy, les spin-off de The Conjuring avec Annabelle ou encore les préquelles comme pour Ouija, le film d’horreur fait comme ses cousins issus du cinéma fantastique ou de science-fiction qui cartonnent au box-office. Cependant, on trouve parfois quelques faits étranges, comme des suites à des premiers films complètement ratés, comme ce fut le cas pour La Malédiction de Molly Hartley. Et encore, raté, le mot est faible tant ce métrage est une insulte pure et simple à tout ce qui fait le cinéma d’horreur. Se voulant proche d’un Polanski tout en y apportant une touche d’adolescence à la Twilight, le film est une purge infâme qui ne mérite même pas son statut de film « d’horreur ». Mais le plus étonnant, c’est que sept ans plus tard, des producteurs, dont le réalisateur du premier film, Mickey Liddell, décident de faire une suite, sans pour autant trop aborder le premier métrage. L’Exorcisme de Molly Hartley essaye donc d’être dans une espèce de continuité tant en s’émancipant de son aîné, ce qui en fait un film inutile et vain.

Molly est désormais une grande fille pour qui tout réussi. A seulement 24 ans, elle devient associée d’une grosse boîte et pour fêter ça (ainsi que son anniversaire), elle décide de faire une partie de jambes en l’air à trois. Sauf que le lendemain, elle se fait arrêter par la police car on retrouve deux corps dans sa baignoire. Elle est alors internée dans une prison qui semble aussi faire office d’hospice pour les prêtres reniés par l’église. Tout du moins, elle est enfermée dans le même endroit qu’un prêtre qui a fait capoter un exorcisme, il y a une paire d’années de cela. Bref, quoiqu’il en soit, que cet endroit existe ou pas dans la vie de tous les jours, le scénario ne s’embête pas à créer des ponts entre les protagonistes et ne trouve aucun prétexte pour placer les deux antagonistes dans le même endroit. Tout est téléphoné du début à la fin sur cette rencontre, et on ne sera guère surpris de voir une médecin faire appel de façon illégale au prêtre pour réaliser un exorcisme sur Molly Hartley, qui semble dotée de pouvoirs de plus en plus puissants.

Le problème, c’est que la création des personnages est non seulement vide, mais elle est aussi trop calquée sur ceux de L’Exorciste de William Friedkin. A la différence que le réalisateur culte a pris le temps de créer une réelle empathie entre le spectateur et le père Karas, ce prêtre qui commence à douter de l’existence de Dieu. Ici, tout est lissé au maximum et finalement, tous les protagonistes ne sont que des êtres de chair sans aucune subsistance. Molly Hartley est une jeune femme complètement dans l’air du temps, qui ne pense qu’à sa carrière et qui va se faire posséder avant de devenir la salope qu’elle promettait d’être. Quant au prêtre, il n’est qu’une pâle copie du père Karas, se faisant berner comme un bleu lors d’un premier exorcisme et demeurant d’une platitude aberrante. Et ce n’est pas en lui donnant un barbe de trois jours et un air badass que cela va résoudre le problème de son vide abyssal. Quant aux personnages secondaires, aucun ne se détache de ce marasme, pas même la jolie Gina Holden qui joue une médecin ingénue, impuissante face à la menace de Molly, mais s’évertuant à essayer de lui parler malgré le flot de vomi qu’elle se prend dans la tronche.

Parce que non content d’essayer de recopier les personnages du film de Friedkin, L’Exorcisme de Molly Hartley reprend aussi toutes les scènes cultes, hormis la tête qui tourne, faute d’un budget intéressant. Mais on aura droit aux mouches, au vomi, à la lévitation, aux insultes, etc… Bref, il n’y a rien de nouveau dans ce film et pire que cela, il recopie ses aînés sans faire un effort pour apporter une once d’originalité. Mais le pire dans tout ça, c’est qu’il n’y a aucune ambiance. Se déroulant exclusivement dans les couloirs gris d’un hôpital gris, le film n’arrive jamais à poser une atmosphère éthérée, étrange ou malsaine, même dans les moments qui doivent mettre mal à l’aise, comme lorsque Molly Hartley se tape la tête contre le mur en s’en faire saigner. La réalisation est aussi aux fraises. Steven R. Monroe s’apitoie sur des plans qui ne valent rien, comme des plans larges ou des ralentis abusifs, et il n’arrive jamais à dynamiser l’ensemble, s’évertuant à vouloir faire quelque chose d’aérien. Sauf que si on ne ressent rien au niveau émotion, on ne peut pas se permettre d’appuyer une mise en scène lente et presque contemplative par moments. De même que les dialogues sont d’une bêtise aberrante, ne faisant jamais avancer l’intrigue. Et que dire du twist final, si ce n’est que le métrage part dans le Z. Enfin, difficile de passer à côté des effets spéciaux, et surtout du maquillage qui est tout simplement atroce, mettant du vert fluorescent autour de la bouche de la pauvre Molly, donnant l’impression que cela a été fait par un gosse de onze ans.

Au final, L’Exorcisme de Molly Hartley est un très mauvais film. Cependant, malgré tous ses défauts, il demeure meilleur que son aîné, grâce à une scène de nichons et quelques effets gores qui étaient absents du premier métrage. Néanmoins, le film reste médiocre sur tout le reste, n’arrivant jamais à créer une quelconque ambiance ou des personnages attachants. En fait, le film débute comme un porno soft, puis il vire vers la telenovela de bas étage pour se conclure dans un déluge Z que même un film d’horreur italien des années 70 aurait refusé de mettre en images. Bref, un mauvais film d’horreur qui mérite bien son sort en VOD.

Note: 03/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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