décembre 2, 2021

Les Frissons de l’Angoisse

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Titre Original: Profondo Rosso

De : Dario Argento

Avec David Hemmings, Daria Nicolodi, Gabriele Lavia, Macha Méril

Année : 1975

Pays : Italie

Genre : Horreur

Résumé :

Une conférencière télépathe est sauvagement assassinée. Peu avant sa mort, elle avait ressentie une présence meurtrière très proche. C’est le début d’une série de crimes inexplicables.

Avis :

Dario Argento est un réalisateur qui est à la fois très apprécié et très détesté. En effet, si son début de carrière est épatant avec une maîtrise incroyable de son sujet et de la caméra comme l’en atteste L’Oiseau au Plumage de Cristal, Le Chat à 9 Queues ou encore Suspiria et Inferno, la suite de sa filmographie est beaucoup moins réjouissante avec beaucoup de navets. En ce sens, il est assez difficile de dire que Dario Argento est un réalisateur culte, mais il faut dire qu’il fait preuve de quelques fulgurances dans certains films et que se replonger dans ses anciens films fait un bien fou. C’est en 1975 qu’il réalise Les Frissons de l’Angoisse (Profondo Rosso) et il fait partie des meilleurs films de sa carrière. Pourquoi tant de succès ? Qu’est-ce qui fait que ce film est meilleur que d’autres dans le même genre ? Allons faire un petit tour à Rome et menons notre enquête sur ce tueur en série si particulier.

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Ne t’inquiète pas, ce sont de faux zombies peint sur un tableau !

Le scénario de ce film commence comme beaucoup de gialli, c’est-à-dire avec un meurtre sanglant déclencheur de l’enquête et d’une suite de meurtres plus ou moins gores. On va suivre un jeune musicien de jazz qui va se rendre dans un bar à côté de chez lui. Alors qu’il discute calmement avec son pote bourré, il entend un cri et voit une jeune femme se faire tuer à coup de hachoir. Il fonce alors pour essayer de la secourir mais il est trop tard. Or, il se trouve que cette femme était une voyante experte en télépathie et qu’elle avait senti lors d’une conférence un esprit pervers et malin dans la salle. Fasciné par ce meurtre, le pianiste, accompagné d’une charmante journaliste, va tenter de percer le mystère au péril de sa vie. Pas de doute, nous sommes dans un véritable giallo, avec crimes sanglants, tueur mystérieux dont on ne voit que l’œil ou le gant de cuir, personnages à la fois sombres et colorés. C’est le cocktail détonnant que propose Dario Argento dans ce film. Et comme pour ses précédents métrages, cela marche très bien. L’entrée en matière est violente. On sent que l’on est en présence d’un véritable psychopathe. Mais le plus intéressant dans le film, c’est l’enquête et les portraits des personnages. Allant toujours avec des personnages haut en couleur comme on le voit très souvent avec ses autres gialli, Les Frissons de l’Angoisse ne fait pas exception à la règle avec la maman un peu folle, le travesti ou encore l’inspecteur de police nerveux et colérique. Tous ces personnages sont là pour dédramatiser un petit peu la violence qui émane du film, mais aussi pour asséner les meurtres comme des coups d’éclair dans le ciel. Ainsi, un simple meurtre devient plus dur juste après un moment doux ou drôle, rappelant au spectateur que l’on est devant un film d’horreur et pas devant une comédie. Bien sûr, tous ces personnages jouent un rôle important dans l’enquête, de par leur côté frivole et volubile, cachant certainement une personnalité, ce qui fait que tout un chacun peut être le tueur et le spectateur va essayer de deviner qui est le meurtrier. Cela fonctionne d’autant plus quand le réalisateur possède des cadrages géniaux et des idées plein la tête, comme le prouve une fois encore Dario Argento avec ce long plan séquence autour de la grande fontaine blanche dans un quartier sombre ou encore avec cette maison truffée de tableaux mortifères. Cela accentue une ambiance malsaine, presque fantasmagorique, et rend la tension palpable malgré quelques passages humoristiques comme le jeu de drague de la journaliste et du pianiste.

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Alors, tu arrives à voir sous sa toge ?

Au niveau des acteurs, on retrouve la muse de Dario Argento, avant sa fille, Daria Nicolodi. Alors méchante quelques années plus tard dans Phenomena, elle joue ici la gentille de service, la journaliste qui fourre un peu son nez partout mais qui reste très sympathique. Sauf qu’à un moment, on va forcément la soupçonner. Elle tient son rôle avec un certain talent malgré le côté comique de son personnage et la musique qui l’accompagne qui fait un peu décalé par rapport au film. On félicitera aussi David Hemmings qui est vraiment très très bon dans le rôle du pianiste qui mène l’enquête. Très convaincant, attachant et tout en simplicité, il tient son rôle à merveille. On adorera se moquer de la prestation de Macha Méril lors de la conférence, puisqu’elle joue la voyante télépathique du film qui se fait dézinguer en premier. Un peu trop en surjeu, notamment lors de la scène de panique dans la salle de conférence, elle prêtera plus à rire qu’autre chose. Les rôles secondaires sont relativement bons aussi, que ce soit le rôle de Carlo, le musicien alcoolique qui joue à merveille ou sa mère perdant la tête, ancienne actrice tombée dans la désuétude. Bref, Argento arrive à bien diriger ce casting. Mais ce qui est le plus choquant, le plus fulgurant dans le film, ce sont les meurtres. D’une grande violence, ils égalent surement ceux de Ténèbres en rajoutant une pointe de perversité avec la présence des jouets. Comment ne pas trembler devant la scène de l’automate qui fonce vers la future victime ? Automate terriblement laid qui plus est ! James Wan n’a rien inventé avec Dead Silence ! On retrouvera aussi certains passages bien gores, comme une jolie décapitation un peu grossière mais jouissive, ou encore un éclatement de tête bien sale, et même une femme noyée dans de l’eau bouillante. Bref, tout cela montre bien jusqu’à quel point le tueur est un grand malade et rajoute à l’angoisse latente de cette enquête qui piétine. Enfin, la maison abandonnée que visite notre héros est un modèle de maison hantée à exploiter que Dario Argento arrive à nous faire sentir avec des dessins morbides au mur et des endroits assez dangereux et inquiétants.

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Et c’est un jouet pour enfant ?

Au final, Les Frissons de l’Angoisse est une belle réussite de la part de Dario Argento. Terrifiant lors de ses phases de meurtre et avec une belle enquête bien poussée et surtout une réalisation parfaite, le film montre qu’avant, Argento, c’était de la balle ! Si le métrage possède quelques longueurs, il fait résolument partie des meilleurs films du réalisateur, à ranger à côté de Inferno, Suspiria ou encore Ténèbres !

Note : 16/20

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Par AqME

ServalNote de Serval: 17/20

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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