janvier 29, 2022

La Femme au Tableau

Titre Original : Woman in Gold

De : Simon Curtis

Avec Helen Mirren, Ryan Reynolds, Daniel Brühl, Katie Holmes

Année : 2015

Pays : Angleterre

Genre : Drame

Résumé :

Lorsqu’il fait la connaissance de Maria Altmann, un jeune avocat de Los Angeles est loin de se douter de ce qui l’attend… Cette septuagénaire excentrique lui confie une mission des plus sidérantes : l’aider à récupérer l’un des plus célèbres tableaux de Gustav Klimt, exposé dans le plus grand musée d’Autriche, dont elle assure que celui-ci appartenait à sa famille ! D’abord sceptique, le jeune avocat se laisse convaincre par cette attachante vieille dame tandis que celle-ci lui raconte sa jeunesse tourmentée, l’invasion nazi, la spoliation des tableaux de sa famille, jusqu’à sa fuite aux Etats-Unis. Mais l’Autriche n’entend évidemment pas rendre la « Joconde autrichienne » à sa propriétaire légitime… Faute de recours, ils décident d’intenter un procès au gouvernement autrichien pour faire valoir leur droit et prendre une revanche sur l’Histoire.

Avis :

Simon Curtis est un baroudeur qui a essayé beaucoup de postes avant d’arriver à la réalisation. Commençant au théâtre, il devient l’assistant d’un certain Danny Boyle par la suite. Il se lance ensuite dans la production, d’abord pour la télévision anglaise, puis pour les grands écrans. Et c’est au début des années 90 que Simon Curtis arrive à la réalisation, par le biais du petit écran. Téléfilms et autres séries vont être son lot pendant une vingtaine d’années. On notera par la même occasion qu’il est le premier à avoir fait tourner un jeune Daniel Radcliffe deux ans avant l’aventure « Harry Potter« .

Et finalement, après vingt ans à la télévision, Simon Curtis arrive enfin sur les écrans avec le très bon et très beau « My Week with Marilyn« .

Après « un premier long métrage » mettant en vedette Michelle Williams en Marilyn Monroe, le réalisateur revient trois ans plus tard avec un second film, « La femme au tableau« , et là encore le réalisateur choisit de nous raconter des évènements passés. Avec « La femme au tableau« , le réalisateur revient sur le combat de Maria Altmann, une femme qui a tout fait pour récupérer un tableau d’une très grande valeur (sentimentale), qui fut dérobé à sa famille par les nazis.

Un second film qui, s’il reste très classique, ne manque pas de toucher sa cible. On ressort ému et tout sourire devant une Helen Mirren pleine d’espièglerie, alors même que l’histoire et le combat raconté est d’une terrifiante horreur et injustice.

Maria a fui l’Autriche, il y a maintenant soixante-dix ans. De son passé, pendant des années, elle a tout laissé derrière elle. Mais quand l’Autriche organise une assemblée qui est sensée étudier des demandes pour rendre les œuvres d’art volées par les nazis, Maria se doit alors de récupérer des tableaux de famille. Le souci qu’elle va rencontrer, c’est que l’un de ces tableaux n’est autre que le plus célèbre tableau peint par Gustav Klimt. Un tableau d’une valeur inestimable. Un tableau surnommé la « Joconde autrichienne » et le musée qui la détient, tout comme le gouvernement, n’est pas près de laisser lui échapper cet immense patrimoine. Maria, avec son avocat, se lance donc dans un procès tout à fait exceptionnel pour que justice soit rendue et que le tableau revienne à sa propriétaire légitime.

« La femme au tableau » est donc une jolie réussite pour Simon Curtis qui nous livre ici un film en forme d’hommage, car il va aller bien plus loin que la seule bataille de son personnage. Avec ce film et cette injustice, le réalisateur fait écho à toutes les autres injustices de la sorte à travers le monde.

À travers un scénario qui ne va prendre aucun risque, le réalisateur nous raconte avec intérêt le parcours de cette femme, mais aussi de son jeune avocat. « La femme au tableau » est un film qui sait se rendre intéressant, et même captivant à tout instant ou presque. Bien mené, bien manié, bien affuté, on suit cette lutte avec pudeur, émotion et parfois même une touche d’humour, face à une Helen Mirren bienveillante et plein de malice.

On appréciera le voyage aussi, puisque le film nous fera aller des États-Unis à Vienne, profitant par la même occasion pour filmer la ville de jolie manière. Une ville où toutefois les souvenirs restent très vivaces pour la vieille dame qui revient dans ces rues qu’elle a dû fuir, soixante-dix ans plutôt pour pouvoir vivre. Et c’est à travers les yeux d’Helen Mirren que Simon Curtis parle avec pudeur des regrets, et pas forcément les regrets les plus évidemment ou ceux auxquels on penserait en premier.

Enfin, et c’est peut-être le plus important du film, avec cette histoire, Simon Curtis signe un drame politique. Un drame qui met les pays et les gouvernements devant l’héritage de leur pays. Un drame qui essaie de faire reconnaitre certaines fautes et certaines responsabilités que personne n’a envie d’avoir et d’assumer. Derrière la bataille pour récupérer ce bien familial, c’est avant tout cet enjeu-là qui est la clef de voûte de ce procès et Simon Curtis nous le raconte très bien. Rendre ce tableau à sa propriétaire, c’est avouer une faute, et il n’en est absolument pas question.

Si « La femme au tableau » est une réussite, il ne lui empêchera pas d’avoir des faiblesses (la réalisation qui ne prend aucun risque par exemple) et des coquilles. Tout n’est pas parfait et l’une des premières choses, c’est les retours dans le passé de Maria. Des retours qui restent très bien mis en scène, mais qui mâche tout le travail aux spectateurs, sur les conditions de cet exil. On a l’impression qu’il faut absolument tout nous expliquer, alors qu’il aurait été plus judicieux de garder une « part de mystère », même si l’on imagine parfaitement ce qui se serait passé. Avec ce choix de mise en scène, on a vraiment l’impression que le réalisateur nous infantilise et c’est dommage. Après, c’est loin d’être détestable, surtout que ces parties-là sont tenues pour la plupart par les excellents, Tatiana Maslany et Max Iron.

« La femme au tableau » est donc un film fort qui dénonce une injustice et une hypocrisie. C’est un film utile qui rend un très bel hommage et a la subtilité de ne pas faire dans le larmoyant. Captivant, même s’il a des faiblesses, ce second long-métrage pour Simon Curtis est une belle découverte, aussi bien pour le film lui-même, que pour cette histoire, ce combat ou encore cette Helen Mirren, comme toujours, exceptionnelle.

Note : 15/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=7ekFcV9Eo-E[/youtube]

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.