mai 16, 2021

Diabolo Menthe

De : Diane Kurys

Avec Eléonor Klarwein, Odile Michel, Coralie Clement, Anouk Ferjac

Année : 1977

Pays : France

Genre : Drame

Résumé :

Septembre 1963, la rentrée des classes. Anne, treize ans, et sa sœur Frédérique, quinze ans, vont être confrontées à une double évolution: la leur et celle d’un monde en pleine effervescence.

Avis :

Réalisatrice de premier plan du cinéma français qui officie depuis la fin des années 70, Diane Kurys a offert au cinéma de beaux jours au cours de sa carrière. Des films tels que ce « Diabolo menthe« , mais aussi « La Baule-les-Pins« , « Les Enfants du siècle » ou plus récemment « Sagan » ont trouvé de beaux succès et démontré que la réalisatrice, même si elle a eu beaucoup de bas au cours de carrière, était aussi capable d’offrir le meilleur et de se renouveler.

Après quelques années de théâtre, Diane Kurys, vers la fin des années 70, entreprend un roman autobiographique. Ce roman deviendra alors un film, son premier film, « Diabolo menthe« . Le film sera un joli succès et marquera l’année 77 et traversera les époques pour finir par devenir culte.

Un premier film donc très personnel pour la réalisatrice. Et un premier film qui s’avère être un joli petit moment de cinéma, qui dépeint avec douceur le monde de l’adolescence. Plein de vie, d’innocence et de naïveté, « Diabolo menthe » nous raconte les années lycée avec beaucoup de nostalgie et on se laisse prendre au jeu et ça fait du bien.

Septembre 1963, Anna treize ans et sa sœur Frédérique quinze ans, font leur rentrée scolaire au lycée. Une année de plus pour les deux jeunes filles. Une année qui va apporter son lot de surprises, de changements et d’évolution. Une année d’amitié, d’amour, de rires, mais aussi de peines et de doutes. Bref, une année aussi enrichissante qu’unique.

Une année dans la vie d’adolescentes dans les années 60, dans un établissement pour filles, voilà ce que va nous raconter la réalisatrice Diane Kurys avec ce premier film particulièrement personnel pour la cinéaste.

Il est vrai que le cinéma a maintes et maintes fois raconté l’adolescence, et bien souvent ces films finissent par se ressembler tous un peu. « Diabolo menthe » ressemble à tous ces films et s’en détache à la fois. Il leur ressemble, car ici, on n’échappera pas à tous les thèmes incontournables qui sont désormais la charte de bonne conduite sur le sujet. Découverte de soi, regard des autres, découverte des premiers émois, des premières trahisons. La réalisatrice aborde aussi les rêves des jeunes filles, l’espoir et leur regard sur l’avenir, et même sur la femme ou la politique… Bref, Diane Kurys n’oublie rien et amène tout de manière intelligente et cohérente.

Mais pourtant, malgré ça, malgré le côté déjà vu de son film, avec un côté même un peu cliché, « Diabolo menthe » s’échappe du lot de par le ton qu’il aborde. Il y a dans ce film une nostalgie qui touche à la sincérité. Il y a dans ce film, quelque chose dans son ambiance qui vient d’un autre temps. Diane Kurys a réussi à capturer une époque, une innocence et une spontanéité qui est adorable et alors que le film fête ses quarante ans cette année, il n’a pas pris une ride et se découvre avec beaucoup de sourire, de tendresse et finalement, on se rend compte que c’est un film qui fait du bien.

Ce qui est intéressant aussi avec « Diabolo menthe« , c’est tout l’aspect éducatif que le film détient. Ici, Diane Kurys nous immerge dans ce lycée ou dans le foyer de ses héroïnes et les chocs de générations et temporels sont là. « Diabolo menthe« , c’est une ouverture sur un autre temps, sur une autre époque, et que la réalisatrice la regrette ou non, dans la façon qu’elle a de mettre en scène cette époque, que ce soit pour les bons moments comme les mauvais, dans le comique ou la dureté du système, on sent là encore une nostalgie qui se dégage de tout ceci. Une nostalgie qui en devient même touchante au fur et à mesure.

« Diabolo menthe« , c’est aussi des comédiens et surtout des comédiennes qu’on découvre avec bonheur. Porté par Eléonor Klarwein et Odile Michel, il est quasiment impossible de ne pas être touché par les deux gamines. Diane Kurys a parfaitement choisi son casting et parfaitement su diriger les deux jeunes filles. De plus, les deux gamines sont soutenues par un sacré bon casting d’acteurs confirmés. Yves Renier, Françoise Bertin, Marthe Villalonga, Dominique Lavanant, ou encore Tsilla Chelton sont de la partie.

« Diabolo menthe » est donc un premier film réussi pour la réalisatrice. Un premier film personnel, fait de souvenirs, qui dégage beaucoup de nostalgie et qui fonctionne encore bien aujourd’hui. On prend plaisir à suivre cette petite chronique adolescente. On s’attache et l’on comprend les personnages. Bref, c’est une petite comédie dramatique, aussi douce qu’amère qu’on trouve et c’est un vrai petit plaisir.

Note : 14/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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Une réflexion sur « Diabolo Menthe »

  1. Effectivement c’est un beau film qui raconte tous les changements, les plaisirs et les chagrins qu’apporte l’adolescence, mais je pense qu’il est important aussi de remarquer le côté politique de ce film. La manière à Kurys de représenter la France à l’époque de sa guerre honteuse en Algérie est ingénieuse. Cela est donc un film qui mérite une analyse historique et politique.

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