octobre 2, 2022

Les Têtes de l’Emploi

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De : Alexandre Charlot et Franck Magnier

Avec Franck Dubosc, Elsa Zylberstein, François-Xavier Demaison, Nicolas Vaude

Année : 2016

Pays : France

Genre : Comédie

Résumé :

Stéphane, Cathy et Thierry sont les meilleurs employés de l’Agence pour l’Emploi de leur ville. Mais leurs résultats sont tellement bons que l’agence va devoir fermer faute de chômeurs ! Les trois collègues ont alors la folle idée de créer du chômage pour sauver leur poste. pour écouter son cœur ?

Avis :

Alexandre Charlot et Franck Magnier sont deux réalisateurs français qui collaborent depuis quelques années maintenant et « Les têtes de l’emploi » est leur troisième film. Mais ces deux noms n’évoquent pas grand-chose et l’on comprend mieux pourquoi ils n’évoquent rien, puisque l’on peut dire que les deux réalisateurs n’ont pas brillé par ce qu’ils nous ont offerts. Car oui, derrière ces deux noms se cachent les hommes qui ont réalisé « Imogène McCarthery« , une comédie faussement à l’Anglaise avec Catherine Frot et l’adaptation de la célèbre BD « Boule et Bill » qu’on a tous aussi vite oublié malgré le fait qu’un deuxième volet soit en préparation.

Lourd, mal fichu, pas drôle, sans fond, doté d’une histoire à dormir debout, bref, Les Têtes de l’Emploi est un très beau loupé qui ne dénote pas dans la filmographie de ses deux réalisateurs.

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Stéphane, Cathy et Thierry travaillent dans la meilleure agence pôle emploi de France. Cette agence est si performante que les demandeurs d’emploi finissent par se faire très rare et c’est bien là, leur problème, car un matin, Mr Lamine vient leur annoncer que l’agence est si performante qu’elle n’a plus besoin d’exister et par conséquence qu’elle va fermer. Il n’y aura pas de reclassement et tous les employés d’ici quelques mois pointeront au chômage. Pour Stéphane, l’ordure de l’agence, cet état de fait ne peut pas avoir lieu, il va donc embringuer ses deux collègues dans un plan qui vise à trouver des chômeurs pour que l’agence ne ferme pas.

« Les têtes de l’emploi » est un film qui partait d’une bonne idée, même si celle-ci est absurde et qu’elle ne fonctionnait pas au départ. Mais comme on est (enfin, on le croit) dans le domaine de la comédie satirique et caricaturale, on pouvait se laisser prendre au jeu, surtout avec un casting comme celui-là, et si la cruauté et la détermination pour garder leur travail sont poussées au bout du bout et pleinement assumées, il y avait de quoi trouver un film méchamment drôle.

Et bien, c’est raté… « Les têtes de l’emploi » souffre justement de ce problème de ne pas aller jusqu’au bout. Très gentillet et trop mou, le film n’ose jamais rien et finalement, on se retrouve devant un film qui se cherche et ne va jamais dans son délire. En fait, c’est un objet très convenu qui déborde de bons sentiments plus qu’il n’est méchant, satirique ou bien drôle. Et histoire de pousser le bouchon et la déception plus loin encore, « Les têtes de l’emploi » est un film qui sera sans surprise, car absolument tous les moments drôles sont connus d’avance, puisque tout est déjà dans la bande-annonce ou les différents teasers de la promo. On se retrouve donc devant une belle arnaque qui essaie de faire vivre son film avec des moments qu’on connaît déjà et le fait de payer autant pour rien a bien du mal à passer.

Bon, à la rigueur, « Les têtes de l’emploi » aurait pu n’être qu’une simple déception, mais offrir des personnages dramatiquement attachants, puisqu’il s’agit d’hommes et de femmes, de mères et de pères qui perdent leur travail et se trouvent confronter à la dure réalité du système. On aurait pu être touché quelque peu, car ils en connaissent les pièges, mais malheureusement là encore, le film se perd et arrive sur un final qui n’a ni queue ni tête.

Les deux réalisateurs ont voulu peindre trois personnages torturés, ayant chacun d’entre eux une vie chaotique, qu’ils cachent aux autres, mais ça ne fonctionne pas et c’est même grossier. Entre un Dubosc handicapé du sentiment qui bien évidemment se sépare de sa femme, une Elsa Zylberstein en quête d’amour qui n’arrive pas à s’en sortir avec ses trois gamins, qu’elle élève évidemment seule, et un François-Xavier Demaison dont la femme est renfermée et bloquée sur elle-même, on finit par se demander si les deux réalisateurs ne pouvaient pas faire plus dans la caricature des drames familiaux. Franchement, tout y passe et surtout tout est prévisible et c’est chiant.

On ajoutera à ça que le film n’a pas de rythme, n’osant là encore pas aller jusqu’au bout des choses. Les deux réalisateurs feront basculer leur film vers une intrigue à dormir debout autour d’un repreneur indien d’une usine fraîchement fermée et rachetée dans la foulée. Et enfin, pour conclure le non-spectacle, on trouvera des acteurs en roues libres qui hésitent là encore à aller jusqu’au bout des choses, cherchant des excuses pour parvenir à autre chose.

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La promo était belle et laissait croire à une éventuelle comédie sympathique, mais finalement, on ne rit pas, on s’ennuie et on sera même catastrophé par le manque cruel d’ambition de ce film. Bref, « les têtes de l’emploi » est ce que l’on appelle un beau raté dans les règles, doublé d’une belle arnaque…

Note : 05/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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