mai 16, 2021

Doctor Strange – Psycho Couac

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De : Scott Derrickson

Avec Benedict Cumberbatch, Tilda Swinton, Chiwetel Ejiofor, Mads Mikkelsen, Rachel McAdams

Année: 2016

Pays: Etats-Unis

Genre: Super-Héros

Résumé :

Doctor Strange suit l’histoire du Docteur Stephen Strange, talentueux neurochirurgien qui, après un tragique accident de voiture, doit mettre son égo de côté et apprendre les secrets d’un monde caché de mysticisme et de dimensions alternatives. Basé à New York, dans le quartier de Greenwich Village, Doctor Strange doit jouer les intermédiaires entre le monde réel et ce qui se trouve au-delà, en utilisant un vaste éventail d’aptitudes métaphysiques et d’artefacts pour protéger le Marvel Cinematic Universe.

Avis :

L’écurie Marvel est devenue en très peu de temps une formule 1 du cinéma de super-héros. Vendant la mèche à Disney, le géant du comics a très vite fait main basse sur le divertissement du septième et il ne se passe pas une année sans que deux ou trois films Marvel pointent le bout de leurs nez sur les grands écrans. Une omniprésence qui commence à en agacer plus d’un, coupant court à toute imagination et volonté des scénaristes de fournir du fantastique novateur. Mais qu’importe, puisque finalement les films Marvel remplissent les salles et tout un chacun y va pour se faire un avis, prendre du plaisir ou même en écrire quelques lignes. Difficile dès lors de critiquer les projets de Disney et Marvel puisque cela représente pour eux une manne financière conséquente et importante. Doctor Strange est donc le quatorzième film Marvel et le deuxième de la phase trois qui fut initiée par Captain America Civil War en début d’année.

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Personnage atypique de l’univers se basant sur la magie et le spirituel plus que sur le plan physique et les aptitudes super-héroïques, Doctor Strange avait de quoi fournir une belle alternative à l’écurie de Stan Lee. Est-ce vraiment le cas ? Oui et non.

Oui sur le plan visuel de la chose. En effet, si Scott Derrickson n’est pas un débutant (il a quand même fourni L’Exorcisme d’Emily Rose, Sinister ou encore Delivre-Nous du Mal, des films qui s’inspirent du paranormal), il y avait de quoi avoir peur, l’homme n’étant pas réputé pour avoir une patte inventive. Certains de ses films sont bons, comme Sinister, mais il ne semblait pas avoir l’envergure pour un projet aussi psychédélique que Doctor Strange. Et pourtant, s’il y a bien sur un point que le film met tout le monde d’accord, c’est sur le plan graphique. Se voulant assez proche du comics, qui est complètement barré et fourmille d’idées, le réalisateur mise sur une imagerie déformée et une perte de sens. Ainsi, les décors bougent, changent de place, tournent sur eux-mêmes, donnant parfois lieu à perte sensorielle assez efficace, aussi bien pour les héros que pour le spectateur. Les lumières des effets magiques sont bien intégrées et finalement, même si cela reste anecdotique, Scott Derrickson évite le piège du yes man et essaye de s’en sortir pour fournir un travail visuel propre et intéressant. Même la fin se trouve en dehors des films de super-héros, visuellement parlant, puisque les couleurs flashys, les mondes qui tournent et la présence de la matière noire ainsi que Dormammu, permet de bien visualiser un monde à part. Là-dessus, il n’y a pas grand-chose à redire, c’est très bien.

Cependant, et c’est là que le bât blesse, les scénaristes ronronnent doucement chez Marvel et on sent que ça se repose. Loin des arguments géopolitiques de Civil War ou encore bien loin des dommages collatéraux évoqués dans les Avengers, Doctor Strange se traine un égo surdimensionné pour n’évoquer que sa petite personne. Certes, le film est une introduction au personnage, mais il se trouve que le multivers ou le monde spirituel n’est finalement qu’effleuré et qu’il manque réellement un fond à l’histoire pour pleinement convaincre. Là, on recommence sempiternellement à mettre en avant un personnage, à montrer son éducation et son développement, puis très rapidement on le place comme un élu qui va réussir là où tout le monde a échoué. C’est donc sans surprise que le film se passe, et malgré les fulgurances visuelles, comme le combat dans le plan spirituel contre Scott Adkins, on sait d’avance ce qu’il va se passer. Les rebondissements ne prennent pas aux tripes, les phases d’humour sont toujours aussi lourdes, hormis une ou deux qui sont assez loufoques pour passer et finalement, le film se suit sans passion ni grands enjeux. Et c’est peut-être là la limite de Marvel, qui commence à sérieusement galérer pour fournir des histoires avec un réel fond et un développement plus complexe des personnages. D’ailleurs, le grand méchant de l’histoire, pourtant incarné par l’immense Mads Mikkelsen, fait peine à voir et manque cruellement de charisme.

Enfin, si les effets lumineux et spéciaux claquent bien, la mise en scène du film reste totalement transparente. Scott Derrickson manque de talent, ou tout du moins d’un œil pour mettre en avant des scènes anodines. Les moments intimistes, mettant en avant la relation complexe entre Strange et sa compagne, sont d’une froideur clinique (pas étonnant quand on voit où les scènes se déroulent), et les moments plus agités, comme les combat, sont complètement illisibles. Tout va trop vite et finalement, on ne voit rien. Pire, on sent que parfois les moments sont piqués sur d’autres métrages comme le combat à un contre deux de l’Ancien qui fait immédiatement référence au combat d’Iron Man face à Captain America et Bucky. On sent un cruel manque d’ambition, mais aussi et surtout d’idées de mise en scène et c’est dommage car le personnage aurait gagné à avoir un réalisateur avec une patte graphique plus prégnante, comme Guillermo Del Toro par exemple, qui fut pressenti pour faire le film en 2008.

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Au final, Doctor Strange n’est pas l’évènement majeur de chez Marvel, même s’il donne un nouveau souffle à l’écurie, présentant un autre univers et mettant en avant le domaine de la magie. Il est juste dommage que le film manque d’enjeux, montrant un méchant de pacotille, et que la mise en scène ne soit pas plus soignée au niveau des combats, offrant des moments illisibles très désagréables. Il n’en demeure pas moins un film assez honnête, avec des effets spéciaux grandiloquents et qui fait son office premier, divertir.

Note : 14/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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