mai 16, 2021

La Demoiselle d’Honneur

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De : Claude Chabrol

Avec Benoit Magimel, Laura Smet, Aurore Clément, Bernard Le Coq

Année : 2004

Pays : France

Genre : Drame, Romance, Thriller

Résumé :

La rencontre de Philippe, un cadre commercial sans histoire, avec la jeune Senta, mystérieuse et passionnée. Philippe tombe amoureux, et auprès de la jeune femme, ses repères entre raison et passion vont s’évanouir peu à peu.

Avis :

Claude Chabrol, c’est plus de cinquante ans de carrière. Claude Chabrol, c’est des succès intarissables et des films indémodables qu’on prend toujours plaisir à revoir. Alors qu’il vient de parcourir sa quatrième décennie avec élégance et succès, Claude Chabrol entre dans sa dernière ligne droite, les années 2000. Une dernière décennie qui verra naître six films. Six films que beaucoup trouveront moins bons que le reste de la carrière de Chabrol.

« La Demoiselle d’Honneur » est le troisième film que Chabrol livrera dans les années 2000. Quand on se lance dans un film de Chabrol, il faut avouer que les attentes sont grandes tant le réalisateur a su imposer un cinéma de très haute qualité à travers les années et c’est toujours avec beaucoup de curiosités que l’on se laisse envahir dans un nouveau film du maître. Si « La Demoiselle d’honneur » n’est pas une réussite en soit, on ne pourra pas non plus dire que c’est un film raté. Claude Chabrol livre une petite pièce dans sa si grande filmographie. Une petite pièce dotée de très bons points et une idée originale. C’est donc avec inégalité qu’on se laisse entraîner dans cette malheureuse rencontre.

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Philippe est un jeune homme sans histoires. Le jour du mariage de sa sœur, il fait la connaissance de Senta, une jeune fille à problèmes pour le moins énigmatique. Entre Philippe et Senta, c’est le coup de foudre. La jeune femme, après quelques jours de relation, dit à Philippe que pour prouver son amour à quelqu’un, il lui faut  » – Planter un arbre, écrire un poème, faire l’amour avec quelqu’un de son sexe et tuer quelqu’un » … Le sourire de Senta est alors intriguant, car Philippe ne sait pas si la jeune femme est sérieuse ou non.

« La Demoiselle d’honneur » est un film qu’on a envie de qualifier d’étrange tant son intrigue sort des sentiers battus. Avec ce film, Claude Chabrol tisse un film sur les rapports humains et amoureux. « La Demoiselle d’honneur« , après avoir eu du mal à se lancer, se trouve être un film électrique. Un film passionné et amoureux. La relation que fait naître Claude Chabrol entre ses personnages est prenante, et s’en va assez loin. Si les premières rencontres sont pleines de passion et de spontanéité, c’est peu à peu que le film va s’endurcir, s’assombrir. Une fois assombri et dans le vif de son histoire, Claude Chabrol laisse alors éclater les névroses, la folie, les mensonges, les manipulations ou encore la folie meurtrière de ses personnages, ou du moins, l’idée et l’envie qu’ils en ont.

Claude Chabrol joue bien avec la folie et la mythomanie apparente de son personnage féminin. Le personnage de Senta offre beaucoup de mystère et de suspicion. Vérité et mensonge s’invitent dans la partie. On aura même le droit à un excellent twist vers la fin.

Mais voilà, si « La Demoiselle d’honneur » reste un petit film sympa à suivre, on restera déçu que le film n’aille pas plus loin dans sa paranoïa ou ses névroses, comme si Claude Chabrol se bridait lui-même. Ou alors a-t-il perdu de sa verve ? On ajoutera à cela un rythme assez plan-plan, qui arrive, alors même que le film est intéressant, à avoir des longueurs. « La Demoiselle d’honneur » est un film qui s’attarde trop, qui prend trop de temps pour présenter son intrigue (d’ailleurs parfois, on se demande où Chabrol veut en venir) et c’est bien dommage, car ce manque de dynamisme et de profondeur a tendance à nous ennuyer, alors même que l’on retrouve beaucoup de bons, voire de très bons éléments.

« La Demoiselle d’honneur » est un film qui jouit d’un joli casting. Benoit Magimel et Laura Smet en tête, mais malgré le fait que les comédiens soient bons, on ne peut pas dire qu’ils soient marquants non plus. Ils font leur taf et ils le font bien, mais on les a aussi connus bien plus investis. On restera aussi déçu de voir des acteurs comme Michel Duchaussoy, Suzanne Flon ou Bernard Le Coq dans de petits rôles sous-développés.

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« La Demoiselle d’honneur » est donc un Chabrol quelque peu fade, mais qui reste aussi tout à fait regardable. De très bonnes idées au service d’une intrigue plaisante, il ne manquait plus que le rythme et la profondeur. Mais bon, vu l’immense carrière du Monsieur, même si ce film est décevant, on lui pardonne. Puis même un petit Chabrol mérite tout à fait qu’on s’y arrête.

Note : 09,5/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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