mai 17, 2021

Du Mali au Mississippi

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Titre Original : Feel Like Going Home

De: Martin Scorsese

Avec Corey Harris, Taj Mahal, Ali Farka Touré, Salif Keita

Année : 2004

Pays : Etats-Unis

Genre : Documentaire

Résumé :

Martin Scorsese nous offre un voyage depuis les rives du fleuve Niger, au Mali, jusqu’aux champs de coton et aux arrière-salles bricolées du delta du Mississippi afin de retracer les origines du blues. Il nous livre un cocktail lyrique de performances originales (dont celles d’Ali Farka Touré, Salif Keita, Habib Koité, Taj Mahal, Corey Harris, Othar Turner) et d’images d’archives rarissimes.

Avis :

La musique dans le cinéma est un élément des plus importants. Martin Scorsese aime la musique et le fait savoir. Sa carrière est même jalonnée de documentaires sur des artistes. Au début des années 2000, pour les 100 ans du blues, il va alors produire une série de sept films documentaires, tous tournés par d’immenses réalisateurs comme Clint Eastwood, Wim Wenders, Mike Figgis, Richard Pearce

Le concept est appelé « The Blues« . Martin Scorsese veut ainsi parler du blues, de ses génies connus, oubliés ou bien méconnus. Le réalisateur veut parler des influences du blues sur la musique contemporaine. Il veut faire découvrir ses mouvements à travers son propre style ou encore ses origines. Et c’est sur les origines que Scorsese lui-même s’attaque. Titré « Du Mali au Mississippi », le film de Scorsese va donc faire le chemin à l’envers. Après avoir établi le Blues aux Etats-Unis, Martin Scorsese s’envolera vers le Mali. Ce très court voyage d’une petite heure vingt sera aussi instructif qu’un réel plaisir pour les oreilles, car son film est parcouru d’une bande originale exceptionnelle.

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 » – Quand le monde entier s’ennuiera de la musique automatisée et des clips diffusés en masse, nos descendants nous mépriseront d’avoir liquidé le meilleur de notre culture. » (Alan Lomax).  » – Pour se connaitre, il faut connaître le passé. Je crois que quand on perd le passé, on se perd soi-même. » (Corey Harris).

Ces deux citations, tirées de « Du Mali au Mississippi« , pourraient très bien résumer le film, l’envie et même l’idée du projet de Martin Scorsese.

« Du Mali au Mississippi » est donc un film intéressant à plus d’un niveau. C’est un film qui va instruire de par ce qu’il nous raconte. Des tribus africaines aux champs de coton, des premiers disques aux grands festivals, « Du Mali au Mississippi » est « passion » dans cette histoire de survie qu’il décrit. On saluera le travail de Martin Scorsese qui nous a trouvé des images d’archives excellentes.

Quand on regarde ce film, tout l’amour que Scorsese peut avoir pour cette musique transparait à l’écran. On sent que le film est fait pour de bonnes raisons. Martin Scorsese part à la rencontre de plusieurs figures de la musique. On fera même un sacré bout du voyage en compagnie de Corey Harris, un bluesman génial. Martin Scorsese nous invite donc à découvrir plusieurs artistes passionnés et transcendés par la musique. Ce voyage se fera en compagnie entre autres de Taj Mahal, Ali Farka Touré, Salif Keita, Otha Turner… Bref, autant de talents qui parlent avec une passion et une liberté totale de cette musique, si importante. Scorsese les filme au plus près et les laissera parler, libre de leurs conversations. Ensembles, ils auront des débats passionnants. Quel est le sens du blues ? Qu’est-ce qu’il est ? Qu’est-ce qu’il veut ? Pourquoi faire du blues ? Qui sont ses premières légendes ? D’où vient-il ? Autant de questions qui trouveront des réponses au grès des discussions et du pèlerinage que Martin Scorsese et Corey Harris vont faire. Car oui, si le film est titré « Du Mali au Mississippi« , c’est l’inverse que vont faire les deux hommes, parlant tout d’abord du Blues dans la culture américaine à travers l’histoire pour partir enfin vers son point de naissance. Et ce côté pris sur le vif donne un côté très plaisant.

Après, « Du Mali au Mississippi » a tendance à souffrir d’un manque d’empreinte de la part de son réalisateur. Si le film reste intéressant à tout instant, on regrette toutefois que Martin Scorsese ne se soit pas plus concentré dans sa mise en scène, qui est ici bizarrement transparente. Si le film dégage une belle atmosphère, s’il est entraînant, ce n’est pas du fait des idées de Scorsese, mais bien plus de sa BO, des gens qui le parcourent ou des images d’archives que le réalisateur nous montre. Alors peut être que Martin Scorsese s’efface volontairement, laissant son sujet comme seul maître à bord, mais on ne peut nier que lorsque l’on regarde ce film, il lui manque un petit quelque chose en plus, pour qu’il en devienne renversant, marquant et même bouleversant. Oui, il aurait très bien pu être bouleversant, tant le blues est marqué par la douleur.

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« Du Mali au Mississippi » est donc un bon documentaire. Avec ce film et surtout avec ces bluemen on en a appris énormément et on en a pris plein les oreilles. Martin Scorsese livre un bon et beau documentaire, qui même s’il manque de quelque chose qu’on n’arrive pas à définir, mérite amplement qu’on s’y arrête. Puis, c’est aussi un documentaire qui donne l’envie de découvrir les six autres films que Scorsese a produits.

Note : 14/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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