octobre 25, 2021

Don’t Stop Me Now ! Le Top 5 des plans-séquences d’action au cinéma

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À l’heure d’aujourd’hui, trois évènements simultanés sont sur le point de se produire.

The Revenant, le film qui enfin offert son oscar à Leonardo DiCaprio, est sorti en dvd.

Hardcore Henry, le FPS live réalisé par un russe sous amphétamines, va subir le même sort incessamment sous peu.

Quant à L’Âge de glace : les Lois de l’Univers, cinquième opus d’une saga qui commence à montrer des signes de fatigue, il est toujours sur les écrans de France et de Navarre.

 

Quel obscur point commun cet énergumène extatique peut-il bien trouver entre trois films aussi différents l’un que l’autre me direz-vous ?

Vraiment, vous ne voyez pas ?

M’enfin, vous le faites exprès ou vous êtes aveugles, c’est marqué dans le titre !

 

Que ce soit lors d’un combat final enragé dans le film d’Innaritu, pour refaire connaissance avec Buck la belette sur fond d’opéra dans le nouvel opus des studios Blue Sky, ou dans les trois-quarts d’Hardcore Henry par la force des choses, l’actualité cinématographique tisse ses liens avec des plans-séquences virtuoses, voire vertigineux, qui pullulent sur les écrans.

Si le procédé n’est pas nouveau (l’Aurore de Murnau est connu pour contenir le premier plan-séquence de l’Histoire du cinéma dès 1927), la technologie des années 2000 semble avoir fait exploser à la fois les possibilités et la quantité de ces plans continus dans le cinéma à grand spectacle.

 

Combat à mains nues, à l’arme blanche, gunfights et véritables scènes de guerre, les exemples sont multiples et souvent scotchant, du coup on a pris nos b*tes et nos couteaux, et on vous propose le top 5 des plans-séquences d’action au cinéma.

 

 

1/ À toute épreuve : le séminal

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À toute épreuve, comme vous devriez le savoir, c’est le dernier film de John Woo sur le territoire hong-kongais avant de prendre son ticket pour l’Amérique et de faire joujou avec le mulet et le grand-écart de Jean-Claude Van Damme. Le film est sorti en 1992, ce qui laisse de longues décennies auparavant pour avoir testé le procédé. Il est donc fort probable que la cultissime séquence de l’hôpital de Hard Boiled ne soit pas le premier plan-séquence d’action de l’histoire, et qu’elle se soit fait devancer par les wu xia pian et autres chanbara qui fleurissaient alors. Par contre, pour toute une génération, celle qui a grandi dans l’âge d’or des 80’s 90’s (une époque qui a tout simplement redéfini les codes du cinéma d’action tout entier), elle fait office de génèse, de Big Bang, elle est l’Ygdrasil à partir duquel ont poussé toutes les autres branches. Ceux qui, à l’ère des vidéo-clubs, éduqués aux bourrinades Schwazo-stallonesques et autres séries B rentre-dans-le-lard, découvraient la virtuosité beaucoup plus fluide de l’Asie, sont littéralement tombés sur le cul devant cette scène de plus de trois minutes qui multiplie les environnements, les impacts, les protagonistes, et change même d’étage (et l’anecdote qui rend fou, c’est qu’ils ne changent pas du tout d’étage mais nettoie et modifie simplement le décor pendant que les deux héros sont dans l’ascenseur).

Pour toutes ces raisons, il était obligatoire qu’À toute épreuve se retrouve dans ce top.

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=4OPyoJgV_YY[/youtube]

 

2/La Chute de Londres : le bruit et la fureur

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Cette suite de la Chute de la Maison Blanche (en attendant La Chute de l’Élysée ?), elle est difficile à regarder. Impérialiste, orguilleuse, raciste à tous les étages, elle semble tout droit sortie de l’ère Reagan, et même avec toute la meilleure volonté du monde, son fond général fait sévèrement grincer les dents.

Il faut toute la pugnacité et la volonté de voir ça de manière très détachée, juste pour l’action, à la manière des Invasion USA et autres films patriotiques va-t’en-guerre de la Canon pour passer outre son propos.

Ceci étant dit, il serait hypocrite de dire que l’assaut final des forces armées sur la retraite des terroristes, en pleine rue de Londres, avec force voiture en feu, roquettes, grenades et autre gatling, n’a pas fait écarquiller les yeux à la majeure partie des spectateurs.

Une séquence de deux minutes trente qui suit Mike Banning et les forces spéciales tandis qu’ils approchent du but, où une caméra fluide passe de l’un à l’autre des protagonistes, suit la trajectoire des projectiles et se déplace à mesure de leur avancée.

Le tout sans effet digital (en tout cas visible) et qui en 2016 rappelle délicieusement l’époque où la castagne se faisait sur place avec plusieurs jours de préparation et des effets physiques bien réels, et pas sur un ordinateur.

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=M5Lb-osAfXo[/youtube]

3/ JCVD : Le retour du roi

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Censé marquer une nouvelle étape dans la carrière de Van Damme, avec un rôle beaucoup plus profond qu’à l’accoutumée, et surtout une autocritique qu’il est tout simplement le seul à avoir eu le cran de faire de manière aussi poussée, JCVD n’a pas marché.

La critique n’y a vu qu’une comédie douce-amère pleine d’autodérision mais plutôt anecdotique, quant au public, la déception des fans attendant une pelloche d’action se disputait à l’hilarité des autres, amusé de voir Jean-Claude malmené dans un film « moins mauvais que d’habitude ».

Et pourtant, non content de faire découvrir un cinéaste qui sera malheureusement retombé dans l’oubli depuis (Mabrouk El Mechri tutoie presque dans son ambiance et ses thèmes l’Après-midi de chien de Sidney Lumet) et d’offrir au belge une partition dont beaucoup d’acteurs récompensés devraient prendre de la graine, JCVD a prouvé que son acteur principal, à 47 ans passés et après des décennies de jeu d’acteur minimaliste dans des films centrés sur ses capacités martiales, conservait toute la maîtrise du sujet.

Non seulement il se permet un plan-séquence intimiste de presque huit minutes improvisé à 90% qui explose littéralement en émotion et en intensité tout ce qui a été fait sur le sujet, mais il démarre le film dès les premières secondes avec une scène d’action en continu réjouissante qui résume avec légèreté le tournant qu’a pris sa carrière.

Un plan-séquence qu’on devine bien sûr truqué et divisé en plusieurs parties, mais on ne réalise pas un plan-séquence de trois minutes avec de multiples fusillades et combats à mains nues avec un budget de seulement dix millions sans la magie du cinéma.

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=BQnV1EpzdeA[/youtube]

 

4/Old Boy : Le minimalisme

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Old boy, c’est le film qui a définitivement révélé Park Chan-wook en Occident, et son plan-séquence y est pour beaucoup. Très conceptuel dans sa mise en place, ce second opus de la trilogie de la vengeance a terrifié les foules par son scénario sadique et retors, et a laissé bouche-bée les spectateurs par sa mise en scène racée qui roulait à l’économie.

Du coup, quand il s’agit pour le héros Dae-su de se fritter à une quinzaine de loubards, on oublie les armes à feu et les déferlements virtuoses, ça se déroule avec un unique marteau, en plan-séquence, et sur un simple travelling latéral.

Je n’ai pas vu le remake de Spike Lee, mais je doute qu’il ait réussi à retrouver la maîtrise et la pertinence de réalisation de cette scène à la simplicité limpide qui reste tellement gravée dans les mémoires que je ne vois pas qu’en dire de plus.

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=VwIIDzrVVdc[/youtube]

 

5/L’Honneur du Dragon/SPL2 : Tony Yaa le virevoltant

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Alors oui, vous allez me dire à juste titre : ouais mais là tu triches.

Alors déjà je fais ce que je veux, et puis vous allez arrêter de me tutoyer, on n’a pas gardé les cochons ensemble.

Ensuite c’était vraiment trop compliqué de départager deux films avec le même acteur bondissant spécialiste en cassage de nez avec le genou, et aussi compliqué de choisir entre ces deux plans-séquences complètement fous.

Le premier, logiquement, tout le monde le connaît. Après le succès phénoménal d’Ong-Bak et la découverte des aptitudes de Tony Jaa, il fallait battre le fer (à coup de lattes) pendant qu’il était chaud, du coup l’acteur et son réalisateur fétiche Prachya Pinkaew (à vos souhaits) ont remis le couvert deux ans plus tard avec Tom-Yun-Goong (L’Honneur du Dragon, même s’il y a pas la queue d’un dragon dans le film).

Dans celui-là, Tony était un jeune de la campagne à la recherche de son éléphant, lâchement kidnappé par des contrebandiers sans scrupules. Et au milieu des fracassages de crânes et autres duels mano a mano dans des environnements exotiques, il y avait ce long plan de presque quatre minutes qui suit Tony sur plusieurs étages et dans plusieurs pièces d’un restaurant, détruisant tout sur son passage, mobilier comme os humains. Incroyablement galvanisant.

Le second est plus récent, et bien moins connu, puisqu’il n’a pas réussi à passer les portes de l’Hexagone, que ce soit sur grand écran ou sur galette bleue. Le premier SPL s’était pourtant frayé un chemin jusqu’au dvd, fort de la présence de Wilson Yip à la réalisation, et de Donnie Yen et Sammo Hung devant la caméra (et grâce à la collection Asian Star de Jean-Pierre Dionnet). Celui-là arrive dix ans plus tard, avec une nouvelle histoire totalement indépendante (même si la production conserve Wu Jing et Simon Yam dans de nouveaux rôles), un nouveau réalisateur et de nouveaux personnages, dont un gardien de prison idéaliste joué par Tony Jaa.

Et si le threesome final qui confronte Tony et Jing au méchant ne chef incarné par Jin Zhang (The Grandmaster) a marqué les esprits par son intensité, c’est une scène d’émeute en prison qui nous intéresse ici. Un plan-séquence virtuose qui passe d’une action à l’autre et d’un protagoniste à l’autre alors que le réfectoire est envahi de prisonniers belliqueux.

Cascades, sauts de cabris et violent mangeage de rotules au programme !

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=IM2atZfn87M[/youtube]

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=ne_8sf9ECdQ[/youtube]

 

Ce classement vous l’imaginez, et bien entendu totalement subjectif et surtout non exhaustif. Il y a encore un tas de scènes incroyables, récentes ou non, qu’on aurait pu citer, des Fils de l’homme à Kingsman, de Breaking News à Avengers, mais voilà, fallait en choisir 5.

Et vous, quels sont les plans-séquences d’action qui vous ont marqué ? Lesquels on oublie ? Lesquels sont moins connus ?

 

Par Corvis

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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