janvier 16, 2022

Carlene Carter – Carter Girl

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Avis :

Comme il semble difficile d’échapper aux influences familiales. Du moins dans la sphère artistique, tant on voit pulluler les fils de et les filles de dans le domaine de la musique, mais aussi du cinéma ou encore des arts visuels. Et si le septième art est le domaine de prédilection du népotisme, la musique n’est pas en reste non plus, n’en déplaise à la famille Chédid, Hallyday ou encore Iglesias. Autant de domaines musicaux variés que de familles qui aiment à placer leurs enfants et autres membres familiaux, bénéficiant d’un carnet d’adresse bien rempli. Mais c’est aussi la même chose en dehors de nos frontières dans des styles bien différents, comme pour la musique country du côté de chez l’oncle Sam. Car si Carlene Carter n’est pas connue chez nous, elle demeure une institution aux States, surtout grâce à ses parents. En effet, elle est la fille de la célèbre chanteuse de country June Carter (qui a épousé Johnny Cash dans les années 60) et de Carl Smith, un auteur de country tellement connu qu’il fut intronisé au panthéon des chanteurs de country dans son pays. Forcément, la jeune fille baignait dans un environnement privilégié pour aborder ce style, ce qu’elle fait avec brio depuis les années 70. Carter Girl est son dernier album en date, son neuvième album studio, et il représente tout ce que la country fait depuis des années, avec des rythmiques enjouées, d’autres plus doucereuses et des thématiques évoquant sa propre jeunesse.

Quand on évoque la country, on s’imagine rapidement le Texas avec son lot de dégénérés consanguins dansant sur une rythmique scandée et redondante afin de répéter inlassablement des pas de danse qui rappelle étrangement le charleston. Sauf que la country, c’est un peu plus que cela et elle fait partie intégrante de la culture américaine (pour une fois qu’ils ont un truc bien à eux et pas piqué à une autre culture). Carlene Carter le prouve avec ce sympathique album qui brasse tout ce que ce genre a de meilleur. Le skeud débute avec Little Black Train et on aura droit à un mélange de guitare sèche et de guitare électrique avec un chant en chœur relativement représentatif de ce style. Les fulgurances électriques en fond, couvrant à peine la voix de la chanteuse sont nombreuses, tout comme la ligne de basse bien présente. Le titre s’avère être une jolie mise en bouche qui ne manque pas de panache et montre que l’on est face à quelque chose de technique et non pas à un album blindé de facilités. D’ailleurs, Give me the Roses sera un titre beaucoup plus calme et même s’il demeure moins efficace, car il évoque quelque chose qui sent un peu la naphtaline dans sa construction et sa rythmique, on reste transporté dans ces Etats-Unis traditionnels. On retrouvera d’ailleurs beaucoup d’assertions assez douces dans cet album, la chanteuse préférant poser des mélodies posée que des titres plus pêchus. On pourra se réjouir sur certains titres comme Troublesome Waters ou encore Lonesome Valley 2003 et son piano efficace.

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Néanmoins, l’album est loin d’être parfait, même si dans son ensemble il reste très agréable et au-dessus de nombreux autres albums de country. Le problème avec cet effort, c’est que beaucoup de morceaux se ressemblent un peu et certains d’entre eux ne restent pas suffisamment en tête, à l’image du pourtant nerveux Tall Lover Man ou encore I’ll Be All Smiles Tonight. Et bizarrement, cela n’est pas dû à la teneur de l’album qui aligne douze titres pour une écoute convenable, mais surtout au niveau des rythmiques qui demeurent toutes dans le même tempo malgré des baisses de régimes ou quelques accélérations. Pour que certains morceaux restent un peu plus en mémoire, il faudra chercher dans l’instrumentalisation, comme la présence de banjo ou de piano, permettant ainsi une variation salvatrice au sein du skeud. On pourra tout de même se réjouir de quelques duos sympathiques comme Black Jack David avec l’acteur Kris Kristofferson et ce morceau qui fait immédiatement penser à un western ou encore au film La Porte du Paradis de Michael Cimino.

Au final, Carter Girl, le dernier album de Carlene Carter, est plutôt une réussite dans le sens où il demeure un album de country accessible et facilement abordable pour un néophyte. Perclus de morceaux agréables en mid-tempo, la chanteuse se permet de fournir un album assez classique mais réussi et honnête, qui fait la nique à d’autres artistes plus connus en France mais qui prennent encore moins de risque. Bref, un album classieux, qui s’écoute sans aucun problème et qui rappelle que finalement, les Etats-Unis, ce n’est pas si mal.

  1. Little Black Train
  2. Give me the Roses
  3. Me and the Wildwood Rose
  4. Blackie’s Gunman (Duet with Elizabeth Cook)
  5. I’ll Be All Smiles Tonight
  6. Poor Old Heartsick Me
  7. Troublesome Waters (Duet with Willie Nelson)
  8. Lonesome Valley 2003 (With Special Guest Vince Gill)
  9. Tall Lover Man
  10. Gold Watch and Chain
  11. Black Jack David (Duet with Kris Kristofferson)
  12. I Ain’t Gonna Work Tomorrow (feat Helen Carter, Anita Carter, June Carter Cash and Johnny Cash)

Note: 14/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=U1_w89fPcbU[/youtube]

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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